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telle action du virus syphilitique. Mais on peut toujours raisonner par analogie.
Il nous semble intéressant à ce propos de rappeler l’histoire des Lapins castorrex. Dans une lignée de Lapins domestiques normaux on a vu apparaître subitement des individus dont le pelage différait notablement de celui de leurs parents. Chez les Lapins normaux il existe des poils durs (poils de jarre) disséminés entre les poils doux, duveteux. Or, les individus anormaux ne présentaient qu’un poil doux, avec l’absence complète des poils de jarre. Cette malformation du système pileux (on peut la considérer comme une malformation bien que les Lapins castorrex soient très avantageux pour l'industrie et très recherchés pour cela) était d'emblée héréditaire et se transmettait suivant les lois de Mendel.
‘étude des parents qui donnent naissance à ces Lapins d’une race nouvelle a montré qu’ils étaient infectés par un trépomène voisin de celui de la syphilis humaine, le treponema cuniculi. Le bismuth guérit cette tréponémose, mais il est incapable d’agir sur la malformation héréditairement fixée.
Il y a donc tout lieu de croire que le tréponème en agissant sur les éléments germinaux peut déterminer de véritables mutations qui seront désor-
mais inaccessibles à toute intervention thérapeutique.
Il existe une autre preuve indirecte mais important en faveur d’une action semblable de la syphilis. Les études de Morgan et de ses collaborateurs ont montré qu’une proportion très importante des mutations est léthale. La mutation détermine sans doute des modifications organiques incompatibles avec la vie. Or, on sait également combien la mortinatalité est fréquente au cours de la syphilis. Il est possible que nombre d’avortements, d’accouchements prématurés, de morts du fœtus in utero et même morts du nouveau-né sont dus à l'existence d’une mutation léthale.
Le problème de l'hérédité des autres maladies comporte sensiblement les mêmes obscurités que celui de la transmission de la syphilis. La discussion autour de l’hérédité de la tuberculose ont pour objet en réalité l'infection intra-utérine. Il s’y ajoute encore un point qui ne joue sans doute aucun rôle dans la syphilis, c'esi celui de la prédisposition.
Cette prédisposition peut être invoquée dans de nombreux cas d’existence de maladie chez les parents et les descendants. Il semble qu'il y ait un certain nombre de prédispositions, de constitutions, de tempéraments qui peuvent donner naissance chacun à un groupe de maladies. D'ailleurs il ne s’agit plus là de caractères acquis.