‹ Le probleme de l'actionChapitre 19 sur 86 · IniM'aiid, Précis do dmil criminrl. p · texte numérisé non relu

IniM'aiid, Précis do dmil criminrl. p

LA €0>SC1E>'CE ET LES ESPECES 5i>

seul qui, visant un autre fait ou plutôt, visant dans le même fait Un autre élément dont la loi positive n'a pas à tenir compte, porte une condamnatioii d'un tout autre caractère.

Mais si, dans ce cas très particulier, la distinction s'impose, il n'en n'est plus de même pour le second groupe de faits visés par le Gode. « Il n'y a ni crime ni délit, lorsque l'homicide, les blessures et les coups étaient commandés par la nécessité actuelle de la légitime défense de soi-même ou d'autrui » (C. p., art. 328). Ici, la conscience approuve pleinement, sans restriction. Elle exige simplement, comme la loi, que la double condition soit remplie, que la défense soit « légitime » et sa nécessité « actuelle ». Le Code, d'ailleurs, a distingué ce cas du précédent. 11 n'y a plus seulement rémist^ion de la faute, car il n'y a plus faute. Il y a légitimation de l'acte, il y a un droit hautement affirmé.

Ce changement d'attitude est facile à comprendre. Le cas n'est plus le même. Il ne s'agit plus de deux existences ayant valeur égale et entre lesquelles le choix, en soi, est indifférent. Il s'agit de deux existences d'inégale valeur, puisque l'une est mise en péril injustement par l'autre. Qui m*attaque nie mon droit, donc m'autorise à nier le sien, se met hors la loi en essayant de m'y mettre. J'ai tué, à juste titre. Feci, sed jure feci. L'action de se défendre est l'exercice d'un droit analogue au droit social de punir ^

C'est pour cette même raison que la conscience modifie son verdict intime. Dans le premier cas, elle

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