‹ Le Problème Cotonnier et l'Afrique Occidentale FrançaiseChapitre 30 sur 69 · Voir Maurice Delafosse, op. cit · texte numérisé non relu

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des besoins très restreints et la vie sociale est généralement des plus rudimentaires. Ceux-ci vivent groupés par villages sous l'autorité du chef de village. Un groupe de villages forme un canton. Le canton est rattaché au commandement du cercle. Cette organisation n’a rien d’absolu et il subsiste en grand nombre des protectorats, des royautés et des tribus. Chaque famille habite un quartier de village composé d’un groupe de cases. Le mobilier ne comporte guère que de simples nattes, des tabourets et des urnes ou calebasses servant de coffres, d’armoires et de récipients. Trois pierres forment le foyer et supportent la marmite. Le seul instrument agricole est une houe à manche très court. L'indigène ignore l'usage de la charrue et de l'animal de trait. Les transports se font à tête d'homme avec une charge de 20 à 30 kilos. La nourriture est insuffisante en quantité et en qualité. L’hygiène est totalement inconnue et l'état sanitaire est le plus souvent mauvais.

Aux proches alentours du village une partie des terres porte quelques cultures, notamment des champs de mil, base de la nourriture. Le reste est en jachère. Après deux ou trois ans,lorsque le rendement commence à baisser, le noir délaisse le lougan pour aller plus loin travailler un terrain vierge ou jadis exploité. Il céfriche au Ccoupe-coupe et gratte la terre avec la houe sans se donner la peine d'enlever les souches. Le feu de brousse est souvent le moyen le plus rapide de détruire la végétation. L’engrais n’est utilisé qu’au voisinage des cases. Lorsque le village prend de l'importance, une fraction se détache pour aller fonder un autre groupement au hasard des défrichements faciles et des terres cultivables.

Il ne faut pas se dissimuler les difficultés d'adaptation des noirs, On les a vu avoir une crainte morbide

des appareils introduits parles blancs. C’est ce qui se produisit en Nigeria lorsque la Bristish Cotton Growing Association fit distribuer des égréneuses à mains ; leur emploi était considéré par les natifs comme dangereux pour la santé. On doit sans cesse tenir compte des particularités du caractère etles indigènes ont besoin d’être influencés et encouragés pour s’adonner à une culture permanente.

Des efforts ont été faits en vue de répandre l’instruction élémentaire dans la mesure permise par les ressources budgétaires. Toutefois cette instruction n'est donnée actuellement qu'à environ 3 0/0 de la population d’âge scolaire.

Jusqu'à présent, les libertés que nous avons apportées aux noirs de l'A. O. F. et ce que nous avons fait pour accentuer les bienfaits de l'occupation n'a réussi qu’à diminuer leur volonté de production. N'étant plus contraints de travailler pour des tyrans ou des chefs férocement avides, ils ne le font plus que dans la mesure de leurs maigres’ besoins. C’est vraisemblablement par l'augmentation de ces besoins, l'introduction de marchandises européennes une, instruction agricole méthodiquement et énergiquement conduite que les indigènes

acquerront peu à peu le goût du travail.

II. —- L'éducation agricole des Indigènes La ferme-école et le village-école

La plupart de ceux qui ont étudié la culture du coton en Amérique comme en Angleterre, croient que dans le monde entier le coton doit être un produit récolté par le nègre et, qu'en conséquence, l'effort principal des pouvoirs publics et des Associations devrait porter sur

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