NA PAT AN TUE
ind
ANRT er
ft cali af
politique tchèque. Mais ils se rendirent compte que des difficultés énormes s'opposent à la réalisation de ce rêve, que les Allemands de Bohême et de toute l’Autriche sont un obstacle insurmontable, qu'en Autriche il n’y a pas de véritable force qui désire l'établissement de l'Etat tchèque, et que tout s'oppose plutôt à la réalisation de ce plan. Les Tchèques sont les seuls qui ÿ auraient du profit, ils sont donc isolés et leur propre force n’y suffit pas. Les Jeunes Tchèques l'ont constaté et veulent con-
former leur politique nationale à cette expérience. Ils deviennent
-opportunistes à leur tour. Ils voient que la question tchèque ne
peut s'approcher de sa solution que si on s’efforce de résoudre à la fois tout le problème autrichien, c’est-à-dire par une revision conslitutionnelle, basée sur un seul et même principe applicable pour toute l'Autriche. Une telle revision ne peut être que fédéraliste. C’est dans ce sens que les Jeunes Tchèques ont orienté
leur politique nationale dans les dernières années. C’est donc un
certain changement assez important, qui n’en est pas moins
équivoque : en théorie ils sont radicaux nationalistes et invoquent le droit d'Etat, en réalité ils sont fédéralistes.
C'est du reste la même indécision quise manifeste dans toute l’histoire politique tchèque. Pendant de longues années les Tchèques étaient ballottés entre le programme du droit historique et le programme fédéraliste, entre le droit historique et le droit naturel. Et lorsque enfin ils s'étaient résolus d'adopter franchement le fédéralisme, l’indécision apparut de nouveau : faut-il donner prépondérance au droit historique ou au droit naturel, c’est-à-dire faut-il faire de l'Autriche fédération des pro-
vinces ou fédération des nations ? C'est donc toujours la même
question. Lequel de ces deux principes est essentiel, est plus vrai et qui est plus capable d'amener enfin la solution définitive du problème autrichien et tchèque ? Evidemment le droit naturel est essentiel ; et invoquer le droit historique est du reste assez dangereux parceque ce principe peut être invoqué même contre les Tchèques eux-mêmes. A toute époque de la politique tchèque on sentait la force du droit naturel et toutes les luttes nationales étaient menées exclusivement au nom de ce droit. Les Vieux Tchèques, les Jeunes Tchèques (et les radicaux) proclament le droit historique comme un dogme et aussitôt ils se lancent dans une politique opportuniste où le droit historique disparaît complèlement ; ils luttent pour obtenir quelques concessions nationales et c’est au nom du droit naturel qu’ils doivent combattre et qu’ils obtiennent ces concessions.
Ils proclament qu'ils ne veulent Jamais renoncer à leur droit historique et en pratique ils doivent constamment reconnaître qne c’est uniquement Je principe du droit naturel qui leur facilite d’avoir quelques succès réels dans la politique. Il est vrai, le droit historique n'est pas sans valeur, Mais pour pouvoir s’en servir, il faut que la situalion politique soit favorable. Antrement il n’a rien de réel et de réalisable. Ses partisans ne s’aperçoivent pas que pour justifier, maintenir et reconquérir leur droit historique, il faut avoir une force matérielle, tandis que le droit naturel a une force morale propre et invincible et on ne peut pas éternellement piétiner ce droit. L'histoire du peuple tchèque elle-même le montre suffisamment. On le comprend aujourd’hui en Bohême et ce programme ÿ a perdu beaucoup
de terrain. Mais les jeunes Tchèques persistent dans cette équi-
LL Le
PE NDS T SRE
voque, ils confondent constamment le droit naturel et le droit historique et de là aussi l’impossibilité de la solution sérieuse du problème national. Le parti réaliste tchèque et les socialistes sont dans cette question beaucoup plus logiques.
Cela se manifeste aussi dans le projet de la revision constitutionnelle, présenté en décembre 1903 au Parlement par le parti des Jeunes Tchèques et dont le trait principal est son caractère fédéraliste. Dans ce projet, les Tchèques demandaient notamment : l'établissement du suffrage universel (c’est un fait ac compli depuis 4907), le Sénat composé des délégués des Diètes, le changement du système électoral des Diètes effectué par les Diètes elles-mêmes, l'abolition du système de représentation de l'intérêt et l'établissement des curies nationales. Si quelques pays le désirent, ils peuvent être unis par une seule Diète, dans un groupement de pays. |
La compétence des Diètes sera agrandie. Le Parlement n’aura que les affaires communes avec la Hongrie, les affaires étrangères, commerciales, militaires et enfin les finances communes. Pour le droit civil el pénal, le projet formulait des réserves. Toutes les autres affaires appartiennent aux Diètes. |
Le pouvoir exécutif est double : celui de toute la Cisleithanie et celui des pays. Tous deux sont responsables : les ministres d'Etat au Parlement central, les gouverneurs des pays aux Diètes. Le dualisme dans l’administration doit être aboli, et toute l'administration politique sera confiée aux organes qui seront une combinaison de l'autonomie et de la bureaucratie. L'administration du pays sera autonome et formera
l'administration des communes, des cercles et enfin des pays.