‹ Le problème de l'aviation: sa solution par l'aéroplane; conférence faite le 16 février 1908 auChapitre 14 sur 44 · LUI-MÊME EST AUSSI PETIT QUE POSSIBLE · texte numérisé non relu

LUI-MÊME EST AUSSI PETIT QUE POSSIBLE

Puisque j'ai évoqué le souvenir de M. Penaud, que la mort a trop tôt ravi à la science de l'aéronautique, je crois devoir citer un passage d'un de ses mémoires, dans lequel, avec un talent de véritable poète, il a caractérisé les différentes formes du vol :

« La plupart des observations sur le vol ont été faites simplement en regardant l'oiseau libre dans l'atmosphère. Cette méthode a de grandes qualités, mais elle a de grands défauts.

« Elle permet de saisir des occasions uniques, de surprendre la nature sur le fait.

« Ce n'est qu'en pleine campagne que l'on verra les carrières, les plongées et les ressources du pèlerin, l'épervier traversant un buisson, dont il ressort avec sa proie, la crécerelle fixée au sein des airs, le vol à voile majestueux du vautour et de la buse, qui s'élèvent en décrivant des cercles. C'est autour des vieilles églises que l'on admirera, par un beau soir de juillet^ le vol fulgurant des martinets, les ébats faciles du freux. C'est le long des- falaises que l'oiseau de mer nous étonnera par les courbes flexibles qu'il sait suivre sur ses ailes étroites, qu'il arque sous lui, et que passera devant nous, comme une flèche bizarre, le plongeon au corps fusiforme. C'est sur la lisière des bois que notre attention sera brusquement éveillée par le départ tumultueux du faisan et de la perdrix, par le sifflement de l'aile du ramier; au crépuscule nous y verrons les hiboux voguer comme des ombres, tandis que le crapaud volant hape un insecte et que la chauve-souris nous frôle en voltigeant. Sur le bord des étangs, c'est une bécassine qui s'enlève par saccades vigoureuses, un martin-pêcheur qui file, un héron qui s'éloigne, paresseusement porté sur ses longues ailes, ou traverse le ciel en croisant les

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