I. — Le Dahomey
On compte au Dahomey (1) environ 900.000 habitants, dont seulement 538 Européens sur un territoire de 107.000 kilomètres carrés, soit une densité moyenne de 8 habitants au kilomètre carré, La population noire appartient à des groupements ethniques variés. De bonne heure en contact sur la côte avec l’élément européen, où les Portugais ont laissé de nombreux métis, elle est moins évoluée et souvent très primitive au nord, où la pénétration européenne est toute récente.
La température est assezuniforme + 18° à + 30° et ne présente pas comme au Soudan des écarts variant entre + 6 et + 46. La chute d’eau annuelle varie de o m. 75 à r mètre dans la moitié sud et de o m. 50 à o m. 75 dans la moitié nord, avec une pluviosité d'un mètre dans les montagnes de l'Atacora.
1. Le Dahomey, capitale Porto-Novo, situé sur le Golfe de Guinée, entre les 6022 et 120 de latitude nord, a la forme d'un rectangle de 107.000 kilomètres carrés, limité au nord par le cours du Niger soudanais, à l’est par la Nigeria anglaise, à l’ouest par le Togo, au sud par l'Océan. Il est arrosé par quatre grandes rivières à régime torrentiel, se dirigeant parallèlement du nord au sud. Les reliefs les plus saillants sont constitués à l’ouest parles montagnes de l’Atacora, dont les sommets les plus élevés ne dépassent pas 800 mètres.
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La zone côtière du Dahomeyet du Togo, où l'influence de la mer se fait sentir à une profondeur de 100 à 150 kilomètres, est couverte d’une végétation luxuriante formant une forêt où domine le palmier à buile qui est la richesse du pays, auquel sont venus se joindre tout dernièrement la culture du cacaoyer et du caféier.
À hauteur de Miso et d'Abomey, le pays se découvre largement et laisse place à des cultures d’arachide, de maïs, de manioc, d'igname et de coton. A partir de cette limite seulement on rencontre en étendue appréciable des terrains de culture avec toutes les variétés de sols silico-argileux mélangés à de notables quantités d’humus dans les alluvions récentes des cours d’eau.
Le Haut-Dahomey, comme le Haut-Togo, diffère sensiblement du reste de la colonie. Les montagnes de l’Atacora traversent cette partie du sud au nord, alimentantles fleuves Ouémé, Mono et de nombreuses rivières.
Les vastes plaines du Borgou et de Kandi s’étalent à à l'est des monts de l’Atacora. Elles sont constituées par des terrains silico-argileux, riches en humus et pourvues en eau pendant la saison sèche. On y rencontre une forêt légère, composée principalement de Karités et de nètés. Ces plaines sont en majeure partie incultes. Elles se transforment durant la saison des pluies en pâturages où vont paître les nombreux troupeaux des indigènes.
Le Gourma s'étend à l’ouest des monts de l’Atacora. Cette région est, au sud, bien arrosée et pourvue d’arbres vigoureux qui dénotent la fertilité du sol. Au nord les terrains sont arides et secs. Comme au Borgou, ils se transforment en pâturages durant la saison des pluies. La population est très clairsemée. L'eau manque en sai-
son sèche et les indigènes s’alimentent au moyen de puits.
Les montagnes de l’Atacora se prolongent en collines
dans le Togo, séparentle bassin du Mono de celui dela Volta.
Le cotonnier existe à l’état naturel au Dahomey comme dans la majeure partie de l'A. O. F. On le dit importé à une époque lointaine par les Brésiliens.
Sa culture était en honneur bien avant l'occupation française à partir du 7 de latitude nord, au sortir de la forêt côtière, jusqu'aux rives du Niger et sa production suflisait aux besoins locaux.
L'industrie familiale du tissage disparut dans le Moyen Dahomey avec l'occupation française, qui fit pénétrer les tissus européens, mais la culture a toujours subsisté, Plus au nord, à Say, la fabrication des pagnes constitue la seule industrie agricole du pays et elle est encore importante à Djougou.
Le noir dahoméen est assez intelligent et actif, si on le compare à la plupart des races de l'Afrique Occidentale. Il ne connaît pas l'usage de la charrue, mais il pratique bien le labourage à la main, le billonnage et le buttage. Il n’ignore pas nos procédés culturaux, la méthode des assolements et a recours à la jachère afin de faire reposer une terre fatiguée.
Le cotonnier se cultive sur buttes, isolément ou associé à diverses plantes vivrières, la plupart du temps à l'igname. Dans ce dernier cas, l’igname plantée en mars, a déjà atteint en mai-juin un fort développement.
On fait alors, dans les champs d’igname, un léger binage et on sème quatre ou cinq graines de cotonnier
dans un poquet fait avec le talon au tiers de la hauteur de chaque butte. Les graines germent au bout de cinq à six jours et les cotonniers eroissent rapidement. Les indigènes les éclaircissent quand ils ont 20 à 25 centimètres de hauteur ; ils ne laissent par butte qu’un ou deux pieds très vigoureux, ces cotonniers continuent à croître, mais ils se développent surtout en hauteur ; les indigènes, en effet, pratiquent rarement l’écimage, qui consiste à couper le bourgeon terminal des cotonniers au moment de la floraison, de façon à obliger les branches latérales qui portent les capsules à prendre un plus grand développement. Quand la culture du cotonnier se fait isolément, les semis ont lieu environ un mois plus tard que dans le ças précédent, en juillet, et les indigènes laissent 3 ou 4 cotonniers par butte au lieu d'un ou deux. La durée de la végétation est d'environ six ou sept mois. La culture sur buttes est ainsi faite afin d'augmenter l'épaisseur de la terre végétale qui la plupart du temps ne dépasse pas 15 à 20 centimètres (1).
Les cotonniers indigènes se ramènent à deux types botaniques distincts : le Gossypium arboreum est un type arborescent, atteignant une hauteur de 3 mètres à 3 m. 50, qui vit par pieds isolés dans le Moyen-Dahomey et le Moyen-Togo. Le Gossypium herbaceum est un type arbustif comprenant diverses variétés qui atteignent 1 mètre à 1 m. 00 de hauteur. Les capsules sont moyennes avec de grosses graines, fortement velues et couvertes de fibres d’un blanc mat ou légèrement beur-