APPRÉCIATION DES RÉCENTS ESSAIS D'AÉROPLANES
Appréciation des récents essais
avec les aéroplanes actuels.
La question de la dirigeabilité des aérostats avait fait un grand pas avec Texpérienoe du ballon la France en 1884, mais elle était restée dans l'ombre jusqu'aux expériences de M. Santos- Dumont en 1900. Nous convenons que ce dernier n'a pas en à revivifier la question du plus lourd que l'air qui, depuis les expériences de Lilienthal, de Chanute et des frères Wright, était remise sur le tapis et passionnait un grand nombre de chercheurs. Mais on peut dire qu'autour de lui on tâtonnait et qoe, si d'autres avaient mis un moteur sur un aéroplane, ils n'avaient pas quitté le sol ou s'étaient à peine soulevés de quelques centimètres. Il en a été malheureusement ainsi pour d'autres appareils vola)teBrs, tels que l'aéroplane de M. Maxim, qui avait coûté plus d'an million au célèbre inventeur du canon, et l'Avion de M. Âder qui a été expérimenté au camp de Satory, ainsi que me l'a rappelé M. André Binet, ingénieur, ancien élève de l'Ecole polytechnique, qui a assisté à cet essai. On peut voir l'Avion suspendu à la voûte de la chapelle du Conservatoire des Arts et Métiers, et l'on se convaincra que son auteur avait déployé là une ingéniosité extraordinaire, digne d'un meilleur sort.
Il est permis de regretter que M. Ader, ainsi qu'il l'a expliqué dans une brochure récente intitulée La première étape de V Aviation militaire en France, n'ait pas trouvé le concours qu'il avait sollicité du gouvernement pour reprendre ses expériences. Aujourd'hui, au lieu d'un moteur à vapeur, il emploierait un moteur à pétrole et ainsi il allégerait considérablement son appareil qui, à mon avis, an point de vue de la structure des ailes susteatatrices, offrait de très grandes chances de succès.
Est-il nécessaire devant vous, messieurs, qui par votre présence et l'attention bienveillante que vous avez bien voulu me conserver pendant plus de deux heures, ce dont vraiment j'ai à m'excuser, de passer en revue les expériences qui ont été exécutées depuis celle de M. Santos-Dumont? Plusieurs d'entre vous
y ont certainement assisté; presque tous en ont eu connaissance par les revues spéciales et par les journaux de la grande presse qui consacrent chaque jour une place notable à tout ce qui touche h l'aéronautique et en particulier à Taviation. Vous connaissez ainsi les essais qui ont été entrepris tantôt a Bagatelle, lieu célèbre du premier vol artificiel, puis au polygone de Yincennes et enfin au champ de manœuvre d'Issy-les-Moulineaux. C'est là que le 13 janvier dernier a eu lieu le triomphe de M. Farman qui a remporté le Grand Prix d'aviation de 50000 francs fondé par
FIG. 8. FAKMAIV GAGNANT LE GRAND PRIX d'avIATION.
MM. Deutsch et Archdeacon. On sait que la condition de l'épreuve était de parcourir un kilomètre en l'air en boucle fermée.
Tel était le bilan de l'aviation au moment où apparut notre première édition. Il parait bien maigre aujourd'hui malgré l'enthousiasme énorme qu'avaient excité les premières épreuves que nous avons rappelées, en comparaison des magnifiques victoires remportées depuis par MM. Farman et Delagrange en France, et par MM. Orvilie et Wilbur Wright en Amérique. En consacrant aux célèbres aviateurs américains un chapitre additionnel, nous sommes heureux de combler une lacune dont la faute est imputable au secret impénétrable dont ils avaient si longtemps entouré leurs travaux et leurs expériences qui remontent à 1902.
Par rénumération que nous y donnons des principales étapes accomplies a cette heure on jugera des progrès rapides, et prodio-ieux qu'a fais la navigation aérienne par l'aéroplane.