‹ Le problème de DieuChapitre 14 sur 32 · Focazzaro, 1! Santo, p. 188 de la traduction française · texte numérisé non relu

Focazzaro, 1! Santo, p. 188 de la traduction française

124 Comment se pose le problème de Dieu

des cieux ! ! » Ces hommes, au fond, repoussent une théorie de Dieu faussement regardée par eux comme la seule qui traduise l’objet de la foi traditionnelle, une représentation inadéquate et peut-être erronée, ou du moins mal comprise, qui, — entendue littéralement, — transforme en effet la foi en idolâtrie; mais, si l’on examine les motifs de leur refus, on trouve qu'ils nient uniquement des concepts et des images, dans un sens qui d’ailleurs signifie leur adhésion profonde à la réalité même de Dieu ?.

Toutefois, à un autre point de vue, il faut bien dire qu'il y a des athées véritables : ceux qui se refusent, qui se détournent, qui ferment les yeux, qui résistent à l'appel intérieur, qui s'efforcent d’aller dans la direction contraire. Sans doute ils ne suppriment pas pour autant la réalité de Dieu, dont ils continuent sourdement à vivre. Nier Dieu ainsi, au fond, c’est l’affirmer encore, mais sous les espèces d’une gêne que l’on éprouve, d’une contradiction qui vous déchire, d’un mensonge que l’on installe en soi, en le subissant comme une tyrannie au lieu d’y consentir et de se donner à lui. Quiconque vit, dans la mesure même où il vit, croit en Dieu ; et des uns aux autres il n’y a de différence que dans le degré de vie ou dans la conscience qu’on en a, les pires étant ceux qui orientent leur vie vers un amoindrissement, lequel peut du reste aller jusqu’à une sorte d'extinction presque totale. Mais il faut savoir quel nom mérite une telle attitude. La foi en Dieu, telle que nous l’avons définie, est la substance même de la vie morale, son âme inspiratrice. L’athéisme est donc l’immoralité

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