Voir à ce sujet la fin du chapitre consacré au Togo
Sale
La circulaire du 15 mars 1924 de M. le Gouverneur général Carde sur la production des textiles en A. O. F., qui crée une inspection du Service général des Textiles et de l'hydraulique agricole à Bamako avec un service analogue dans chaque colonie de l'A. O.F. Cette utile initiative, instamment réclamée par le Congrès d'Agriculture coloniale de 1918 produira des effets positifs dans la mesure où les crédits budgétaires permettront les réalisations pratiques.
Enfin une lettre circulaire du ministre des Colonies du 18 mars 1924 à M. le gouverneur général de l'A. O. F. délimite la fonction de l'Administration et de l'A. Cr'C(r):
Après avoir brièvement exposé l’action de l’Association cotonnière et de l'Administration, il n’est pas inu-
1. Cette circulaire renferme principalement les instructions dont voici le résumé :
A. — L'Administration a pour devoir :
1° D'établir les routes pour rendre possible le transport des lieax de production aux usines d’égrenage et de celles-ci au chemin de fer ;
2° D’effectuer les recherches agronomiques en vue de la détermination des meilleures variétés ;
3° De diriger dans ses propres établissements ou de contrôler chez les autres l'éducation du cultivateur indigène ;
4° De surveiller la production et d’assurer la sélection et la distribution des graines sélectionnées d'accord, s'il y a lieu, avec l'Association cotonnière coloniale;
5° De prendre les mesures administratives propres à la conservation et à la reproduction des espèces choisies ;
60 D’assurer immédiatement une organisation défensive contre les parasites et les maladies diverses.
B.— L'Association cotonnière coloniale n'ayant aucun objectif commercial, ne pouvant, par suite, se livrer à aucun acte de commerce, ni y participer, se faisant rembourser partiellement
tile de faire la comparaison avec ce qui se passe en Angleterre.
Le Gouvernement anglais, toute l’industrie cotonnière et les personnes intéressées au coton sont tombés d’accord pour consacrer de très fortes sommes à la culture du coton dans les colonies britanniques. A cet effet deux grandes associations ont été créées; la British Cotton Growing Association et l'Empire Association.
La British Cotton Growing Association fut fondée à la fin du siècle dernier avec un capital de 500.000 livres sterling souscrit par les industriels du Lancashire. Elle a de nombreuses sociétés filiales et est arrivée en Afrique à un résultat important qui toutefois n'a pas été jugé suffisant. Aussi le Gouvernement anglais a-t:il fondé en 1919 un deuxième groupement, « l'Empire Cotton Growing Corporation » constitué par de hautes personnalités des milieux scientifiques, industriels et coloniaux,
les services qu’elle rend, est l’associée naturelle de l’Administration :
Elle assure l’égrenage, le classement, le pressage, et l’estampillage, sans que ces opérations constituent un monopole de droit, mais tendent à devenir un monopole de fait, par l'intérêt que présente l’uniformité de méthode.
Elle peut, en collaboration avec l'Administration, être chargée de la surveillance des plantations, au point de vue du mode de culture et de la conservation des espèces sélectionnées.
Elle est un organe de propagande et de diffusion des méthodes les mieux adaptées.
C. — Le Négoce est spécialisé dans la partie purement commerciale; achat, transport et vente. Il y aurait avantage à la création d'un consortium des négociants en vue d’une entente avee l'Association cotonnière coloniale pour qu'elle effectue les opérations d'égrenage, de classement et d’estampillage ; mais l’action administrative se trouve impuissante à vaincre certaines résistances et plus encore à contraindre certaines volontés.
Nous n'ajouterons aucun commentaire à cette circulaire si ce n'est qu’elle répète sous une forme peut-être plus explicite les instructions de M. le gouverneur général Roume en 1904.
avec l'intention d'’intensifier la production du coton dans l'Empire britannique ; cette corporation agit en accord avec la British Cotton Crowing Association.
La British Cotton Growing Association est principalement chargée de l’installation des usines d’égrenage, de la vente aux fermiers et planteurs de coton dans les colonies, des semences, machines à égrener, presses, et d’une manière générale de leur donner des avis et des conseils. Sa principale fonction, dans certaines contrées, est d'acheter le coton à un taux fixé, de l’égrener et de le vendre ensuite en Angleterre. On peut dire qu'elle s'occupe plus spécialement du côté commercial de la question.
L'Empire Cotton Growing est, au contraire, spécialisée dans les questions d'ordre technique, théorique et scientifique ; elle se livre à des travaux de recherches, en envoyant dans les colonies des « Investigateurs » qui sont des ingénieurs spécialistes du coton. Il y a actuellement quarante de ces jeunes gens, dits « Investigateurs » qui parcourent les diverses possessions anglaises pour le compte de |’ « Empire Cotton Growing Corporation » (x).
Cette corporation a reçu une subvention d'un million de livres sterling sur les fonds provenant de la liquidation des opérations de vente du coton égyptien à la fin de la guerre.
Afin d'assurer des ressources régulières, il a été fait appel à l'intervention du législateur. Une loi de 1923 a établi une contribution de 6 deniers par balle de coton employée en filature au profit de l’Empire Cotton
1. D’après une communication de M. de La Beaumelle, directeur du Syndicat général de l’Industrie cotonnière à l’Association cotonnière coloniale.
Growing Corporation (1). Cette contribution procure une subvention annuelle d'environ 50.000 livres.
On voit de quels moyens puissants dispose cette œuvre: au taux de 75 francs la livre, son capital représente 112.500.000 francs dont les revenus sont augmentés chaque année de plus de 11 millions de contributions diverses. Grâce à ces ressources, l’Empire Côtion Growing Corporation a développé avec une hâte fébrile la production cotonnière au Soudan Egyptien, en Nigeria,