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La Deli Maatschappij. .: .,. ..: 58,4 0/0 La Deli Batavia Maatschappij. . . 25,6 0/0 L'Arendsburg Maatschappij. . . . 68,2 0/0 L'Amsterdam Deli Maatschappij . . 49,9 0/5 La Senembah Maatschappij. . . . 35,29 0/0
indépendamment de réserves variant de 40 à 132,8 % de capital émis.
Le tabac de Deli est vendu en Hollande, principalement à Amsterdam (1), et acheté par les maisons allemandes, américaines, hollandaises et par les régies étrangères (2). Les marchés étrangers, Brême entre autres, ont tenté de concurrencer le marché hollandais, mais sans succès. La vente a lieu en entrepôt ,sans recours, par soumissions cachetées et toute soumis-
sion doit émaner de un ou plusieurs courtiers de la place.
&$ 2. — La culture du tabac.
Nous avons précédemment exposé les raisons climatériques et géologiques grâce auxquelles la culture du tabac devait prendre une extension considérable à la côte orientale de Sumatra.
M. Octave Collet (3), donne les caractéristiques suivantes du tabac de Deli : Neutre de goût, sans la moindre âcreté (4), d'un arôme peu perceptible, 11 a surtout les qualités exigibles d'un tabac de couverture, c’est-à-dire l’élasticité, la souplesse, la résistance à l’enrobage, la combustibilité, la cendre absolu-
ment blanche, le soyeux au toucher, enfin un poids réduit au
(1) La récolte de 1906 a été vendue comme suit : Amsterdam : 228.316 balles ; Rotterdam : 40.125 balles.
(2) Autrichienne, française et italienne.
(3) M. Collet a publié une étude du tabac de Deli, dans le but d'initier les colons du Congo belge à cette délicate culture. En réalité, les conditions naturelles du Congo pas plus que ses ressources en main d'œuvre ne semblent favorables.
(#) Le tabac de Deli est plutôt légèrement âcre, son goût se rapprochant du Manille.
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minimum pour une surface maximum de parenchyme, qualité qui font de ce tabac l'idéal du tabac de robe (1).
La culture d'un produit aussi irréprochable ne peut être tentée en grand qu'à la condition de s'appuyer sur une excellente organisation du travail. La plante et plus tard la feuille, subissent en effet des manipulations minutieuses et variées qui exigent un personnel nombreux et bien exercé (2).
Les terrains à planter doivent être préparés longtemps à l'avance, environ sepl à huit mois avant le repiquage du tabac.
En forêt vierge, le planteur doit avant tout faire creuser les canaux de drainages. On procède ensuite à un profond labour (30 à 45 cent.), mais avant l'abattage et l’incinération de la forêt, qui n'ont lieu que lorsque les bois sont suffisamment secs, soit au bout de cinq à six mois. S'il s’agit au contraire de terrains précédemment plantés et couverts d'herbes et de jeunes taillis, ‘le labour suit immédiatement l'abattage et l'incinération ; le planteur fait en même temps curer les anciens canaux de draînage et en fait creuser de nouveaux, s'il y a lieu.
Ce premier labour est suivi quelques mois après, en Janvier et février, d’un second labour qui doit être terminé dans les premiers Jours de mars.
Les premières pépinières (bibit) sont semées à la fin de janvier ; à partir de cette date, on en sème tous les cinq à sept jours, à raison de deux par champ, aussi longtemps que la plantation n’est pas entièrement terminée. Une pépinière de 15 pieds de long sur 3 pieds de large peut fournir 1.000 à 1.500 bons plants. Les graines de tabac sont d'une ténuité extrême ;
leurs qualités germinatives sont préalablement contrôlées, puis
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(2) Cf. Conférence du résident Kooreman à la Société indienne de la Haye’ 8 janvier 1901, p. 1# des comptes rendus.
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on les sème à la volée, mélangées à des cendres ou à du sable tamisé.
Lorsque les plants sont suffisamment développés, environ 45 à 00 Jours après l'ensemencement, on procède à leur transplantation par un repiquage en lignes, opération longue et minutieuse, et qui demande à être faite avec le plus grand soin afin d'éviter que les racines ne soient recourbées et ne soient insuffisamment enfoncées en terre. Quelques planteurs abritent le jeune tabac avec des planchettes fichées en terre à l’ouest du plant, afin de le protéger de l’ardeur du soleil de l'après-midi ; d’autres, moins sages, se bornent à les arroser sans les abriter.
Pendant la période de végétation qui suit, il faut surveiller activement les plants, détruire les mauvaises herbes, faire la chasse aux vers et aux insectes. [uit à quinze jours après le repiquage, suivant que le temps est plus ou moins favorable, il faut faire un premier buttage, assez fort pour enterrer la plante et ne laisser sortir que le cœur :; ce premier buttage est suivi d’un second et d’un troisième, au fur et à mesure que la plante grandit. |
Les feuilles les plus rapprochées de terre (zandblad) peuvent être récoltées 40 à 45 jours après le repiquage ; ce sont les 4 ou 5 premières. Huit à dix jours après, on peut commencer la cueillette des feuilles de pied (voetblad), puis celle des feuilles du milieu (middelblad), et enfin celle des feuilles du sommet (topblad) ; les planteurs soucieux du bon renom de leur plantation ne récoltent pas ces dernières, grossières et extrêmement foncées.
Les feuilles les plus estimées sont les plus rapprochées de terre ; leur valeur diminue au fur et à mesure qu'elles occupent une place plus élevée sur la tige, car elles deviennent de plus en plus foncées et grossières.
