‹ Le problème de l'aviation: sa solution par l'aéroplane; conférence faite le 16 février 1908 auChapitre 12 sur 44 · THÉORIE DE M. DUBOCHET · texte numérisé non relu

THÉORIE DE M. DUBOCHET

Il indique dans un rapide aperçu la constitution anatomique des facteurs propres à assurer la stabilité et la dirigeabilité de Toiseau, tels que l'articulation scapulo-humérale, les pièces osseuses de l'extrémité des ailes, leur forme et la fonction de leurs différentes parties. Il signale le rôle de la queue de l'oiseau, faisant ressortir que cet organe n'a pas, comme beaucoup le croient, un effet actif dans la progression. Il caractérise les genres de vol ; vol ramé, vol plané, vola la voile. Il énonce au début de son livre le principe sur lequel s'appuient désormais ceux qui cherchent à réaliser des appareils plus lourds que Tair.

Dans le vol de l'oiseau, l'effet de la pesanteur est racheté par la décomposition de la force de progression au moyen de l'inclinaison de devant en arrière du plan des ailes. M, Dubochet réfute, d'après ce principe, les travaux de Borelli, les opinions de Nieuwendyt; il fait également un examen critique des idées de Buffon relatives à l'avantage de la convexité des ailes, à l'introduction d'air dans le corps des oiseaux.

Il relève l'erreur que commet ce dernier en formulant au sujet de l'autruche la remarque suivante : « La nature, dit Buffon, s'est prescrit des limites, tout y est limité; un poids de 75 livres, celui de l'autruche, est supérieur à tous les moyens que la nature sait employer; c'est pour cette raison que l'autruche ne peut avoir la faculté de voler. »

« Qu'il me soit permis, dit Dubochet, de faire observer que ce n'est pas le poids de l'autruche, triple de celui du pélican, qui l'empêche de voler. C'est qu'elle n'a point des organes appropriés; si elle avait reçu de la nature un appareil de vol d'une aire triple de celle du pélican, et avec des muscles proportionnés, elle volerait aussi bien et mieux que lui. Les lois naturelles ne sont nullement contraires au vol de grands oiseaux, pas plus qu'elles ne s'opposeraient à l'existence de quadrupèdes comparables en volume aux cétacés. »

11 est intéressant de citer aussi les quelques passages de la quatrième partie de ce mémoire, où l'auteur donne la description de l'appareil plus lourd que l'air qu'il estime le plus propre à réaliser le vol plané :

« La nature a combiné deux actions dans la manœuvie des ailes de l'oiseau; celle de support et celle de rémige : en

employant ces deux effets dans un appareil artificiel, je vois de Favantage à les séparer.

(( Les rémiges ou pennes (pie j'indique, seront pourvues de la faculté reconnue dans les ailes des oiseaux de présenter dans un sens une surface continue a Tair, et dans la direction contraire, d'ouvrir des portes pour lui servir de passage; les portes de ces rémiges ont une ouverture plus complète, et elles ne doivent offrir qu'une résistance insensible à son passage. Cela permettrait de les maintenir toujours établies tranversalement, avec mouvements alternatifs, l'un de devant en arrière, l'autre de retour à la première position.

a Au lieu de rémiges à portes, on pourrait, mais avec moins d*avantages, employer ces rémiges pleines, agissant à mouvements alternatifs à la partie postérieure de l'appareil. J^ai remarqué une action analogue chez quelques insectes pourvus de plusieurs paires d'ailes, des demoiselles, des sauterelles, etc. Ce dispositif a été adopté par Lilienthal dans ses expériences de glissades dans Tair.

« Le support serait toujours tendu de lui-même et sans travail, sans que la force vive se dépensât comme chez l'oiseau pour procurer cette tension. Il en résulterait une économie considérable de la puissance. Ce support, susceptible de recevoir différentes formes et tendu de lui-même, serait la base principale de cet appareil de vol.

« 11 pourrait recevoir d'autres formes susceptibles de remplir la même intention, par exemple une quille en toile tendue de devant en arrière.

(( La charge serait suspendue au-dessous comme aux ballons et aux parachutes actuels; mais il faudrait ménager les moyens d'incliner plus ou moins le support, selon la vitesse de la course, afin de décomposer la force de progression et de remonter obliquement sur la couche d'air correspondante.

« On pourrait aussi composer l'appareil volant d'ailes, ayant chacune deux parties distinctes, dont l'une interne pleine ferait principalement l'office de support, et prendrait diverses inclinaisons de plans, et dont la partie externe à portes comme les rémiges ci-dessus, aurait des conversions a pivots, pour produire h volonté une action progressive plus marquée. Mais cette construction, copiant de trop près Inorganisation des oiseaux.

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