‹ Le probleme de l'actionChapitre 14 sur 86 · PRATIQUE MORALK ET PRATIQUES MATERIELLES · texte numérisé non relu

PRATIQUE MORALK ET PRATIQUES MATERIELLES

Auguste Comte, est de voir dans ranimai raisonnable le <( raisonnable » avant V « animal ». Notre humanité ne s'est que lentement affranchie de notre animalité et même quand nous Ten dégageons nous y retrouvons ses origines : au fond de la pensée la plus réfléchie on n'aurait pas grand mal à distinguer par l'analyse les instincts les plus profonds de l'animal humain. Anatole France, pour railler le langage des métaphysiciens, ramène leurs abstractions les plus hautes aux images naïves et concrètes de l'humanité primitive ^ Les idées et les mots qui les expriment ne sont que des mouvements corporels schématisés. Comte retrouvait sous la logique superficielle des signes la logique profonde des sentiments et des tendances physiologiques qu'ils traduisent. Toute théorie est donc née d'une pratique vivante, et en ce sens elle exprime le terme de l'effort humain qui vit ses conceptions avant de les réfléchir : on peut accorder à Aristote et à l'antiquité que le dernier mot de la connaissance, c'est la pensée se contemplant elle-même et retrouvant dans ses catégories et dans ses formes les lois générales de toute spéculation et de toute action. La science actuelle se clôt, elle aussi, sur des théories d'ensemble, sur des vues schématiques et généralisées. Les grandes hypothèses scientifiques: atomisme, conservation de l'énergie, gravitation universelle, etc. , sont pour l'esprit du savant moderne l'équivalent de ce qu'était pour Aristote la vir^j'.; vgy;7£(.)ç vz-q^iq OU pour Platon l'intuition directe des essences intelligibles. Mais une différence profonde sépare ces deux sortes de conceptions. Les

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