Un pied moyen de tabac porte 20 à 22 feuilles ; les 4 à 6
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feuilles les plus rapprochées du sommet (lopblad) étant sans valeur, il ne reste guère que 14 à 16 feuilles par pied qui vaillent la peine d'être récoltées et encore à la condition de n'être ni trouées ni déchirées à l'excès, car le tabac de la côte est de Sumatra est exclusivement employé comme cape.
Dans les terrains pauvres, comme c'est aujourd'hui le cas pour la plus grande partie des terres de Deli proprement dit, épuisées qu'elles sont par les cultures réitérées du tabac et du riz, beaucoup de planteurs font procéder à l’'écimage ou suppression, par pincement, du bourgeon terminal du plant ; cette opération favorise le développement des feuilles restantes.
Lorsque les feuilles sont arrivées à maturité, les coolies les récoltent feuille par feuille, en prenant bien soin de ne pas mélanger les différentes espèces de feuilles, zandblad, voetblad, middelblad, topblad, et les suspencent dans des granges de dessication (bangsall), bâtiments de 60 à 70 mètres de long, de 24 à 28 mètres de large et de 10 à 11 mètres de haut ; ces granges sont munies de nombreux auvents, que l’on peut ouvrir ou fermer à volonté, suivant qu'il y a lieu de ralentir ou d'accélérer la dessication et suivant que le temps est plus ou moins sec et humide.
Au bout de 20 à 25 jours, les feuilles sont suffisamment desséchées pour être fermentées. Le tabac est alors attaché en manoques de 50 à 60 feuilles et transporté dans de grands paniers recouverts" de nattes (bakoels) dans la grange de fermentation.
Les granges de fermentation sont de vastes bâtiments de 80 à 100 mètres de long sur 20 à 25 mètres de large ; elles sont planchéiées sur toule leur surface, munies d’auvents tous les six pieds et leur pourtour sert à l’assortiment.
Le tabac sec y est mis en staples (1) de 25 à 50 pikoels (1.500
(1) Tas formés de couches successives disposées avec ordre.
à 3.000 kilogs) et la fermentation commence presque immédiatement ; lorsque le centre du staple a atteint la température voulue par le planteur, ce qu'il constate à l’aide de thermomètres placés dans des bambous engagés dans les staples, on défait le staple et on le réunit à un autre qui a atteint la même température ; on laisse fermenter à nouveau à une température supérieure à celle atteinte la première fois, on redéfait alors ce staple pour le réunir à un autre de même grandeur, puis on recommence cette opération jusqu’à ce que tout le tabac ait atteint une température donnée, généralement 60 à 66 degrés centigrades.
Les feuilles fermentées changent légèrement de couleur; elles foncent, prennent beaucoup de souplesse et de brillant, deviennent soyeuses et acquièrent un arôme et un parfum très doux.
L'opération de la fermentation est extrêmement délicate. Quand elle est trop rapide, une partie des feuilles foncent énormément, tandis que d’autres pourrissent ; quand elle est trop lente, le tabac se dessèche, ne fermente plus, conserve la couleur de feuille morte, n’acquiert aucun arôme et se gâte ensuite en balles.
Il est impossible de donner des règles précises à ce sujet, car la façon de conduire la fermentation varie suivant le temps qu'il a fait pendant le développement du plant, suivant les terrains cultivés et enfin suivant la qualité du tabac (zandblad, voetblad et middelblad). La fermentation dure de 4 à 5 mois et demi.
La fermentation terminée, on procède au triage.
On distingue 4 catégories principales : le zandblad (feuille de terre) comprenant 4 ou 5 feuilles ; le voetblad (feuille de pied), comprenant 5 ou 6 feuilles ; le middelblad (feuille du mi-
lieu), comprenant 5 ou 6 feuilles et enfin le topblad (feuille du
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sommet), comprenant également 5 ou 6 feuilles que les planteurs, nous l'avons vu, ne récoltent généralement pas.
Chacune de ces catégories esl assortie à part, suivant les couleurs des feuilles, suivant leur finesse, leur souplesse, leurs longueurs, suivant qu'elles sont plus ou moins mouchetées et qu'elles sont entières où déchirées, les feuilles même très légèrement déchirées perdant les trois quarts de leur valeur.
L'assortiment qui dure environ 2? ou 3 mois est d’une importance capitale, car la valeur du tabac varie suivant la qualité du simple au décuple ; il demande de la part de l'Européen qui en est chargé une grande habileté, une excellente vue pour l'appréciation des couleurs, beaucoup de goût, une extrême attention et une parfaite connaissance du tabac. Peu d’'Européens en soni réellement capables et c'est pourquoi les importateurs de tabac de Sumatra à Amsterdam, se plaignent constamment des assortiments mal faits.
L'assortiment terminé, le tabac est mis en balles qui portent des marques indiquant la provenance, la qualité et la longueur des feuilles. Cette opération exige également de la part du planteur la plus extrême attention, afin d'éviter que dans la même balle ne se trouve du tabac de qualité inférieure à celle indiquée ; en cas d'erreur, le planteur s'expose en effet à de gros dommages-intérêts ainsi qu’à, ce qui est infiniment plus grave, la dépréciation définitive de sa marque sur le marché.
Cet exposé rapide, bien qu'il ne donne qu'une idée tout à fait élémentaire des opérations multiples relatives à la culture et surtout à la manutention du tabac, permet de se rendre aisément compte de la quantité de main d'œuvre indispensable et de la nécessité de son emploi méthodique (1).
(1) Cet aperçu est absolument conforme aux méthodes actuelles d’exploitations, —V. sur la culture du tabac, à part les ouvrages de langue française, relativement anciens, dus à MM. Laurent et Collet, les ouvrages hollandais de