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a). — Chinois.
Les Chinois sont de beaucoup les plus nombreux. On les affecte surtout au travail des champs ; seuls les malingres sont en général occupés dans les granges de triage. Ils sont divisés en équipes d'environ 30 hommes, commandées chacune par un conitremaïtre nommé « tendyl ou tandil ». Les diverses équipes d'une même entreprise obéissent à un chef tendyl (tendyl besar), chargé de transmettre et de faire exécuter les instructions de l'administrateur et des assistants, et surtout de faire régner le bon ordre parmi les coolies. |
Le Chinois est en général un ouvrier incomparable, consciencieux, travailleur et économe ; on peut tout attendre de son labeur acharné en le traitant équitablement. Les tendyls, les chefs tendyls et les assistants, en rapports constants avec eux, peuvent, chacun dans sa sphère, avoir une influence favorable sur la qualité des produits, en s'inspirant de ce principe de justice et en taxant à leur valeur réelle Les feuilles apportées par chaque coolie à la grange de dessication.
Dans les premières années de la culture, le recrutement de la main d'œuvre chinoise était loin de répondre aux desiderata des planteurs. Les causes de cette difficulté tenaient surtout aux idées propagées dans les associations secrètes par les riches Chinois propriétaires de mines d’élain. En effet, quand les planteurs de Sumaira décidèrent de faire appel à la main d'œuvre chinoise, il résulta de cette nouvelle concurrence une
hausse générale des salaires qui se répercuta dans les mines,
suit la composition des forces ouvrières répandues actuellement dans les plantations de la résidence de Deli : 80.000 Chinois, 20.000 Javanais des deux sexes, 20.000 Hindous (Bengalais et Sicks), 500.000 Baniares et Malais, 2.000 Européens. Cette composition est en réalité très variable ; de plus, la main d'œuvre aborigène, employée intermittemment, ne peut être dénombrée exactement.
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pores au grand préjudice des exploitants. Ceux-ci surent habilement profiter de leur influence dans les clubs pour se livrer en Chine el dans les straits à une propagande sournoise, tendant à présenter sous un jour pessimiste le traitement appliqué aux coolies de Sumatra.
Le rapide développement économique de Deli nécessita un nombre de coolïes toujours croissant et le besoin de s'assurer leur concours amena les planteurs à consentir aux racoleurs chinois des courtages exagérés. Ceux-ci, alléchés par un bénéfice facile, excitèrent trop souvent les ouvriers à la désertion pour multiplier leurs opérations lucratives. De plus, le taux des avances exigées par les coolies augmenta continuellement et les entrepreneurs, divisés, ne craignirent pas de surenchérir les uns sur les autres et d'encourager ainsi les abus criants dont ils furent les premières victimes.
La baisse du prix de l’étain n'aurait pas été un pallatif suffisant, si les planteurs se constituant en association, n'avaient décidé de substituer à l'anarchie existante une réglementation uniforme des salaires et des acomptes. La situation s’améliora ainsi sensiblement. L'association des planteurs n’avait pourtant pas reçu l'adhésion de tous les entrepreneurs ; beaucoup préférèrent garder leur liberté et cette divergence d'intérêt entraîna jusqu'en 1891 des compétitions répétées entre le comité et les planteurs indépendants (1).
Cetle rivalité, aggravée encore par suite de la violation des règlements de l'association par les adhérents eux-mêmes, atteint son apogée vers 1889, au moment où la culture du tabac débordant Deli s’étendit très à l'est et où la pénurie d'ouvriers se fit
(4) La majorité des planteurs refusèrent leur adhésion dans la crainte d'être écrasés par les grandes sociétés et de se voir imposer par la majorité de l’association, des conditions contraires à leur intérêt. Quelques-uns d’entre eux formèrent, du reste, une seconde association.
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plus cruellement sentir. Maïs à cette époque, le bill Mac Kinley (1890), en inaugurant un tarif prohibitif, et en fermant le marché américain au tabac de Sumatra, entraîna directement ou indirectement la ruine d’un grand nombre de plantations, et eut pour effet de rétablir un équilibre relatif entre les offres et les demandes de main d'œuvre chinoise.
Actuellement, les employeurs se plaignent encore quelquefois des difficultés qu'entraîne le recrutement des coolies chinois; la principale cause réside dans la mise en exploitation récente de pays neufs qui attirent une partie de l'immigration chinoise. Ces difficultés se manifestent surtout lorsque, par suite de désertion, de décès ou de maladie, le contingent ouvrier d’une entreprise se trouve tout à coup diminué. L'interruption du travail est incompatible avec la minutie extrême exigée par la culture et la manutention du tabac et il siérait d'avoir à porter une réserve d'ouvriers indigènes permettant de l’éviter.
C'est pour cette raison que certains planteurs préconisent l'adaptation nouvelle à la culture du tabac des Javanais recrutés à Batavia et à Samarang, en s’efforçant d'éliminer de ce recrutement les éléments médiocres qui en forment encore actuellement la majorité (1).
La main d'œuvre chinoise à gagné depuis quelques années en nombre et en qualité sous l'influence d’un mode de paiement nouveau. Le Chinois, bien qu'actif et économe, résiste diffici-
(1) Des essais ont été tentés antérieurement. Il serait bon de les renouveler dans de meilleures conditions et sur une plus grande échelle, ne fût-ce que pour se procurer une main d'œuvre subsidiaire.
Les Javanais du centre de Java, actuellement importés en majorité, sont très inférieurs à ceux de Bantam ou de Préanger, par exemple.
D'après les essais tentés, les Javanais n'arrivent à surveiller que 6 ou 8.000 pieds de tabac, alors que les Chinois plantent et soignent parfaitement 15 à 20.000 pieds. Les avis des planteurs sur la valeur des Javanais, sont du reste très partagés.
08 2 lement à la tentation de l'opium et surtout du jeu. Au terme de son contrat, mis en possession du reliquat de son salaire, il arrivait qu'avant son retour en Chine et souvent même avant d'atteindre Penang ou Singapour, le jeu l'en avait privé complètement, à tel point qu’il lui fallait renoncer à l'espoir de revoir les siens et conclure un nouveau contrat.
Pour remédier à cet inconvénient, certains planteurs ont pris depuis quelques années l'habitude de règler les coolies chinois en chèques, payables à Swatow, chez leurs correspondants (1).
Cette méthode nouvelle à le plus heureux effet et stimule singulièrement l'immigration chinoise à Sumatra. Les parents et amis du coolie, attirés par le gain, suivent souvent son exemple et l'accompagnent à son prochain voyage.
L'employeur passe avec l’'ouvrier chinois une convention à la signature de laquelle 1l lui verse un acompte variant entre 25 à 35 florins (2). Le coolie s'engage à planter du tabac, à entretenir un champ (3) délriché et à apporter les plants à la grange de dessication.
Le salaire à la journée ou au mois a été repoussé par les planteurs après quelques expériences défavorables. Le salaire aux pièces est universellement adopté et donne les meilleurs résuliats. Le coole chinois reçoit de 8 fl. 40 à 11 fl. 50 par 1.000 plants, suivant la beauté du produit. Il a droit pendant la culture à une avance d'environ 4 florins tous les quinze jours, ga-
(1) Ce mode de règlement n’est cependant pas général et n'est en tout cas adopté que du consentement du coolie.
(2) Le florin des Indes néerlandaises (2 fr. 10) est depuis peu l'étalon officiel. Il a remplacé le dollar des straits settlements, dont la valeur était très variable et est actuellement stabilisée à 4 fl. 40,
(3) