‹ Le problème de la conscience du moi (volume 2)Chapitre 4 sur 19 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LA NATURE DE LA CONSCIENCE DU HOI' *7 1. LE PROBLÈME AU POINT DE VUE MONISTE

• La coDScieace du moi chez Thorame est le fait ^^ le plus merveilleux du monde. De tous les problèmes qui se présentent à notre expérience, c'est

•« le plus profond, le plus important, le plus énigma-

2 tique. Le monde extérieur, qui nous apparaît

•5 comme un mécanisme de matière en mouvement,

^ est simple et semble la clarté même en compa-

! raison du monde intérieur de la conscience ; et

'^ cependant, ce monde intérieur est la condition

• même de n'importe quelle étude du monde exté- O rieur.

ns que nous puissions supprimer la conscience : rien ne resterait que la matière en mouvement et toute représentation dn monde dans l'esprit des êtres sentants et pensant; drait évidemment impossible. Sans dou

(1)11 s'agit chologique.

ne pourrions pas dire que, dans ce cas, le monde n'existerait pas, mais ce serait exactement comme s'il n'existait pas. L'existence du monde ne pourrait plus être perçue. Qu'importerait alors son existence ou sa non -existence? C'est la conscience qui donne au monde son importance et sa signification; c'est elle qui est la base de l'expérience, elle qui produit le monde des images et qui crée la mentalité.

Qu'est-ce que la conscience? C'est le phénomène passager de la connaissance ; il paraît et disparaît; et cependant, malgré ses fluctuations, la conscience renferme quelque chose qui survit au moment fugitif et donne à ce qu il contient une existence durable. La conscience est transitoire, la mémoire reste.

Comment se manifeste la conscience et comment disparaît- elle ? Quelle est son origine, comment se développe- t-elle ? Quelles sont les lois qui la régissent? Ce sont là des problèmes du plus haut intérêt, mais il y en a de plus importants encore. Quelle est la relation entre la conscience et l'existence objective? En quoi consiste-t-elle et quelles modifications produit-elle dans le monde?

Définissons d'abord ce que c'est que la conscience. La conscience est radicalement différente de tous les autres phénomènes naturels ; elle n'est pas une substance, bien qu'elle existe dans des corps qui sont faits de substance ; elle n'est pas non plus un mouvement, bien que des mouvements se manifestent pendant que nous sommes conscients. Nous ne pouvons voir la conscience, ni l'entendre, ni la sentir, ni la goûter, ni la toucher ; nous ne pouvons arriver à la connaître par

aucun de nos sens. Nous pouvons observer les actes des êtres, que, pour de bonnes raisons, nous supposons conscients ; mais leurs sentiments, leur conscience, leurs pensées, leur personnalité ne peuvent être les objets de notre observation directe. Tous les phénomènes objectifs nous apparaissent comme des modifications du monde matériel. La conscience, cependant, ne peut jamais nous apparaître comme un objet dans le monde objectif. Comment arrivons-nous à connaître quoi que ce soit de la conscience ? La conscience est Tétat de notre existence subjective et son essence est la connaissance. Toutes nos sensations, toutes nos perceptions, toutes nos idées sont des sentiments d'un certain genre : ce sont des états de connaissance. Tous les phénomènes naturels sont des manifestations qu'on peut voir, observer, mesurer objectivement. Nous en avons connaissance du moment qu'ils affectent la conscience et ils sont représentés dans nos esprits comme ce que nous appelons de la matière en mouvement. La conscience, cependant, telle qu'elle existe en nous, n'est pas seulement une image de la réalité, comme le sont nos sensations touchant les objets matériels et nos idées sur le monde qui nous entoure : la conscience est ellemême une réalité.

La trame et l'enchaînement des différents états de conscience, considérés comme un tout, étaient appelés Psyché par les anciens, et c'est ce que nous nommons Vâme, La psychologie est la science de l'âme, et par psychique nous entendons tout ce qui se rapporte aux différents états de conscience.

