‹ Le problème de la conscience du moiChapitre 25 sur 42 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

L'homme n'est pas le total de toutes les particules matérielles dont, à im moment donné, il est composé. Chaque homme est une forme spéciale qui a pris figure dans la matière, et les particules matérielles ne sont pas les éléments réellement essentiels qui le font ce qu'il est. Dn homme pourrait avoir mangé la viande destinée à son chien, et celui-ci pourrait avoir happé le morceau que son maître mangeait , le chien pourrait aussi avoir respiré le même air que son maître et vice versa^ cela n'influeraiten rien sur l'assimilation pour chacun d'eux des particules matérielles en question. Dans l'estomac de l'homme, elles passent par un processus qui les change en chair et en sang humain, tandis que l'aliment dont s'est nourri un chien ou n'importe quel autre animal s'identifiera à cet animal.

Cela paraît merveilleux et cependant ce principe s'accorde évidemment avec la simple loi delà mécanique. Les matériaux peuvent être transformés mécaniquement en certaines formes. La forme d'une statue de bronze dépend du moule dans lequel le métal est versé, et les produits d'une

machine, que ce soient des clous, des épingles, des livres, des journaux ou de la quincaillerie, dépendent du mécanisme de la machine. La forme de la machine produit une forme spéciale de mouvement, car le mouvement des engrenages et des roues suivra celui des rainures et d'autres détails mécaniques; et, nécessairement, la forme du produit dépend de la forme des mouvements. Le processus de la transformation de la nourriture en chair et en sang est incomparablement plus compliqué que le travail d'une machine et, cependant, la base de la loi mécanique est la même dans Tun et dans Tautre. La différence de la forme dans le produit ne peut dépendre que de la différence des mécanismes. Dans les mécanismes vivants des substances organisées, dans les plantes, les animaux et l'homme, nous ne pouvons, même en ayant les procédés microscopiques à notre disposition, reconnaître que les traits les plus rudimentaires et les plus grossiers des différences mécaniques entre les innombrables molécules qui contribuent à former la sève des arbres et le sang des animaux. Ces différences de forme sont des problèmes pour l'investigation scientifique. Nous pouvons apprécier ces différences d'après le résultat, en comparant par exemple un cerveau d'animal et un cerveau humain; nous connaissons la plupart des conditions qui produisent ces différents résultats et, cependant, nous savons peu de choses sur les détails mécaniques des organismes, c'est-à-dire sur la manière dont les machines vivantes des animaux et des plantes s'assimilent la nourriture. Mais nous avons de bonnes raisons pour croire que le processus est tout à fait d'accord avec les lois mé-

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