‹ Le problème de la conscience du moiChapitre 28 sur 42 · MORT ET NAISSANCE · texte numérisé non relu

MORT ET NAISSANCE

La mort est la sœur jumelle de la naissance, et

[semble naturel de dire que tout ce qui vit doit

Uurir. C'est cependant une proposition dèmen- ( par les faiLs : il est plus exact de dire que

tsque créature qui est née, mourra. La naissance l le commencement d'un nouvel être et la mort in, mais nous reconnaîtrons aisément la

irité de ce fait que la naissance n'est pas un mmencement dans un sens absolu, pas plus e la mort n'est une fin absolue. Le eommen- PQenl et la fin de la vie individuelle sont rela-

fiLorsque nous étudions le problème de l'origine

la mort, nous devons répondre en même

nps à cette question : « Comment la naissance

Uelte venue dans le monde? »

Pour la nionère, il n'y a pa^ de naissance, elle se

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■veloppG et se divise, dépassant ainsi los limites f son existence individuelle. Il n'y a pas de lÈre el d'enfant monère, toutes sont seulement B résultats d'une division. La môme monère est

[ devant nous, non comme une seule m.isse coïj 1 renie, mais en deux parlîes. ^^

! processus est nn peu plus complique dailsH I les organismes unicellulaipes, comme, par exemple dans Yamœbo sphaerococciis). Cet amibe contient , un nucleus (A 6), un nucléole {A a) et son plasi [A c) encastré dans une membrane {A d). Lo) que l'amibe grossit, le nucléole se dédouble^

1 W slMivlatiué, Le iiajriin

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rie plasma déchire sa membrane (voir B). Chi I nucléole forme son propre noyau et le plaaS t entourant chaque noyau commence à se sépaqj ten deux, jusqu'à ce" que sa division soit coj Iplète.

F Le degré suivant dans l>volution d'un déw [ lopperaent inférieur à l'existence individuelle t I la gemmation. La gemmation est un procès^ CqueTon peut observer au printemps, surtout a lies arbres et les fleurs. Un bouton apparall 1 fccrolt rapidement jusqu'à maturité complète. PË

sieurs vers, quelque méduses et quelques coraux se multiplient par gemmation. Dans la gemmation, les parties ne sont pas égales, au début. Il V a une mère et un enfant, car la division est seulement partielle et Tenfant commence par être un germe.

La sporogénie qui vient après, n'est pas différente de la gemmation ; c'est une sécrétion des cellules germinatives, appelées spores. Les spores possèdent la faculté de reformer des structures identiques à celles qui composent l'organisme qui les a produits.

La sporogénie est le chaînon qui conduit à la génération sexuelle, qui est destinée à devenir, pour tous les degrés supérieurs de Téchelle des êtres, la seule méthode de procréation. Parmi cet ordre d'êtres dont la nature n'est pas encore assez définie pour pouvoir être classée soit avec les animaux ou avec les plantes, et que le professeur Hcjeckel appelle protistes, on peut trouver plusieurs exemples où la procréation des spores résulte de l'union de deux cellules individuelles. Ces cellules peuvent, en bien des cas, mais non toujours, être d'une nature homogène. Dans le cours de leur développement ultérieur, les deux cellules deviennent distinctes ; elles commencent à se séparer en deux éléments différents et complémentaires qui montrent une affinité mutuelle, semblables en cela à ces alcalis et à ces bases chimiques qui tendent à s'unir pour se changer en sels. Dès que ces deux éléments se différencient, nous avons des exemples de génération sexuelle.

La multiplication par division n'est pas entièrement limitée aux créatures les plus rudimentaires ;

nous la trou\ons aus^i parmi les animaux qui se

tiennent a un échelon relativement élevé de l'é-

— Conjugaison du chilodoD cucullulus.

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volution, beaucoup plus élevé, du moins, que les monères. Quelques polypes et, parmi eux, les coraux, se multiplient par division. Leurs bouches, qui ont l'apparence d'une fleur, deviennent de plus en plus larges, les deux lèvres opposées se rapprochent Tune de l'autre à la ligne médiane, jusqu'à ce qu'elles s'unissent. C'est ainsi que les deux coins de la bouche se trouvent tout à fait séparés et forment deux coraux sur une seule tige.

Il y a pour les animaux individuels qui naissent à la vie un grand avantage au processus de la multiplication par division. Dès son début dans la vie, chaque monère, chaque polype se trouve être une créature complète. Il n'y a pas pour eux à traverser un état d'enfance avec tous ses troubles et ses dangers ; car ces créatures font leur première apparition dans l'état de maturité. Il est naturel que la forme et l'âme de lorganisme original soient ainsi conservés dans tous les détails de ses parties. L'hérédité chez ces animaux n'est pas une similarité, mais une identité absolue.

Ces avantages sont perdus à mesure que la procréation de nouveaux individus se rapproche du système de la génération sexuelle. Les boutons sont d'abord très tendres et pourraient aisément être altérés avant d'être aussi forts que leur organisme maternel. Les spores sont incapables de se défendre et peuvent servir de nourriture aux nombreux animaux affamés qui les entourent et les dévorent. Plus nous nous élevons dans Téchelle de l'évolution, plus grandes sont les difficultés que rencontre le germe avant d'arriver à maturité. Cependant, ces désavantages pour rindividu sont bien contre-balancés par les avan-

lages supérieurs qui lui procurent les plus grandes possibilités de développement et de progrès. La lutte pour la vie devient plus ardente et cependant, c'est dans la lutte et par la lutte que les organismes deviennent de plus en plus forts ; ils s'adaptent aux conditions extérieures, d'abord inconsciemment puis consciemment et, dans Thomme, ils acquièrent ce don de prévoir et de généraliser qui fait de lui le roi de la création.

En somme, les animaux qui survivent ne le peuvent qu'au prix de grands efforts; ils étaient faibles au début, de sorte qu'ils ont dû apprendre à devenir forts ; ils étaient très imprudents en présence du danger, de sorte qu'ils ont dû apprendre à être sur leurs gardes dans les situations périlleuses. Ils ont eu, en toutes choses, à passer par une sévère école, et ils ont dû acquérir par eux-mêmes chacune des vertus qui peuvent les faire progresser.

D'innombrables individus, il est vrai, sont sacrifiés dans cette lutte pour l'existence ; cependant, leurs vies ne sont pas absolument perdues pour la patrie commune de la nature ; ils sont les martyrs du progrès, et la génération d'aujourd'hui vit des fruits de leur sacrifice.

Dans la génération sexuelle, il y a une alliance de deux individus, ce qui offre de plus grandes possibilités de perfectionnement. Les conditions dans lesquelles les germes complémentaires s'unissent et les proportions de leur mélange peuvent être différentes. C'est ainsi qu'une variété se produit. Elle se constitue par la sélection des créatures les meilleures, les plus fortes et les plus capables de survivre. Le conservatisme originaire de la vie qui tendait à reproduire exacte^^

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ment les ancêtres jusque dans les plus minutieux détails, est ainsi, non détruit, mais modifié ou modéré par la possibilité du changement. La vie devient plus belle ; et la nature , cette sévère maîtresse de la vie, a soin que les principes mauvais, indignes d'être préservés, cessent bientôt d'exister.

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