‹ Le problème de DieuChapitre 7 sur 32 · Loisx, Aulour d'un pelit livre, p. ro · texte numérisé non relu

Loisx, Aulour d'un pelit livre, p. ro

5o Comment se pose le problème de Dieu

là nous nous sentons insérés dans leur suite. Sans cette condition, le fait du consentement, pour assuré qu’on le suppose, nous parlerait toujours un langage inintelligible, ainsi qu'il arrive en effet aux personnes qui n’ont pas le sens religieux. Cette condition remplie, au contraire, le consentement universel prend une valeur à notre égard, comme attestation que nos intimes tendances ne sont pas de simples particularités toutes subjectives et individuelles. Il nous faut donc à présent écouter dans notre propre cœur l’écho des sentiments que nous venons de voir à l’œuvre au sein de l’humanité, la résonance harmonique des inquiétudes qui la travaillent. C’est la preuve par les aspirations de l’âme humaine.

On sait en quoi elle consiste, et je pense inutile de la rappeler longuement. L'homme est, selon la parole du poète :

Borné dans sa nature, infini dans ses vœux.

Il y à en lui un désir incoercible de bonheur, de justice, de lumière, d'amour, que toute la nature ne saurait satisfaire. En un sens, il veut plus même que son cœur ne peut contenir ou son esprit rêver; il veut être agrandi au delà de toute limite assignable. Surtout depuis le christianisme,

Une immense espérance a traversé la terre, Malgré nous vers le ciel il faut lever les yeux.

Croire en Dieu nous est devenu plus nécessaire encore, aujourd’hui que par Jésus et en Jésus nous avons appris à l'aimer, non point seulement dans l’anéantissement de l’adoration, mais dans la tendresse du cœur à cœur mystique :

mur

Preuves tirées du monde moral 5x

irrequietum cor, donec requiescat in le ! Nous voulons, d’autre part, un châtiment futur pour le mal ici-bas triomphant, une réparation pour les victimes innocentes, une récompense pour les vertus secrètes. Nous exigeons d’instinct une compensation aux douleurs et aux souffrances de cette vie, surtout aux douleurs et aux souffrances imméritées et méritoires, quelque chose qui leur donne un sens et leur assure une eflicacité. Puisque rien de tout cela n’est réalisé dans l’ordre présent, il nous faut Dieu juge et rémunérateur. Que les saints soient à jamais déçus, que le sacrifice et l’héroïsme ne soient finalement qu’une duperie pitoyable, nous n’en supportons pas l’idée sans une révolte plus forte que toutes les objections. Et il nous faut aussi Dieu père. Qu'il n’y ait rien au dessus de nous que le vide et l'éternel silence, qu’il n’existe personne à qui nous puissions confier nos misères intérieures et qui les puisse guérir, en qui nous puissions trouver le pardon et la force, l’idée seule encore un coup nous en est insupportable. Dieu est pour nous une nécessité de vie. « Toute marée dénonce au delà des nuages un astre vainqueur : l’incessante marée des âmes serait-elle seule à palpiter vers un ciel vide'? »

Élévations éloquentes ! Mais la froide critique ne se laisse pas séduire. Elle aussi a ses aspirations et ses exigences qui veulent être satisfaites. Et voici qu’elle fait entendre à son tour la voix de ses réclamations.

Désir n’est pas preuve. Ge serait plutôt motif de doute, par crainte d’illusion. Quand on souhaite une chose au point de la vouloir même contre l’évidence des faits et quand on la veut au point de se croire incapable de vivre

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