‹ Le probleme de l'actionChapitre 36 sur 86 · Hoffding, Morale, p. 73 sqq · texte numérisé non relu

Hoffding, Morale, p. 73 sqq

kheim, ni davantage accueillir ses espérances'. L'idée d'un groupement fort nous est aussi antipathique que celle d'un gouvernement fort. Le groupe est fait pour l'individu et non l'individu pour le groupe. L'Etat nous paraît appelé, non à se consolider sous forme d'autorité distincte, mais à se dissoudre, à se résorber pour laisser place à une sorte de large confédération faite de fédérations autonomes et consentantes se limitant mutuellement mais non plus limitées par lui ; ces fédérations n'étant elles-mêmes que des synthèses d'individualités unies, non pour se contraindre, mais pour s'affirmer. Par suite, à une morale unitaire et imposée, à un dogme étatiste ou religieux, tendront à se substituer aussi des conceptions personnelles variées, de plus en plus souples et riches, différentes selon la condition sociale et le développement intellectuel de l'agent. Il n'y a pas lieu de demander à tous la même moralité ni en quantité ni en profondeur, il faut en mesurer la dose à la valeur de chacun.

C'est déjà ce que fait la loi positive. Elle tend plus à diversifier le devoir qu'à l'unifier. L'idée morale qui domine les théories interventionnistes, c'est que tous ne doivent pas exactement les mêmes choses, que l'un doit plus et l'autre moins. En limitant de plus en plus étroitement les conditions du contrat de travail au point de vue des accidents, des risques, de la durée des tâches, de l'âge et du sexe des contractants, on impose des obligations à l'employeur, on crée des droits pour l'employé : ils n'ont plus les mêmes choses à faire, ils n'ont plus la môme morale. Le droit français n'admet plus,

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