M. PENAUD ET LE VOL DES OISEAUX
nécessiterait une grande perte de puissance pour tenir tendu l'appareil du vol, tandis que, dans Tautre mode, on aurait un support tendu de lui-même, et Temploi de la force motrice y serait intermittent, ce qui l'économise.
« Le physicien ne doit prétendre imiter jamais cette disposition naturelle du vol des oiseaux, par des combinaisons mécaniques,* -et c'est pour y suppléer que j'ai proposé de suspendre le poids au-dessous de l'appareil de vol. d
Enfin, dans la conclusion de son livre, M. Dubochet pose cette question : « Pourquoi l'homme sans copier en tous points l'organisation et la manœuvre des oiseaux, ce qui lui est impossible, ne parviendrait-il pas à obtenir des résultats semblables par des procédés mécaniques analogues, fondés sur les mêmes principes physiques et sur l'observation .raisonnée des moyens si divers, que la natuce a prodigués aux animaux », et l'auteur répond lui-même à sa question, de la manière suivante :
a Depuis l'origine du monde, Thomme voit l'oiseau voler à ses yeux et toujours il a désiré l'imiter. Cependant il n'avait besoin que de pénétrer les causes naturelles du succès de leur appareil, que d'en créer un sur les mêmes principes, qu'il pût appliquer à sa propre organisation, »
Observations particulières de M. Penaud
sur le vol des oiseaux.
M. Penaud qui a été pendant plusieurs années le membre le plus actif de la Société de Navigation aérienne a démontré le premier l'avantage qu'il y avait à attaquer l'air obliquement, avantage qu'il a développé d'une façon toute spéciale dans un article intitulé : cr Loi du glissement dans l'air », publié dans VAéronauiede 1873. « Pour ce qui regarde le vol, on reconnaît aujourd'hui que l'oiseau dépense beaucoup plus de force dans le vol sûr place que dans le vol progressif, pendant lequel il attaque l'air sous un très petit angle, comme on peut s'en assurer en
regardant un oiseau qui vient à soi, car on nb voit alors a très
P£U PRÈS QUB LA TRANCHE DB SES AILES; 06 fait, COnclut-il, EST LA CLEF DE l'aviation. »
Il a établi à l'appui de ce qui précède le théorème suivant : « Un oiseau animé d'un mouvement uniforme franchit, en planant, un espace donné avec le moins de chute possible, quand le travail de suspension est sensiblement égal au travail de translation. Le plan des ailes divise alors en deux parties égales l'angle formé par l'horizon et la direction du mouvement, et cet angle