RE A PA
Mais l’auteur abandonnant le chiffre de Population, comme unique base de calcul, il corrige ces chiffres par la capacité proportionnelle de payer.
En supposant que les assesseurs impériaux fussent arrivés à determiner la capacité de payer de chacun de ces pays, selon l’échelle de proportions indiquée ci-dessous, la répartition se serait faite comme suit :
Quotient prop. Mentant payé.
RE en» 5.5 £ 9,347,908 DORE. 0. 5.3 5,552,867 Nouvelle-Zélande . . .. .. 5.4 1,382,978 Afrique-Sud . . : .. ,.. ï 1,396,948 Royaume-Uni ........ 6 63,561,123 FOR ER Re noires eee os £81,241,824 1
Tout en globalisant le budget de la guerre, M. Curtis reconnaît que chacun des pays associés devra entretenir certaines forces locales, pour fins de police intérieure ou de défense territoriale immédiate. J1 suggère donc de retrancher de leurs contributions respectives les sommes suivantes qui seraient affectées à ces fins:
D ni £1,000,000 US NET NE - 3,000,000 Nouvelle-Zélande . . . . . nues 500,000 ii SO CET DU OO 1,000,000 Royaume-Uni DE ON TR 3,395,547
UE SN Ge £8,895,547
1 Les chiffres de ce tableau s'obtiennent par l’opération suivante : multipliez la population de chaque pays par le quotient proportionnel (censément établi par les assesseurs); additionnez tous les produits ; divisez la dépense globale (£81,241,824) par le total obtenu précédemment — vous obtiendrez ainsi le quotient commun ; enfin, multipliez par ce quotient commun le chiffre de la population de chaque pays tel que corrigé par le quotient proportionnel:
quot.
population prop. produit
ER TE TPE SCRUEX 7,300,000 X 5.5 — 46,150,000 ns RENE ER D D ONE 4,500,000 X 5.3 — 23,350,000 Nouvelle-Zélande . . . .. . .. 1,100,000 X 5.4 — 5,94,000 ni … MOURIR IE 6,000,000 x 1 = 6,000,000 Royaume-Uni ... .. .. +. + 45,500.000 x 6 = 273,000,000 EUR EE e SRE Ce 64,400,000 348,940,000
En divisant £81,241,824 par 348,940,000 on obtient le quotient commun: 0.2328246. En multipliant 40,150,000 pes 0.2328246, on obtient le chiffre de la contribution du Canada: £9,347,908; et ainsi de suite pour les autres pays.
EE ne
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Je n’insiste pas, pour l'instant, sur l'arbitraire de ces chiffres. Les sommes finalement versées au trésor impérial se seraient donc réparties comme suit:
RG RN R n £ 8,347,908 RE: SAMI SR 2,552,867 Nouvelle-Zélande . ........ 882,978 SRE. | LT 396,948 3 OPPES PUE 60,165,576
PR Sr, CRE £72,346,277
On notera que, d’après cette répartition, c’est le Canada qui aurait écopé. Tandis que chacun des autres pays aurait payé beaucoup moins — sauf la Nouvelle-Zélande qui aurait supporté une légère augmentation — seul, le Canada aurait vu tripler sa contribution.
Pour ne comparer que les chiffres du Canada et du Royaume-Uni, tels qu’in---its au premier tableau, où figure la dépense réellement effectuée, ei au dernier, qui représente la répartition finale, nous aurions payé £5,644,305, soit 828,221,525, de plus que nous n’avons dépensé; et le Royaume-Uni, £12,180,701, c’est-à-dire 860,903,505 de moins.
À ce budget de guerre, devra s’ajouter le budget des Affaires étrangères et celui du Souvernement des dépendances qui seraient abandonnées, — nous le verrons plus loin — à l’autorité de l’Association impériale. M. Curtis n’en a pas établi le chiffre. Il s’élève assurément à plusieurs millions de divres. C’est autant de moins que l’Angleterre paierait seule, autant de plus à ajouter à la part du fardeau attribué aux ‘ nations soeurs ?.