Tout d'abord, souvenons-nous que la conscience.

i LE PRDBLÈME DE LA CCKfSCIE^ICK DC MOI

comparée aa\ phénomènes du monde objectif, est un fait sëêi çeneris; il forme à lui seul son propre domaine. De même que nous ne pou- ■ voas pas elian:rer la force en matière ou la matière en force, de même nous ne pouvons changer ni la matière ni la force en conscience. Toutes les forces peuvent être changées les unes dans les autres et il est très possible que toutes les substances soient des combinaisons particulières d'une , seule et même substance primitive, mais aucune fon*e et aucune matière ne peuvent être changées en conscience.

Et pounjuoi ne le peuvent-elles pas ?

Simplecuent parce que la conscience (c'est-àdire les phénomènes psychiques ou états de connaissance t , n'est ni une matière, ni un mouvement, parce quelle est un phénomène subjectif et non objectif.

Ceci cependant n'exclut pas l'idée que la conscience peut exister seulement à la suite d'une action spéciale dans ces combinaisons de substances que nous appelons notre cerveau. La conscience n'existe pas en elle-même : elle est une propriété de celte existence réelle que nous appelons notre personnalité. Cette proposition est bien simple : cependant nombre de penseurs ont trouvé difficile de l'expliquer.

La plus grande difùculté pour un enfant qui apprend à marcher, c'est de ne pas trébucher sûr ses pieds. De même, la plus grande difficulté pour les philosophes, c'est de ne pas trébucher sur leurs propres idées. — Toutes nos idées sont des abstractions et les dififérentes idées représentent les différentes qualités des objets que Texpérience nous fait rencontrer. Pour que notre

pensée reste claire, ne confondons pas les différentes idées et ne transportons pas un fait appartenant à une certaine classe d'abstractions, dans un autre domaine d'abstractions. Surtout ne perdons jamais de vue que la réalité dont sont faites nos abstractions est une indivisible unité.

En voici un exemple frappant : La loi bien connue du levier qui veut que deux poids égaux attachés à distance égale du point d'attache aux deux bras du levier soient en équilibre, est une loi purement mécanique ; peu nous importe que les poids soient en or, en plomb ou en fer ; qu'ils soient peints en noir, en rouge ou en vert, que ce soient des corps animés ou inanimés ; notre abstraction exclut toutes ces qualités . Autre exemple : si un poisson est lancé à travers l'air, la courbe du mouvement n'est pas modifiée par le fait que la chose jetée est un être sentant. En calculant la courbe, on laisse de côté tout ce qui n'entre pas comme facteur dans la production du jet. Nous devons en faire abstraction et limiter exclusivement notre attention aux points qui, d'une manière ou d une autre, déterminent le fait.

11 est une règle très simple, mais très importante, qui a été négligée même par les plus grands philosophes, c'est qu'il faut se rendre compte de la nature de l'abstraction.

On a soulevé la question de savoir si l'âme peut être expliquée par la matière ou par la force. La question elle-même est erronée et prouve que celui qui la fait s'embarrasse dans ses propres idées. Nous pourrions tout aussi bien demander si la matière peut être expliquée par la force ou la force par la matière. La matière et la force

sont deux différentes sortes d*abstractions, et les sentiments ou états de conscience en sont encore une autre. Nous ne pouvons expliquer aucune idée en la confondant avec d'autres idées hétérogènes. Par exemple, que dirions-nous d'un homme qui parlerait d'idées vertes ou bleues, ou qui essayerait d'expliquer un problème d'algèbre par la loi de la gravitation? 11 n'est pas moins absurde de parler de la substance de l'âme ou de tenter une explication de la conscience par l'idée de matière ou de force.

Nos philosophes oublient trop souvent que nos idées ne sont pas des réalités en elles-mêmes, mais des images de la réalité. Elles ne sont que des symboles représentant certains caractères de la réalité. Tandis que nos différentes idées se superposent plus ou moins et s'excluent en partie les unes les autres, la réalité d'où elles sont formées n'est pas, elle, une combinaison d'existences hétérogènes. Au contraire, nous ne devons pas l'oublier, l'ensemble du monde est une inséparable unité. Toute la réalité est un grand tout, et nos idées marquent entre les différents domaines des lignes de démarcation purement idéales.

