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Aux chefs-lieux de ladainrtation du pays seront les Tribunaux du troisième degré.
Les revenus de la douane, les monopoles et les impôts indirects appartiendront à l’Etat, les autres revenus aux pays. Les pays se chargeront du maintien de l'administration. Pour balancer le déficit de l'Etat, ils paieront des quotes-parts, fixées d’avancé.
Les lois sur l’égalité des nationalités seront complétées. Les langues doivent être véritablement égales ; les minorités nationales doivent être défendues par des mesures légales particulières et des tribunaux d'arbitrage établis pour les conflits nationaux. On reconnaît très bien dans ce projet les idées et le programme exprimés déjà par Palatsky en 1848. Les pro-
&rammes politiques tchèques de la période de 1861 à 1867, formulés à maintes reprises par diverses personnes ou seulement exigés par l'opinion publique en Bohème n'étaient pas non plus étrangers aux principes exprimés ici par les Jeunes Tchèques. Ainsi, après quarante ans d’une vie politique incertaine, les Tchèques reprennent publiquement le programme fédéraliste Conservant toujours en théorie leur ancien programme du droit historique, comme but final de la nation.
Cela se manifeste dans le programme politique du parti précisé de nouveau en mars de l’année dernière avant les élections au Reichsrat, faites pour la première fois au suffrage universel. Le parti des Jeunes Tchèques se proclame libéral, démocratique mais surtout national et partisan du droit historique d'Etat. Il réclame pour la Couronne tchèque une indépendance qui cor-
respond soit aux besoins du peuple, soit aux droits historiques
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imprescriptibles du royaume. Le parti veut unir toutes les classes du peuple sans distinction contre la germanisation el la céntralisation, contre les privilèges d’une autre nation, pour l'égalité absolue des langues dans l'administration, pour l'égalité dans l’enseignement et dans la nomination des fonctionnaires. Les Jeunes Tehèques sont adversaires déclarés de toute division du royaume, soit en divers pays, soit en territoires nationaux. Mais parce qu’un tel but ne peut être atteint que par degrés, par une revision constitutionnelle tout d’abord partielle, ils ne veulent pas s’engager dans une opposition passive et stérile, mais prennent part aux luttes politiques pour obtenir tout d’abord l'agrandissement du pouvoir de la Diète et plus de libertés dans l'administration.
Aujourd’hui le peuple tchèque est loin d’être si unanime dans les questions du programme national qu’il l'était dans Îles périodes précédentes, à l'époque où les Vieux Tchèques tout d’abord et puis les Jeunes dirigeaient sa politique. Dans la crise vers 1890, deux partis politiques nouveaux commençaient à gagner une influence dans la vie publique. Ce sont les radicaux partisans résolus du droit historique, qui détachèrent quelques
devises sonores de l’ancien programme historique du droit
” d'Etat et s’en servent aujourd’hui avec un succès fort douteux,
pour entrainer les masses à une politique-de tout ou rien, et puis les réalistes qui, menés par un homme de qualité rare, le professeur Masaryk, exercèrent dans les quinze dernières années une haute influence morale sur toute la vie publique en Bohème. Enfin les agrariens, dont le parti est formé depuis quelques
années et chez qui l'intérêt de classe est prédominant, mais qui
s’éloignent peu dans leur programme national des Jeunes Tchèques.
Le programme national des réalistes s'inspire surtout du sens du possible et de la réalité. Ils répudient tout romautisme national et se rendent exactement compte de la situation en Bohême et en be Ils reprochent avec justesse aux Jeunes Tchèques’de n'avoir jamais tiré les conséquences logiques de la distinction fondamentale entre le droit de nature, droit des nationalités, et le droit historique. Ils se proclament nettement partisans non du droit historique, mais du droit de nature. C’est de ce principe que sort aussi comme conséquence logique leur programme national. Ils ne croient pas à la possibilité d’une restauration de l’ancien état tchèque, tel qu'il était à l'époque féodale. Ils sont fédéralistes. Ils dénoncent l'équivoque du programme des Jeunes Tchèques qui, en théorie, partent du droit historique et en pratique se basent dans les luttes quotidiennes sur le principe du droit de nature, des nationalités. Les réalistes partant du principe du droit naturel sont par conséquent nettement fédéralistes. Lls veulent résoudre le problème autrichien et la queslion tchèque par une décentralisation, par la revision constitutionnelle dansle sens fédéraliste et autonomisle. Les unités autonomes seraient les diverses provinces autrichiennes, données par l’évolution historique. Le pouvoir des Diêles serait agrandi. Une autonomie communale dans un sens le plus démocratique serait la condition première de la réorganisation.
Enfin les réalistes, pour résoudre la question douloureuse des
luttes entre les Tchèques et les Allemands dans les régions
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