‹ Le Problème Cotonnier et l'Afrique Occidentale FrançaiseChapitre 51 sur 69 · HUM · texte numérisé non relu

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ÊT L'AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 38r

de nouvelles expertises industrielles ont démontré que le coton indigène pouvait, tel quel, sans l'intervention de semences étrangères, être utilisé par une partie de nos manufacturiers ; l’arrivée imminente de la voie ferrée à Paouignan doit faire entrer dans la période d'exploitation régulière toute cette région. »

Les essais de l'Administration furent faits sous la direction de M. Savariau, chef de Service de l'Agriculture. Deux buts étaient en vue : a) étudier dans une région où la eulture du cotonnier est connue de tous les indigènes et couramment pratiquée par eux, la valeur comparative au point de vue de l'acclimatement de la végétation, du rendement, de la résistance aux insectes et aux parasites de sept variétés américaines appartenant à la catégorie des Upland Middling (x), b) commencer la sélection méthodique des cotonniers indigènes afin d'arriver à en faire dériver un ou plusieurs types ayant des qualités de fibres se ranprochant de celles des Upland Middling.

A. Essais de variétés aréricaines. — Cinq cent cinquante cinq kilos de graines américaines furent employés sur 4o hectares répartis Gans les stations de Savé, Savalou et Doissa Coutago, sur des terrains de nature silicieuse et silico-argileuse.

Tous les travaux furent effectués d’après les méthodes indigènes ; c’est, en effet, sur l’indigène qu’on fondait l’espoir de voir s’accroître la culture du cotonnier au Dahomey et, pour obtenir ce résultat, il paraissait nécessaire de n’apporter aux habitudes des cultivateurs noirs que d'insignifiantes modifications. Le perfectionnement des méthodes culturales se ferait à la longue, sous l'impulsion permanente de l'Administration.

Le débroussement des trois stations fut fait à la houe et au coupe-coupe ; la culture faite en buites atteignant en moyenne 1 m. 20 de diamètre à la base et o wi. 50 de hauteur et distantes entre elles de x m. 4o au sommet Chaque

1. À savoir:1° Mississipi River Benders ; 20 Tensas Parish Benders : 3° Yasoo River Benders ; 4° Black Rattlers ; 5° Excelsior Prolific ; 6° Louisiane Red River ; 9° Pointe Coupée River.

butte occupait une superficie d'environ 2 m? avec 5.000 buttes à l’hectare.

Les semis furent faits en poquets établis, à raison de trois, au tiers inférieur de la base de :haque butte ; l'éclaircissage pratiqué à deux reprises, la première, quinze jours après la levée des cotonniers, en laissant deux pieds par poquet ; la seconde, trois semaines après, en conservant seulement le pied le plus vigoureux ; l’autre étant sectionné au couteau pour éviter de déchausser le système radiculaire du cotonnier restant. Après le deuxième éclaircissage, il ne restait plus que trois pieds par butte. Les binages furent exécutés superficiellement à la mode indigène.

La hauteur atteinte par les plants varia suivant les variétés. Ce sont les Black Rattlers, Mississipi, River Benders et le Louisiane Red River, qui se comportièrent le mieux en atteignant une hauteur de 1 m. 20 à r m.50, sur un diamètre de 1 mètre à 1 m. 20, alors que les autres variétés ne dépassaient pas 40 à 50 centimètres.

L'apparition des premières fleurs eut lieu du soixante cinquième au soixante-dizième jours après les semis et l'ouverture des premières capsules quarante à quarante-cinq jours après la floraison. Cela faisait une période de cent cinq à cent quinze jours pendant laquelle les variétés essayées pouvaient profiter des pluies. Or, les pluies cessent dans la région de Savé et de Savalou aux premiers jours d'octobre. Tous les semis de cotonnier n'ayant pu être faits que dans le courant du mois de juillet avaient donc été trop tardifs ; et c'était là une cause certaine d'insuccès des essais dans une bonne partie des plantations (L'enseignement de cette expérience devait être inis à profit en 1906, en effectuant les semis en juin).

Les insectes, le bollworm et le red bug envahirent et aitaquèrent les plantations et exercèrent une influence considérable sur les récoltes.

Le rendement moyen ne dépassa pas une moyenne de 100 kilos de coton brut à l’hectare donnant environ 3: 0/0 de fibres. 11 était ridiculement bas. On pouvait toutefois conclure que le Black Rattlers, le Louisiane Red Rivers et

l'Excelsior étaient les variétés qui s'étaient le mieux maintenues dans les différents centres d'expériences. Le Black Rattlers avait donné 164 kilos, le Louisiane Red River 117, l'Excelsior Prolific 105, alors que les autres variétés ne dépassaient pas 85 kilos.

B. Essais des variétés indigènes. — Une station d'essai de 2 hectares, installée à Savalou, fut ensemencée avec des graines provenant des plus belles qualités. La culture fut faite ala mode indigène, sur buttes : les façons culturales données furent les mêmes que pour les variétés américaines. Le terrain de la station était de nature argilo-silicieuse, de fertilité moyenne.