On peut être sûr que les conditions financières de l'association impériale ne seront pas au détriment de l'Angleterre. Il faut convenir toutefois que la base, toute spéculative, suggérée par M. Curtis nous serait plus favorable que l’anarchie actuelle. Si, disons depuis dix ans, nous avions ve:sé une contribution de guerre régulière à un échiquier impérial dont les gardiens, représentants élus de tous les pays autonomes de lPEmpire, l’eussent employée intégralement à l’organisation efficace des forces impériales, nous n’aurions pas gaspillé une centaine de millions dans les carabines Res, les manipulations crapuleuses du sieur Allison et les autres dévergondages favorisés par notre Tamerlan national, sir Sam Hughes.
S’il faut nous saigner aux quatre membres pour l'Empire, que cela serve au moins à autre chose qu’à alimenter une bande d’écumeurs de millions.
Grave oubli
Dans l'étude de l'aspect financier du problème, il esi un autre point fort important qui semble avoir totalement échappé à l'attention de M. Curtis. Si la capacité de Payer est une base plus équitable que le chiffre
de la population, il faut, pour qu’elle soit vraie, considérer non seulement les revenus mais aussi les obligations particulières de chacun des pays d’Empire. La capacité de payer d’un Pays, comme celle d’un individu, ne tient pas seulement au chiffre de ses revenus; il dépend tout autant de ses charges et de ses obligations essentielles. Ainsi, un ouvrier qui gagne $3.09 par jour et qui est forcé de dépenser 82,50 pour vivre a moins de capacité de payer l'impôt que celui qui reçoit 82.00 et n’en dé- : pense que la moitié. L’assiette d'impôt du premier n’est que de $0.50 par jour, celle du second de 81.00.
Sans sortir du cadre des charges et des dépenses qui se rattachent directement ou indirectement aux oeuvres de.guerre et de défense, le Canada a de lourdes obligations dont le Royaume-Uni est entièrement libre.
Sir Charles Tupper estimait que la construction de l’Intercolonial, du C. P.R., des Canaux, constituait une contribution à la défense de l'Empire, plus efficace et tout aussi réelle qu’autant de millions affectés au budget de l’armée et de la flotte, A la Conférence de 1887, M. Stanhope, ministre de la Guerre, déclarait qu’il “n’est pas possible d’exagérer ” l'avantage militaire que l'Empire a trouvé dans la construction du che- “ min de fer du Pacifique Canadien dé?
Du moment que l’on accepte le principe de la solidarité impériale, il faut admettre que toute addition à la sécurité de l’un des Pays associés profite à la masse, que tout ce qui contribue à assurer le transport interimpérial des ressources de l'Empire offre un avantage précieux, en temps de guerre surtout, à chacun des pays d’Embpire, à l'Angleterre plus qu’à tout autre. Dans cet ordre d'idées, ne serait-il pas rigoureusement exact daffirmer que la construction du Canal de la Baie Georgienne constituerait une contribution directe et fort efficace à la défense militaire de l'Empire?
Avant de diminuer le fardeau des Anglais pour accroître celui des Canadiens, M. Curtis devrait appliquer à cet aspect de Ja question les principes d'équité qu’il invoque et la remarquable rectitude de son jugement,
L’éminent publiciste a évidemment compris que toute cette question d'argent constitue l’un des points faibles de son système, Il y revient dans un appendice au chapitre XVIII La complexité du mécanisme qu’il veut créer lui fait craindre des retards fort préjudiciables dans la préparation du budget impérial. Pour obvier à ce grave inconvénient il suggère de faire voter le budget impérial Pour trois ans d'avance, d’un seul
litude avec une Proposition analogue faite par le duc de Newcastle, en 1862, au gouvernement Canadien. Le ministère McDonald-Sicotte repoussa cette suggestion comme attentatoire à la liberté Parlementaire 2, Ce
1 Que devons-nous à l'Angleterre? — page 359.
2 J'ai raconté cet incident au long, avec de copieuses citations, dans Que devons-nous à l'Angleterre? — pages 28 à 35.