‹ Le Problème de l'Indépendance Économique de la PologneChapitre 10 sur 31 · HN TC · texte numérisé non relu

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Les quantités de ce combustible qu’elle doit importer atteignent en 1913, le niveau annuel de 2.013.000 tonnes, soit environ 51 % de sa consommation globale (16). Cette situation paradoxale est due pour une large part, à la politique des tarifs différentiels, destinés à favoriser, au détriment des mines galiciennes, les importations du charbon, provenant de l’ Allemagne.

Mentionnons enfin le cas de potasse dont les gisements très riches (dans la région de Kalusz), négligés par le gouvernement autrichien qui en est le propriétaire, devront attendre, pour être mis en valeur, jusqu’au jour, où la Pologne redeviendra indépendante (17). Par suite de l’état stationnaire de la production industrielle, les villes galiciennes ne peuvent fournir aucun remède à la crise de surpeuplement dont souffre la campagne. On y assiste au processus du morcellement de la propriété paysanne, ce qui ne manquera pas d’exercer une influence fâcheuse sur le niveau général de

(16) Kempner, op. cït., p. 345.

(17) Les gisements de potasse ont été découverts dans la région de Kalusz (Galicie Orientale) en 1854. Le gouvernement autrichien, obéissant aux suggestions de Berlin (qui cherchait à assurer le monopole à la production allemande de sels de potasse) s’obstinait très longtemps à ne pas vouloir concéder l’exploitation des mines galiciennes dont il était le propriétaire. Ce n’est qu’à la veille de la guerre, qu’on autorisa la formation d’une société qui devait assurer la mise en valeur de ces gisements.

Ajoutons que sous l’administration polonaise la produstion des sels de potasse, stimulée par les besoins croissants de l’agriculture, accuse de progrès remarquables : en 1913 elle atteignait à peine le niveau de 2,3 milliers de tonnes ; en 1929 elle s’élève déjà à 359 milliers de tonnes, soit un accroïssement de 1 : 156.

(Source : Données statistiques de l’Union des Industries Chimiques en Pologne).

l’agriculture. D’après les évaluations du prof. Bujak, ii n’y aura pas, en 1902, moins de 850.000 exploitations agricoles (soit plus de 3/4 du chiffre global), dont la . superficie, inférieure à 5 ha, sera trop exiguë pour pou- voir assurer la subsistance d’une famille paysanne (18). Sous la pression des nécessités qu’un tel état de choses fait naître, l’excédent de la population agricole devra quitter le pays en quête d'emplois qui y font défaut.

L’émigration de Ia main-d'œuvre accuse un mouvement ascensionnel. Pendant la période de 35 années, précédant la guerre (1880-1914), les statistiques officielle de l’Autriche-Hongrie n’enregistrent pas moins de 1.150.000 émigrés de nationalité polonaise. Ajoutons que, d’après les calculs du dr. Caro, basés sur les données officielles autrichiennes, la perte en matériel humain qu'a subie la Galicie par suite de cet exode atteint au cours d’une seule décade (1899-1910) le niveau de 8,7 % de sa population totale, tandis que le chiffre, afférent à toute la Monarchie n’excède pas 4,92 % (19). La comparaison de ces coefficients suffit, à elle seule, pour faire apparaître l’état de détresse profonde, dans lequel se trouvait cette province polonaise.

Il est vrai que les éléments actifs de la population polonaise ne se laissent pas décourager par les graves difficultés, s’opposant au libre essor des forces productives de leur pays. Au milieu de conditions nettement défavorables se font jour des efforts constructifs, tendant à émanciper la Galicie de l’hégémonie austro-allemande. Ces efforts persévérants qui orientent les énergies na-

(18) Bujak, op. cit., p. 52. 2 :

(19) Szawieski, Kwestja emigracji w Polsce (La question de l’émigration en Pologne), Varsovie 1927, p. 50.

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