‹ Le problème de DieuChapitre 6 sur 32 · A. ne Mancenix, Théodicée, chap. m · texte numérisé non relu

A. ne Mancenix, Théodicée, chap. m

Preuves tirées du monde moral 19

un historien moderne à la prétention de tirer des documents une preuve quelconque en faveur de la révélation primitive. Nous nous heurtons alors, sans échappatoire possible, au cercle vicieux du fidéisme. Selon le sens purement positif des mots, le seul qui serait ici recevable, « Dieu n’est pas plus un personnage de l’histoire qu'un élément du monde physique »'.

Remarquons d’ailleurs qu’il ne s’agit pas ici d’un fait sensible à percevoir. C’est d’une croyance qu’il est porté témoignage. Or une attestation historique vaut peut-être en faveur d’un fait sensible, non point en faveur d’une croyance. Dans ce dernier cas, tout dépend de ce qui a suscité la foi chez les hommes dont l'affirmation nous arrive à travers les siècles. Mais, quant à ce qui concerne la notion de Dieu, l’origine s’en perd au plus lointain de la nuit préhistorique. De quelles expériences est-elle issue ? Que traduit-elle ? Comment s’est-elle formée ? Impossible de répondre sûrement à ces questions. D’où une incertitude profonde sur la valeur de la croyance actuelle. Faites abstraction de tout le caduc, de tout le superstitieux, pour ne retenir que le fond au sujet duquel l’accord existe. Que reste-t-il, sinon l’idée d’un je ne sais quoi qui dépasse l’homme, et rien de plus ? Et qui sait si le Dieu alors affirmé n’est pas tout simplement une personnification mythologique du divin immanent ?

Quoi qu’il en soit, la preuve par le témoignage ne peut agir sur nous, ne peut nous atteindre, nous toucher, que si nous-mêmes éprouvons pour notre compte les besoins qui ont suscité la foi en Dieu chez les autres hommes, et si par

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