Les idées sont des symboles qui servent à s'orienter dans ce monde ; elles nous aident à trouver nos points d'appui. La force n'est pas la matière et la matière n'est pas la force, mais aussi et, pour cette raison même, il n'existe pas de matière sans force ou de force sans matière. De la même manière, la conscience n'est ni matière ni force. Mais, pour cette raison, la conscience n'est pas une existence indépendante qui existe en dehors de la force et de la matière. De même, le temps n'est pas l'espace et l'espace n'est pas

le temps, et ni l'un ni Tautre n'est matériel. C'est pourquoi nous ne sommes pas autorisés à concevoir le temps et l'espace comme des choses existant en elles-mêmes. En résumé, toutes les abstractions représentent des traits de ce grand tout indivisible appelé la réalité, le monde, l'univers ou la nature. Et le monde intérieur de Thomme, les états de sa conscience, ses sensations, ses perceptions et ses idées forment, aussi bien que toutes les autres abstractions, une sphère particulière de l'abstraction.

Si nous entrons dans des considérations préliminaires aussi explicites, c'est que nous voulons, dès Tabord, mettre en garde contre deux erreurs fréquentes de nos jours et qui sont moins la suite d'une différence de principes (comme on pourrait le croire à première vue), que le résultat d'une connaissance insuffisante des éléments de la pensée philosophique. L'une est l'erreur du dualisme, l'autre celle du pseudo-monisme, c'està-dire d'un point de vue qui a la prétention d'être le monisme.

Tout dualisme est basé sur l'observation de la différence qui existe indubitablement entre l'esprit et la matière, l'âme et le corps, le monde intérieur et le monde extérieur; mais le dualisme commet Terreur de les traiter comme ayant des existences séparées et de regarder leur coexistence comme une combinaison.

Il y a quatre points de vue touchant la relation de la conscience et de l'existence subjective du monde matériel. Certains philosophes conçoivent la conscience et le monde matériel comme deux réalités radicalement différentes; c'est le dualisme; d'autres ne considèrent la matière que comme

s L£ PROBLÈME DE LA CONSCIENCE DU MOI

une UlusioQ de Tespril et nient rexistence da monde objectif : c'est le spiritualisme. Le matérialisme n admet la conscience que comme un produit de la matière ; le monisme enfin regarde la subjectivité et l'objectivité comme deux traits inséparables de la réalité, la conscience étant une forme complexe de la subjectivité.

Cela nous conduirait trop loin d'expliquer pourquoi le dualisme est insoutenable. Mentionnons seulement deux objections. D'abord toute pensée nous conduit à Tunité de pensée ou monisme.

Le monisme ou la conception unitaire est néces sairement le but vers lequel tend toute pensée philosophique, car monisme signifie : pensée conséquente ; et à ce point de vue nous pouvons appeler le monisme l'idéal de toutes les phîlosophies. Aucun problème n'est résolu tant qu'il ne rentre pas dans une conception unitaire. La nature d'un problème, en science aussi bien qu'en philosophie, consiste réellement en ce que nous avons à résumer systématiquement un certain nombre d'expériences en une idée générale ; en d'autres termes, un problème n'existe (\i\Q par notre incapacité à parvenir à une conception monislique des choses ; et résoudre un problème» c'est parvenir à un monisme exempt de toute oonlradiclion.

L'idée monislique d'une conception unitaire du monde a été constamment corroborée par les progrès de la science. Nous sommes loin de soutenir que tous les problèmes aient été résolus, mais nous déclarons que toutes les fois que la science a fait un véritable pas en avant, c'est qu'elle avait acquis une nouvelle réalisation monistique dans un champ quelconque de l'expérience ; et

nous ne pouvons concevoir aucun progrès futur de la science qui soit d'une autre nature.

