‹ Le problème de l'aviation: sa solution par l'aéroplane; conférence faite le 16 février 1908 auChapitre 41 sur 44 · COMPARAISON DE L'APPAREIL WRIGHT · texte numérisé non relu

COMPARAISON DE L'APPAREIL WRIGHT

la commande des gouvernails vient s'ajouter le gauchissement des surfaces et pour exécuter toutes ces opérations, même avec Taide instinctif des réflexes, on prévoit un long apprentissage pour arriver à l'habileté incomparable dont font preuve les aviateurs américains. Avec les aéroplanes des frères Voisin, si ce ne sont pas évidemment les premiers venus qui pourraient les piloter, il faudra . moins de temps pour former un pilote capable de les conduire, ainsi que Ta prouvé dernièrement le capitaine Ferber qui, obligé de rentrer en activité de service dans l'armée, a pu confier la conduite de son appareil à M. Legagneux, son mécanicien. Ce dernier, après vingt-quatre heures d'essais, a, du premier coup, exécuté un vol de 200 mètres qui lui aurait fait gagner un des prix de l'Aéro-Club si son départ avait eu lieu dans les conditions du règlement.

Le type monoplan adopté par MM. Blériot et Esnault Pclterie pour leurs appareils n'est pas sans avoir fourni des résultats dignes d'attention. Ils ont exécuté des vols qui se rapprochaient, comme ceux des frères Wright, du vol des oiseaux ; nous avons été émerveillé avec tous ceux qui assistaient aux expériences du 6 juillet des courbes gracieuses décrites par M. Blériot dans une des épreuves qui a duré 8 minutes et qui, si elle n'avait pas été interrompue par un accident au moteur, lui aurait permis de gagner le prix du quart d'heure. Toutefois ce dernier nous a avoué qu'il ne donnait pas encore l'illusion produite sur les spectateurs par M. Wilbur Wright qui semble procéder tout a fait comme un oiseau avançant par bonds, montant, descendant, tournant court et se jouant en quelque sorte de Tatmosphère. Cette souplesse serait due selon M. Blériot à ce fait que l'appareil américain est en équilibre presque indifférent; il ne nous a pas paru que le centre de gravité se trouvât si près du point de concentration des pressions. La stabilité est obtenue surtout parles manœuvres combinées des gouvernails et du gauchissement.

Considérations s^énérales sur le vol plané

et le vol à voilç, à propos du prix fondé

par M. le docteur Quinton.

Les belles expériences de ces derniers mois ont été, on peut le dire, la démonstration vivante de la vérité des principes sur lesquels on doit établir les aéroplabes. Il y a une parfaite concordance entre les données que fournit Tapplication raisonnée des formules et les résultats constatés dans un grand nombre d'essais. Ainsi le vol artificiel s'explique bien dans son ensemble par les lois pures de la mécanique.

Comme nous l'avons dit, les coefficients qu'il faut employer pratiquement pour la résistance de l'air sont ceux qui ont été déterminés expérimentalement, corrigés par des facteurs qui tiennent compte non seulement de l'angle d'attaque, mais encore de la courbure et de la configuration des sustentateurs.

Pour le vol des oiseaux le phénomène reste plus complexe et c'est surtout dans le cas du planement de certains voiliers qu'il y aurait lieu de faire intervenir d'autres causes que celles qui ont été admises généralement, pour expliquer comment il se fait que certains volateurs tels que l'aigle, le vautour et la frégate semblent, même par un temps calme, rester absolument immobiles dans l'espace bien que leurs ailes déployées n'aient aucun mouvement apparent. L'une de ces causes réside peut-être dans un mouvement vibratoire non perceptible à l'œil imprimé aux extrémités des rémiges. Une autre que nous avions, indiquée avec prudence était attribuée dans une certaine mesure à l'électricité. Cependant nous devons avouer que les expériences entreprises dans les ateliers et avec le concours de M. Chauvière, à la suite de celles du Laboratoire des Arts et Métiers, n'ont pas justifié les suppositions qui avaient été faites à ce sujet; elles étaient partagées par M. Menoux, qui assistait à notre Conférence et qui nous a fait part de ses recherches dans le même ordre d'idées. Le dernier mot n'est peut-être pas dit sur cette délicate question.

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