‹ Le problème de l'aviation: sa solution par l'aéroplane; conférence faite le 16 février 1908 auChapitre 10 sur 44 · CLASSIFICATION DES APPAREILS D'AVIATION · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES APPAREILS D'AVIATION

que j'ai fait et ce qui reste à faire pour résoudre complètement le problème de la naTigatiom aérienne, dompter le vent, se faire un piédestal de Télément qui produit Touragan, comme on s'est fait un manœuvre et un courrier de rèlément qui produit la fondre, étendre sur l'atmosphère la domi-nation que l'homme exerce sur les continents et sur les mers, planer comme l'aigle, monter verticalement comme l'alouette, raser la terre comme l'hirondelle, dévorer l'espace comme le projectile avec 400 mètres de vitesse par seconde. »

Plus loin : « Comment donc l'oiseau vole-t-il? En appuyant sur l'air ses ailes étendoes. L'air est donc un point d'appui? Oui, un point d'a^ppui fugitif, mais aussi réel que la matière solide, pourvu qu'on l'empêche de fuir ou qu'on l'atteigne avant qu'il s'échappe, un point d'appui élastique, et partant plus sûr que la

MATIÈRE SOUDE, PUISQu'lL n'oFFRE PAS LE DANGER DES CHOCS. »

Comparant ensuite les organes qui peuvent être employés pour agir sur l'air, il explique en ces termes pourquoi on doit donner la préférence à l'hélice :

(( L'hélice agit en plongeant entièrement dans le fluide qui sert de point d'appui, ce que la roue à aubes ordinaire ne saurait faire. Elle agit sans intermittences, ce qu'on ne saurait obtenir d'ailes analogues à celles de l'oiseau ; elle peut, dans toutes les parties de sa structure, contribuer à sa destination. Ces avantages nous portent à croire que c'est un des meilleurs organes que nous puissions employer. »

Aujourd'hui le pronostic de M. de Ponton d'Amécourt est justifié par l'aéroplane, tout an moins la démonstration est-elle faite : qu'un homme peut s'élever dans l'air avec un moteur convenable. Mais l'aéroplane doit-il être la meilleure forme des machines voulantes?

Classification des appareils d^aviation.

On peut ranger en trois classes les volateurs, c'est-à-dire les machines qui doivent réaliser l'aviation : les orthoptères, les hâicoptères^ les aéroplanes.

Les partisans des orthoptères cherchent, à Tinstar des oiseaux,, à se soutenir dans Pair par des ailes battantes. Je crois qu'ils font fausse route, car, pour la locomotion aérienne comme pour la locomotion terrestre, il ne faut pas copier servilement la nature; le mouvement continu doit remplacer le mouvement alternatif; les voitures ont des roues et non des jambes.

Pour les hélicoptères, dans lesquels on demande à Thélice tournant sur un axe vertical de produire Tascension avant la translation, je doute qu'ils puissent donner des résultats sérieux, malgré les persévérants essais faits par M. Léger, ingénieur des Arts et Manufactures avec Fappui de M. le prince de Monaco , tant qu'on n'aura pas trouvé l'hélice donnant le meilleur rendement.

C'est donc à la classe des aéroplanes, comme vient de le prouver d'une façon si saisissante M. Santos-Dumont, qu'il faut donner la préférence pour les volateurs.

Résumé par M. Penaud des principaux

travaux sur l*aviation antérieurs à 1874.

Dans les premières années de sa fondation, la Société française de Navigation aérienne consacrait la plupart de ses séances à l'étude du vol des oiseaux, et des discussions s'élevaient entre les partisans des diverses classes de volateurs. Parmi ceux qui prônaient le planement^ était M. Penaud qui, avec M. Hureau de Villeneuve, a obtenu un prix de l'Académie des Sciences pour son remarquable travail sur la théorie du vol.-

Dans la séance du 24 février 1874, à laquelle je me rappelle avoir assisté, M. Penaud a fait un exposé magistral de la question en résumant, comme rapporteur^ les travaux présentés par différents membres dans l'année précédente. Il commençait par tracer un historique rappelant que déjà en 1784, Huber, celui qui a étudié les mœurs des abeilles, et Dubocliet en 1834, avaient

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