Chaque fois qu^une découverte scientifique semble tourner les esprits vers une conception dualiste du monde, on doit se dire qu'on est devant un problème non résolu tant que le dualisme n'est pas surmonté.

C'est surtout la diversité de ses formes qui nous fait sentir combien le dualisme est insoutenable. Si nous l'adoptons comme solution à tout problème difficile, nous arrivons bien vite au pluralisme. Il y a des dualistes qui trouvent une lacune entre le monde des êtres organisés et celui des êtres inorganisés, entre les créatures vivantes et les choses inanimées. Pour d'autres, cette lacune existe entre les animaux doués de la parole, c'està-dire les êtres humains, et les créatures qui ne parlent pas, c'est-à-dire les plantes, les bêtes et les pierres. D'autres encore fondent leur opposition au monisme sur l'hétérogénéité de Tesprit et de la matière, de Tâme et du corps, du sentiment et du mouvement.

Par monisme nous entendons une conception tmitaire du monde formant de la connaissance que nous avons de l'univers un système suivi. Le monisme est l'idéal de la science ; il se réalise constamment dans les différents champs de l'investigation et repose sur ce fait que le Tout (et nous comprenons dans ce mot la sensibilité, la pensée et la volonté) forme une seule grande unité. Le véritable monisme diffère des autres systèmes philosophiques en ce sens que c'est moins un système complet qu'un plan systématique, laissant constamment la porte ouverte au progrès, aux corrections, aux additions et aux

m LK PKOBLEME DE LA CO\SaESr£ DT MOI

[icrfectiunneineots. C'esl la soIqUod de certains prultl^iiieii fondamcnlaus d'un caractère général fiuiiliijéi! comme mélhode pour les recherches iilU^rit'un'M dans les questioDS de détûl.

Uiiel 0^1 le monisme que nous reoconlroQS liabilui'llfiuenlî C'est une espèce d'unité artifilit-lluilo contfpt; c'est-à-dire un concept très large cl Ui'-i ^ém'ral dont on se sert comme d'une >;iaiitli' tuissc où l'on met en réserve toutes rliiiiis, que ce soit leur place ou non. 11 s'est uiii--i [uoduil (ilusieurs j^enres de pseudo-monismes sLiiv;uil qiiu l'un a choisi un concept ou un autre I uiiiLiii' iiiiilô fondamentale. Le monisme est -.l.iiiliu'l, si l'on choisit l'esprit comme terme L'iiitial ; iiiatt^riet, si l'on choisit la matière. Il v a aii>-<iiiiii(L;iKiMlicismenioniste,siunincoRnaissaï)ie fsl iulriiiiiiit en qualité de nouveau facteur auquel l'c^ltril l'I la matière sont rapportés comme trou- >">^l t>ii lui leur unité.

IcM iMiiiilH (le vue pseudo-monistiques ne sont (loM f(inc(>|iliijns unitaires du monde, ce sont liliildsiijiliios A concept unique ; il vaudrait

ui\ ji|i[i(i1tM' celle philosophie à concept unique

riii-'iiuf {(ii'invi^ de sw, svô;).

a, — (IIIJKCTIVITÉ ET SIIBJECTIVITIÎ

luiiUo relation existe-t-il entre la conscience moi cl le monde matériel de l'existence ob- .iveî

.a l'Oiiscionco du moi, n'étant pas objectivent visible, est souvent et peut être justement leléc notre for intérieur, tandis que notre

corps étant un objet visible et tangible parmi les objets du monde objectif, est regardé comme notre existence extérieure.

On a souvent dit que nous ne pouvons jamais pénétrer au dedans de la nature, que la nature ne nous montre que son dehors et le fameux naturaliste, Haller, exprime cette idée dans les vers suivants :

« In's Innre der Natur, « Dringt kein erschaffner Geist.

« Glûckselig wem sie nur « Die âussre Schale weist.

« Au cœur de la nature,

« Aucun esprit créé ne pénètre.

