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fluence qu’exerçaient les mouvements migratoires sur la situation économique de la Pologne d’avant-guerre.
L’émigration de caractère plus ou moïns durable, sta: bilisée, dans la première décade du XX° siècle, à un niveau, voisin de 200.000 par an, absorbaïit jusqu’à 50 % de l'accroissement naturel de la population polonaise qu'on estime égal à environ 400.000 (7). Cette émigra:tion, dont nous avons ainsi déterminé l’importance, n’était pas sans présenter certains inconvénients: elle enlevait au pays ses éléments actifs, énergiques, entreprenants. Il n’en reste pas moins vrai, qu’elle jouait le rôle d’une soupape de sûreté, dont le mécanisme diminuaït la forte pression démographique, provoquée par la vitesse du mouvement naturel de la population, en avance sur le développement économique. Le fonctionnement normal du mécanisme contribuait, dans une certaine mesure, à rétablir l’équilibre nécessaire.
L’émigration saisonnière qui mobilisaïit, chaque année, par centaines de milliers, la main-d'œuvre agricole en surabondance ne manquait pas d’atténuer la crise de surpeuplement, sévissant à la campagne.
Ainsi se posait, dans la Pologne d’avant-guerre, le problème démographique: la forte émigration en diminuait le poids. ;
Dans la Pologne indépendante la position du pro-
(7) Dans certaines régions, l’émigration finit par absorber presque tout l’accroissement naturel de la population polonaise. Pour la période décennale allant de 1880 à 1890,
Dmowski arrive au tableau suivant : :
L’accroissement L’émigration
naturel Pognatie 16,0 p. 1.000 13,1 p. 1.000 Prusse Occidentale 15,7 p. 1.000 13,7 p. 1.000
blème est bien différente. Les tendances qui dominent toujours le mouvement de la population s’affirment au milieu de conditions radicalement changées. Les possibilités extérieures d'emploi qui s’offraient à la maiïnd'œuvre polonaise subissent une réduction sensible. La pression démographique, s’exerçant à l’intérieur du pays augmente en proportion.
Phénomène étrange: contrairement à la plupart des pays européens, où se manifeste, après la guerre, un fléchissement du taux d’accroissement de la population (8), la vitesse du mouvement naturel en Pologne n’a pas diminué. La forte natalité renaît dès le lendemain de à l'armistice. En 1919 le nombre de naïssances vivantes pour 1.000 habitants est déjà de 30.5. En 1920 il s’élève à 32,2 — niveau, qui ne sera que légèrement dépassé dans les années suivantes. Dans ces mêmes années, qu’a marquées de son sceau là guerre contre la Russie des Soviets, le taux de mortalité dépasse sensiblement la mesure moyenne: il est de 26,9 pour mille en 1919, 27 p. 1.000 en 1920. Le retour des conditions normales le ramène à un niveau inférieur à 20 p. 1.000. C’est alors (1922) que le taux d’accroissement naturel s’établit à un niveau voisin de 15 p. 1.000 par an. À partir de ce moment, le mouvement naturel de la population en Pologne suit une ligne tantôt ascendante, tantôt légèrement descendante, dont voici les points successifs (9) :
(8) Woytinski WI. Tatsachen und Zahlen Europas, Vienne 1930, p. 68.
(9) Source : Annuaire Statistique de la République Polonaïse, 1930, p. 15. :
Accroissement naturel de la population en Pologne
Pour 1.000