L'HÉRÉDITÉ DES CARACTÈRES ACQUIS ET L'ÉVOLUTION
On sait qu’il y a quelques années encore on tentait d'expliquer l’évolution par l’une des deux hypothèses lamarckienne ou darwinienne. D’après Lamarck, le phénomène essentiel est l'adaptation. L'évolution consiste en une adaptation progressive et de plus en plus parfaite des êtres vivants aux conditions du milieu. Une telle conception admettait nécessairement l'hérédité des caractères acquis et en faisait même l’un des mécanismes essentiels de l’évolution.
Selon Darwin, le fait important est la sélection. Il y a des variations, d'ordre adaptatif ou non et des variations héréditaires, mais ce qui importe c'est l’élimination des inadaptés et la survivance du meilleur.
Les deux théories dominantes admettaient l’hérédité des caractères acquis. Il leur semblait, en effet, que des dispositifs anatomiques et physiologiques
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perfectionnés comme en présente par milliers le mode animal et végétal ne pouvaient s’élaborer qu'au cours de longues générations et d’une façon progressive. Or, un tel phénomène entraîne comme une nécessité absolue la transmission et la conservation des perfectionnements. On a d’ailleurs trouvé dans la Paléontologie de multiples preuves en faveur de cette conception.
Vinrent alors les expériences de Mendel qui succédèrent aux travaux de Naudin, trop peu connus, l'essor de la Génétique et c'est le phénomène de la mutation qui est devenu le mécanisme central de la variation. L’immense majorité des biologistes considère actuellement que l'adaptation et l’hérédité des caractères acquis sont autant de chimères et que l’évolution s'est fait par bonds rapides et brusques, d'emblée fixés par l’hérédité. On a gardé la sélection darwinienne comme le mécanisme d’élimination des mutants inaptes.
Or, jusqu'ici la mutation apparaît comme un mécanisme aveugle. Les caractères nés par mutation ne répondent à aucune nécessité du milieu, en un mot n'ont aucun caractère adaptatif. Il est actuellement impossible de concilier la prépondérance des mutations avec le perfectionnement des dispositifs que possèdent les êtres vivants, Il faudrait
y supposer un concours de circonstances exceptionnellement favorables pour que des mutations aveugles puissent produire le cerveau de l'Homme, les ailes d’un Papillon, l'organisme hautement adapté au vol de l'oiseau, etc.
IL semble à peu près certain qu’il nous manque là un chaînon. En effet la situation est telle : toutes nos connaissances actuelles rendent impossibles d'admettre l’hérédité des caractères acquis, d’autre part, la mutation, seul mécanisme compatible avec le mendélisme est notoirement incapable d’expliquer les fais d'évolution,
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