« Bienheureux celui auquel elle fait

« Connaître seulement Textérieur delà coquille. »

Les penseurs monistiques ne peuvent accepter cette manière devoir qui brise la nature en deux, à savoir en un dehors connu et un dedans inconnu. Nous déclarons bien hautementque la nature est partout et toujours zm^, et l'homme lui-môme, loin d'être exclu du sanctuaire de la nature intérieure, s'y meut et y a son existence. Dans ses souffrances comme dans ses jouissances, dans son développement comme dans sa caducité, dans ses progrès et dans ses défaillances, pendant sa vie et au moment de sa mort, l'homme est une partie intégrante de la nature et son âme est l'essence de l'essence du monde. Le monde montre ses dehors à l'être pensant, mais il y a un point où l'être pensant se trouve au dedans de la nature, c'est la conscience.

Gœthe, dans sa critique du dualisme agnostique

de Haller exprime cette idée dans les vers !

vaots :

< In's Innre der Halur.

du Philister!

« Ùringt kein eruthalfner Geist ! h

Hich und Geschwister

Mcigt ihr an solches Worl

Nur nichl errinnero ;

Wir denken : Ort fur Orl

Sind wir im Innera.

* Gtûckselig, wem sie nur

Die àustre Sckate weUt ! »

Das hôr'ich sechzig Jahre wiedertiolen.

Ich fluche drauf, aber verstohlen ;

Sage mir tausend, tauseod maie :

Ailes giebt sie reichlich und gern;

Natur hat weder kern

Noch Se haie,

Ailes isl sie mit einem maie ;

Djch prûfe du nur allermeist,

Ob du Kern oder Schale seist.

t Au cœur de ta nature, dis-tu, ô Philistin, « aucun esprit créé ne pénétre. • Ne répèle pas cela à moi et à mes frères. Nous pensons que partout où nous allons noua sommes dans son sanctuaire. < Bienheureux celui à qui elle fait connaître seulement l'extérieur de la coquille. • C'est ce que j'ai entendu répéter pendant soixante ans. J'ai pesté k ce sujet, mais en secret. Je me suis dit mille fois: La nature est riche et généreuse. Elle n'a ni noyau ni coquille. Elle est toute en un. Mais toi, examine avec sola si tu es noyau ou coquille.

10U3 appelons le dedans et le dehors s deux cboses différentes, mais deux

abstractions d'une seule et même ^présentant en elle deux relations difinsi la ligne AB est une seule et même la ligne SA, mais les mathématiciens

bien que AB n'est pas SA, car AB est

't LA NATURE DE LA CONSCIENCE DU MOI 13

juste l'opposé de BA : c'est BA renversé. De même mon existence subjective est un tout inséparable de sa manifestation objective et cependant, bien qu'elles ne fassent qu'un, elles sont différentes : la première est mon âme, la seconde est mon corps. Il peut être parfaitement vrai que la nature ne se révèle à nous que dans son objectivité, il n'en résulte pas que nous soyons ou devions rester à jamais ignorants à l'égard de sa subjectivité, car tout être conscient se tient pour ainsi dire au dedans de la nature; là la réalité existe par elle-même et sent sa propre existence. Le reste de la nature ne montre que son dehors ; le monde extérieur se tient du côté opposé comme un objectif et on l'aperçoit ainsi dans son apparence extérieure seulement. Son être est inconnu, et cependant Texpérience peut nous le faire connaître par ses effets. On ne peut pas le saisir d'une manière immédiate, mais seulement indirectement. Bref, l'objectivité n'est pas l'existence, mais la représentation de l'existence. L'âme est Texistence telle qu'elle est, mais le monde extérieur est l'existence telle qu'elle apparaît.

L'existence de la conscience n'est pas une théorie, mais un fait. C'est vraiment la nature de l'existence telle qu'elle est en elle-même et pour elle-même, partout oîi l'existence prend, pour ainsi dire, possession d'elle-même. Les effets du monde environnant sur un être sentant sont des impressions des sens et ces impressions des sens sont des images saisies avec vivacité par des sens divers, tels que la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, le toucher et le sentiment de la température. Lorsque les impressions de nos sens arrivent à

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