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et l’armée, sur le gouvernement des Indes, des grandes dépendances et des «“olonies d'importance stratégique, telles que Maite et Gibraltar, et sur le budget impérial consacré à l'exercice de l’autorité impériale.
À l'heure actuelle, depuis le succès de la révolution opérée dans la constitution de l’Empire, les colonies sont à la merci d’un groupe de politiciens élus par le peuple des Iles britanniques. Ces politiciens ont le pouvoir de les précipiter — et de fait les ont précipités — dans la plus meurtrière des guerres. Si elles persistent à rester dans leur esclavage volontaire, les mêmes politiciens anglais feront également la paix sans ies consulter. “ Elles devront se coucher dans le lit que leur auront pré- “paré, non pas leurs gouvernants, mais les ministres d'Angleterre ; et “pourtant, il est de leur intérêt autant que de l'intérêt des habitants des “Iles Britanniques que ce lit soit plutôt de roses que d’épines...” Des négociations secrètes se poursuivent actuellement, hors la connaissance des gouvernements des colonies. “A la conférence finale, leurs repré- “ sentants ne seront pas admis.” Le plénipotentiaire qui parlera en leur nom rendra ses comptes aux seuls électeurs des Iles Bri‘anniques (p. 113). “En matière de politique étrangère, les Britannique ont conservé [du “consentement des coloniaux] un pouvoir presqur aussi exclusif que ‘celui qu’exerçaient les Athéniens sur leur empire « Aonial. Dans les ques- “tions de paix et de guerre, ce pouvoir est plus absolu que celui que les “ Prussiens exercent aujourd’hui en Allemagne” (p. 217).
L'autorité impériale est indivisible
D’autre part, l’exercice de l’autorité souveraine sur ces matières — gucrre, politique étrangère, budget impérial, grandes dépendances — ne saurait être divisée ni soumise à la direction de plusieurs parlements. Cettw vérité pratique, M. Curtis la démontre avec la logique simple, claire et viyoureuse qui pénètre tout son travail.
“ La conduite de la politique étrangère doit rester entre les mains ‘“ d’un seul ministère, sans qu’il puisse espérer de se disculper de ses er- “reurs en les attribuant à autrui; et ce ministère doit répondre pour “toutes les nations dont ses actes déterminent l’état de guerre ou de paix. “ Une seule autorité doit être soumise au blâme et au renvoi d'office. “ Selon 12 même principe, le pouvoir de renverser le cabinet doit appar- “tenir à un seul parlement, et par conséquent à un seul corps électo- “ral” (jr 102).
En rote, il ajoute cette réflexion pleine de sens: “ La source princi- “ pale des bévues diplomatiques des Alliés dans les Balkans, c’est que les “cabinet; de Londres, de Paris, de Pétrograde et de Rome n’ont pas pu
1 Voilà toujours un point sur lequel nos enfileurs de phrases creuses auront de la peine à soutenir que nous nous battons, soit pour la liberté contre l’autocratie, ou pour le Droit naturel et l'Autorité du Roy contre la démocratie perverse. Ce pouvoir absolu, ce n’est pas le Roi qui l’exerce, maïs le cabinet, le parlement et la démocratie d'Angleterre. Nous reviendrons sur cet aspect.
“présenter des propositions fermes aux puissances balkaniques avant "que les termes de ces propositions eussent été arrêtés et acceptés dans “ chacun» de ces quatre capitales. Quelle eût été la situation si Londres “ n'avait pu rien faire sans le concours d'Ottawa, de Melbourne, de Wel- “ Jington et de Prétoria? ”
De là, il tire l'explication la plus plausible qui ait encore été donnée des fann'uses paroles de M. Asquith à la Conférence impériale de 1911: “ That a ithority cannot be shared”, L'autorité impériale ne peut être “ partage ”, dans ce sens qu'elle ne peut être divisée. Mais le corps qui l'exerce pourrait et devrait représenter directement et efficacement tous les pays autonomes de l'Empire.
La Conférence impériale n’est qu'un trompe- l'oeil
Comment concilier le principe du self-government et la nécessaire
unité de direction en tout ce qui concerne les intérêts généraux de l'Empire”?
D’aucuns comptent sur la Conférence impériale pour jouer ce rôle. C’est une illusion. M. Curtis la déchire avec une désinvolture qui ne le cède à rien de ce que j'en ai écrit jadis. * Des demi-vérités, dit-il, ne “peuvent se changer en vérités par le seyl fait qu'on les répète souvent ” (p. 95). Les conférences impériales ne sont Pas, ne peuvent pas être une forme d'association impériale, parce qu'elles ne sont responsables ni aux parlements ni au penpie, et que l'exécution de la politique impériale reste tout entière entre les mains du seul cabinet britannique. “ Sous le régime “ des institutions h: -anniques, le gouvernement responsable comporte la “ responsabilité du cabinet au parlement; mais il comporte quelque “ chose de plus. Son essence même, c'est la responsabilité du parlement “au peuple, dans le choix des ministres qui #dministrent ses affaires. “... En réglant les questions de paix et de guerre Pour un quart du genre “humain, le gouvernement impérial doit loujours, comme aujourd’hui, “ rester responsable à un seul parlement ”; — eten affirmant ce principe, M. Asquith avait raison; mais il s’est bien “ gardé d’:jouter qu’en ré-
y compris les Canadiens, les Australiens, les Néo-Zélandais et les Sud- “Africains, le gouvernement impérial n'est actuellement responsable “ qu'aux seuls électeurs des Iles britanniques.” ...Ce régime “ viole non “seulement une condition essentielle du gouvernement responsable, mais “ la première et la plus essentielle de toutes ses conditions... Si le par- “lement impérial ne peut partager sa responsabilité en matière de poli!‘- “que étrangère avec un Conseil d’empire siégeant à Londres ” — mi boiteux suggéré par sir Joseph Ward et repoussé par M. Asqui'ï et . Wilfrid Laurier, — “ q fortiori ne peut-il la partager avec quat ---:
“ ments siégeant à Ottawa, à Melbourne, à Wellington et à Cape.
(pp. 103 et 104).
1 La Conférence impériale et le rôle de M. Laurier — Montréal, 1911.
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