La période végétative du type indigène est d'environ cent cinquante jours. Les semis auraient pu être faits avantageusement fin mai, courant juin. Les indigènes ne manquèrent pas de faire cette remarque, car c’est en juin au plus tard qu'ils effectuent leurs semis de cotonnier. L'essai fut donc organisé dans des circonstances défectueuses, puisque l’eusemencement n'eut lieu qu’au début de juillet.

Le rendement à l’hectare fut de 142 kilos de coton brut. Cette constatation était intéressante à noter, car elle montrait que le plant indigène dans de mauvaises conditions, avait pu donner une petite récolte.

En résumé, l'établissement des champs d'expériences avait été trop tardif, les conditions climatériques défavorables ; les insectes avaient attaqué les plants américains et les contremaîtres indigènes ne s'étaient pas montré à la hauteur

.de leur tâche. Ces essais ne pouvaient avoir un caractère définitifs (1).

Campagne cotonnière 1906-1907. — Dès le début de 1906, la station d’égrenage d’Abomey était devenue insuffisante pour traiter les cotons indigènes ; il fut décidé d'en créer une nouvelle plus au nord à Savalou, ce qui permettrait d’égrener dans de bonnes conditions le coton provenant de la région des Hollis.

1. D’après le Rapport de M. Savariau, chef du Service de l'Agriculture, 1907.

Les indigènes se montraient satisfaits des résultats et le continuité des efforts de l'Association, qui depuis trois ans leur achetait leur coton eut pour effet de leur donner une grande confiance.

M. le Gouverneur Liotard, comme l’agent de PAssociation estima que l'amélioration des cultures pouvait être obtenue des indigènes en leur montrant dans des champs d’expériences, quels sont les meilleurs procédés à employer.

L’A.C. C. mit un crédit de 25.000 francs à la disposition de son Agent, secondé par des sous-agents indigènes, afin de faire de la culture directe avec les variétés américaines et indigènes ; cela servirait d'école aux indigènes, permettrait le dressage d'animaux de trait, et le sélectionnement des graines ; grâce à ce sélectionnement, on n'aurait pas à envoyer de nouvelles graines chaque année. Cent cinquante hectares furent ainsi ensemencés en coton américain.

D'autre part, le chef du service de l'Agriculture de la colonie, M. Savariau, fit également planter du coton américain sur une grande superficie de terrain dans les cercles de Savalou, d’Abomey et d’Allada. Cette dernière région où jamais encore le coton n'avait été cultivé et dans laquelle l'Association avait une culture de 4o hectares paraissait même supérieure à la région de Savalou.

Le cotonnier américain ne répondit pas à l'atiente et se montra même inférieur au cotonnier indigène. Les plans étaient assez beaux comme poussée, mais ne portaient que peu de capsules. La qualité était bonne, mais la quantité minime. Les saisons, dans cette partie du Dahomey paraissaient trop irrigulières pour le cotonnier américain qui pousse etémet des capsules rapidement. Seules, les capsules de l'extrémité des branches offraient une résistance suffisante.

Les essais de l'Administration donnèrent le même résultatet ils sont à retenir, alors qu'on parle aujourd'hui d’une nouvelle introduction de variétés américaines hâtives.

On conclut à cette époque que l’avenir appartenait plutôt aux espèces indigènes sélectionnées.

Les essais de dressage de bœufs à la charrue avaient été

coramencés ; ils se poursuivirent, mais présentaient des dilficultés dont il a été parlé ailleurs (1).

Le nouveau lieutenant-gvuverneur, M. Marchal, fit réunir Savalou à la ligne de chemin de fer par une voie de o m, 60 afin d'assurer dans de bonnes conditions le transport des cotons et autres produits.

L'usine d’égrenage de Cotonou, la troisième au Dahomey, était montée en février 1907. La récolte permit l'exportation de 60 tonnes de fibres par l’A. C. C.et 20 tonnes par diverses maisons de commerce, produites en parties à peu près égales par les trois régions de Savalou, d’Abomey et des Hollis. Cette dernière qui n'avait produit que 4 tonnes en 1905, rapporla 42 tonnes en 1906, mais la quantité produite était beaucoup plus importante. Une bonne partie prit le chemin d'Abeokuta, au Lagos, Le prix moyen de venie au Havre était de 95 francs les 50 kilos.

De toutes les colonies de l'A. O. F. le Dahomey était celle où la culture du cotonnier avait progressé le plus rapidement. Elle avait une organisation assez compiète pour que cette contrée parut devoir être une base solide pour les travaux futurs.

Campagne cotonnière 1907-1908. — A la suite des médiocres résultats obtenus dans les essais d’acclimatement des cotonniers américains au Dahomey, l'agent de l'A. C. C. s'efforçait d'augmenter la production du coton indigène, qui, par ses qualités laineuses était recherché en filature pour la fabrication des tissus mélangés avec la laine.

Comme précédemment, le programme porta principalement sur la création des champs d’expériences destinés à servir d'école aux indigènes et à la production des graines sélectionnées pour les ensemencements. Les indigènes étaient surveillés par des moniteurs spécialement dressés.

Les champs d'expériences d’une surface de 200 hectares donnèrent d’assez bons résultats, sauf en un point où ils souffrirent de la sécheresse. Par ailleurs, la sécheresse persistante fit que la récolte indigène fut médiocre.

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