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tionales vers l’industrialisation du pays impriment uñ certain élan à son activité économique; cependant ils n'arrivent à réaliser leur but que d’une manière très incomplète.
A la veille de la guerre, la transformation de la structure économique du pays est à peine ébauchée: retardé dans son évolution, il conserve toujours le caractère d’une économie arriérée à prépondérance marquée de production de matières premières. Sa physionomie primitive se reflète dans les chiffres des échanges qu’il fait avec les autres provinces, plus avancées que Jui dans la voie de l’industrialisation. Il leur fournit — en échange des produits finis dont il a besoin — de larges quantités de ses matières premières, qu’il n’est pas à même d’ouvrer par ses propres moyens. D’après les évaluations approximatives, basées sur les statistiques officielles du trafic ferroviaire dans les limites du territoire de la Galicie occidentale, les exportations de matières premières atteignent en 1913 le niveau de 90 % de la valeur totale des exportations que fait cette région du pays; les exportations de produits demi-ouvrés représentent une valeur inférieure à 3 %. Les exportations de produits finis dépassent à peine le niveau de 7 : Aux importations — au contraire — ce sont les produits finis qui ont la prépondérance très accentuée (82 % de la valeur totale des importations en 1913), tandis que les matières premières et les produits demi-ouvrés ne représentent respectivement que 10,2 % et 7,8 %. (20).
(20) Nous avons basé ce calcul sur les chiffres statistiques empruntés à l’ouvrage de M. Biegeleisen : Stan ekonomiez: nv Malopolski (La situation économique de la Galicie). Varsovie 1921, p. 266.
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Le tableau que forment ces chiffres paraît particuliérement suggestif. Il est aisé d’y saisir sur le vif l’inluence nuisible qu’exerce l’état de dépendance, où se trouve une contrée, sur l’évolution de sa structure éco- nomique.
Durant cette même période difficile, dont nous cherchons à dégager les caractères, deux provinces polonaïises (21), soumises à la domination allemande: Posnanie et Poméranie auront à subir le poids d’une politique nettement hostile du Reich, continuateur du système germanisateur de l’ancienne Prusse. Fidèle aux méthodes traditionnelles qui ont fait leur preuve, le gouvernement de Berlin cherchera toujours à saper les bases économiques de la résistance, qu’oppose à l’expansion allemande la population autochtone des provinces polonaises du Reich. Des encouragements officiels seront donnés, des concours pécuniaires — large- ‘ment accordés aux associations pangermanistes (telle la célèbre Ostmarkenverein, Ha-Ka-Te, fondée en 1894), appelées à organiser la conquête économique des € marches de l'Est ». Et pourtant — malgré tous les efforts conjugués de l’Etat et des associations, richement dotées, qu’il contrôle, le bilan de la politique de germanisation se solde par un gain net, très inférieur aux résultats escomptés. C’est que la population polonaise, fermement attachée au sol de son pays natal ne veut pas céder le terrain. Plus le danger de la conquête allemande se précise, plus la défense devient acharnée et efficace. Devant l’insuccès évident de la & pénétration
(21) La troisième province polonaise du Reich : la Haute- Silésie fera l’objet des remarques que l’on trouvera plus
bas (voir: pages 66-67; 71-72).
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pacifique » le gouvernement de Berlin aura donc recours à une législation d'exception: l’expropriation forcée aux fins de la colonisation allemande sera votée par le parlement du Reich (1908).
La politique de germanisation forcée qui trouve son expression brutale dans le vote de larges crédits, destinés à l’œuvre de la colonisation allemande (lisez: l’expropriation des biens polonais), à fait apparaître le danger, menaçant l’élément le plus essentiel de la ré- -sistance nationale : la terre.
Les nécessités directes que fait naître l’organisation de la défense pèseront désormais sur toute l’évolution économique de la Posnanie et de la Poméranie. La situation précaire de l’agriculture polonaise, menacée par l'expropriation, aura pour conséquence de faire dévier le courant des capitaux qui, dans des conditions normales, auraient pu faciliter l’éclosion des industries nouvelles. Tandis qu’en Allemagne les grandes banques, dotées de vastes ressources, collaborent à l’œuvre de l’industrie, dans les limites des (« marches orientales » — les coopératives de crédit polonaiïses, qui forcent l’admiration des observateurs étrangers (22) doivent concentrer leur activité sur cette fonction principale: défense de la terre.
Les résultats acquis sont en rapport des sacrifices consentis. La population polonaise, condamnée à vivre sous le poids d’une législation d’exception parvient à main-
(22) L’auteur anglais Henry W. Wolf, président de l’Association internationale des coopératistes dans l'ouvrage qu'il a fait paraître sous le titre « Peoples Banks — a record of social succes » (London), n’hésite pas d’écrire que les coopératives de crédit, en Pologne allemande « ont créé des merveilles » dans les limités de leur sphère d’action.