‹ Le Problème Autrichien et la Question tchèqueChapitre 41 sur 57 · ES · texte numérisé non relu

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D'après cette théorie, tous les Pays autrichiens devaient être des individualités historiques. En réalité, cette doctrine inventée par les Magyars ne profitait qu'aux Magyars seuls. Pour ceux des Tchèques qui J'invoquaient, c'est-à-dire pour les aristocrates, c'était un prétexte servant les intérêts de leur caste. Mais on SHARE très bien ce que signifie cette doctrine pour la Hongrie : c ”est son ancienne Constitution et son indépendance avec toutes les parties dont se compose la Hongrie, avec Transylvanie, Croatie, Slavonie. Maïs, pour la Bohême, que signifie celte théorie des individualités politico-historiques ? Pour les Tchèques, suivant l'exemple des Magyars, cela doit être naturellement l’état tchèque, formé des trois parties de la Couronne de Saint-Venceslas : Bohême, Moravie et Silésie. C’est ainsi qu'ils ont formulé leur Programme national en 1848 : ils n’entendaient nullement séparer la Moravie et la Silésie de la Bohême. Car un programme politique réduit au seul royaume de Bohême sans Moravie, sans Silésie, comme l'ont formulé au Reichsrat les aristocrates tchèques, partisans de cette doctrine ne pouvait être ni un programme national, ni un programme historique. Cela pouvait servir peut-être Je particularisme de l'aristocratie qui était provincialiste sans être partisan sincère du droit historique d'Etat et qui voyait dans cette doctrine quelque chose de tout autre que la noblesse magyare. C’est ainsi que toute cette doctrine est, en réalité, sans valeur pratique pour la Bohême et pour les Tchèques.

Le résultat de ces débats sur les individualités politico-historiques fut le vote d'une déclaration dans laquelle le Reichsrat

demandait la reconnaissance des individualités politico-histori-

ques des divers pays de la monarchie et l'établissement de leur pouvoir législatif et exécutif autonome, en harmonie avec l'unité de l'empire. L'idée fondamentale de cette déclaration est donc un fédéralisme autrichien, exprimé d’une façon vague et incertaine, qui trouva plus tard une certaine place, assez MOdeste du reste, dans les actes constitutionnels postérieurs, notamment dans celui qui en provient directement, le Diplôme du

20 octobre 1860, octroyé par l'empereur:

Le Diplôme d'octobre veut concilier deux principes Opposés : il proclame la nécessité de l’unité étroite de la monarchie el d'une | certaine autonomie des pays, c’est-à-dire qu'il reconnaît la doctrine des individualités politico-historiques. Comme loi fondamentale de la monarchie il déclare la Pragmatique Sanction qui consacrait l'unité de la monarchie. Le monarque promet de donner la Constitution soit à l'empire, soit aux pays particuliers. Le Parlement central sera composé de délégués des Diètes des provinces. La compétence du Reichsrat nouveau était déterminée d’une façon générale : tous les droits etles devoirs qui sont communs à tous les pays de l'empire, seront du ressort du Parlement central, notamment la législation sur la monnaie, le crédit, les affaires douanières et commerciales, les postes, télégraphes et les chemins de fer, les affaires militaires, les finances com-

munes ; cette compétence est visiblement assez limitée, beau-

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