‹ Le Problème de l'Indépendance Économique de la PologneChapitre 12 sur 31 · SR AE · texte numérisé non relu

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tenir les positions, que lui dispute l’expansion allemande. L'agriculture, assurée d’un concours financier des banques, réalise des progrès considérables. Durant une période de 15 années (1895-1910) la production des grains à presque doublé (23). Par suite de l’application des méthodes perfectionnées de culture — le rendement . à l’hectare s’est accru d’une manière sensible: pendant les quatre dernières années avant la guerre les récoltes augmentent d'environ 30 % par rapport à la période quinquennale précédente (1906-1910).

L'industrie, à l’exception de quelques branches, liées à l’agriculture (l’industrie du bois, qui doit son essor à sa situation géographique, l’industrie du sucre, l’industrie de la distillation d’alcool, etc.) est loin d’accuser d'aussi notables résultats. Exposée à une forte concurrence des centres industriels allemands, d’une puissance infiniment supérieure à la sienne — elle suit une allure trop lente pour pouvoir transformer la structure économique des deux provinces polonaises du Reich. Le Duché de Posen et la Prusse Orientale conservent le caractère éminemment agricole. D’après les statistiques officielles, publiées par l’administration des chemins de fer allemands, les deux provinces en question réalisent du chef de leurs exportations de céréales panifiables et d’autres produits alimentaires un solde actif qui, à la veille de la guerre, dépasse la moyenne annuelle de 400 millions de marks or. Fournisseurs de l'Allemagne en articles d’alimentation, elles servent de débouché à sa production industrielle. L’excédent des importations des produits industriels, qu’elles font

(28) Bujak, L. c., p. 47.

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vénir pour la plupart de l’Allemagne, sur les exporta-

tions — peu élevées de ces articles atteint à la même :

époque le niveau annuel d'environ 150 millions marks (24). Ainsi se réalise au détriment de ces provinces une division du travail, absolument conforme aux intérêts de l’impérialisme économique allemand.

Par suite de la lenteur du développement industriel des deux provinces polonaises du Reich, leur population surabondante, que l’agriculture, quoique prospère, n’est pas à même de nourrir, alimerte le courant d’émigra-

tion qui, chaque année, emporte des milliers d’indivi-: dus. Nombre d’émigrés polonais, originaires de ces pro-

vinces, se dirigent vers le continent américain, d’autres, non moins nombreux, iront grossir les cadres de l’armée ouvrière qui s’entasse dans les centres industriels de la « région noire » (Westphalie, bassin de la Ruhr). En 1914 le bilan «des pertes, qu’a subies à la suite de cet exode la population polonaise du district de Posen, de la Prusse Occidentale ainsi que de la Haute-Silésie, dont nous parlerons plus tard, se monte à 1.300.000 hommes, soit environ un quart (24,8 %) de son effectif total (25).

Les phénomènes, que nous venons de signaler, donnent la mesure des influences fâcheuses qui entravent l’essor industriel des provinces polonaïises, inféodées aux deux Empires germaniques: Autriche-Hongrie et Allemagne. I1 nous reste à retracer l’évolution que suivra la partie

(24) Rose (A.). Bilans handlowy ziem b. dzielnkcy pruskie] (La balance commerciale des territoires polonais sous la domination allemande), Varsovie 1920, p. 684 ss.

(25) Szawleski, op. cit., p. 60.

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