RÉSUMÉ DE M, PENAUD
indiqué, qu^avant tout, le vol était un glissement et fait remarquer que Foiseau s*envole tête au vent. M. Liais, contemporain de M. de Ponton d'Amécourt, avait montré de son côté combien on se trompait en assimilant la résistance de Taile de l'oiseau dans un battement sur place à celle d'un plan choquant l'air normalement d'un mouvement uniforme et continu, et montré que, dans le premier cas, il y a une masse d'air considérable brusquement agitée, tandis que, dans le deuxième cas, c'est une masse d'air assez limitée déjà en action et dont il s'agit d'entretenir le mouvement.
M. de Lucy, dans un article dont Marey a cité plusieurs passages, insiste sur ces faits et sur l'action spéciale du battement. — M. d'Esterno, dans son ouvrage sur le vol des oiseaux, note avec soin qu'au départ les battements sont rapides et étendus et que l'oiseau cherche avant tout à gagner de la vitesse. — M. Hauvel, qui fut un des membres les plus assidus de la Société française de Navigation aérienne, et qui a fait des travaux personnels dénotant une véritable compétence, avait mis en évidence, à la même époque, les résultats très précis obtenus pnr Thibault sur le mouvement oblique des surfaces, minces dans l'air, montrant la résistance considérable qu'elles éprouvent dans ce cas. M. de Louvrié a également fait ressortir cette théorie dans plusieurs articles parus dans VAéronaute de 1868 et dans Le8 Mondes.
M. Penaud, au sujet du vol, a discuté les considérations de Morin, Didion,' Poncelet, Duchemin, etc., sur le mouvement iiccéléré, la résistance au départ et Tinfluence du mouvement circulaire. Il a fait voir, en les appliquant dans ses calculs, comment Toiseau pouvait se soutenir avec des battements peu nombreux et un travail restreint, et montré l'erreur de ceux qui ont voulu expliquer le vol seulement par la résistance qu'un plan éprouve, en se mouvant normalement dans l'air, d'une marche uniforme, erreur qui date de Lalande, et subsiste encore malheureusement, dans quelques esprits peu au courant de la question, après avoir passé par Navier, André, le P. Thomas, etc.
Wenham (1866) [Report of the Aeronautical Society) dit que dans le vol sur place, le volateur agit toujours sur la même colonne d'air, tandis qu'en plein vol il rencontre a chaque instant DE nouvelles couches s'apputant ainsi dans un temps donné
suit UNE MASSE D AIR BIEN PLUS CONSIDÉRABLE, CAPABLE DE LUI
DONNER UN POINT D*APPUi SOLIDE. Il a également montré qu'une hélice à pas très court, n'ayant que deux branches très étroites, agit presque comme la surface entière du cercle qu'elle parcourt.
De son côté, le physiologiste anglais, Pettigrew, dans son remarquable ouvrage sur la locomotion anûnale, a démontré que Taile de l'oiseau, dans un double battement, attaque Tair, sous des angles constamment différents. Le centre de pression décrit une lemniscate ou un huit allongé et l'inclinaison de la surface alaire est plus grande à la remontée qu'à l'abaissement, de telle sorte que dans la première phase l'aile est entièrement active et le corps passif; c'est l'inverse dans la seconde phrase.
Parmi les auteurs signalés par M. Penaud, je crois qu'il convient de s'arrêter plus particulièrement sur le travail de M. Dubochet, publié en 1834 sous le titre : Recherches sur le Vol des oiseaux et VArt aéronautique.
Après celles de Léonard de Vinci et de Borelli, ces recherches jettent une véritable lumière sur la question.
Théorie de M. Dubochet.
M. Dubochet, dans son intéressant ouvrage, après avoir présenté l'état des connaissances à son époque sur le mécanisme du vol des oiseaux, en remontant aux temps les plus anciens, discute les opinions de Navier en insistant particulièrement sur un travail de M. Chabrier.
Son mémoire comprend : 1" l'exposé d'observations sur le vol des oiseaux ; 2® une théorie établie sur ces observations et sur les lois physiques; 3° la discussion des théories opposées à la sienne; 4** l'indication d'appareils applicables à la navigation aérienne et 5° la discussion des puissances motrices.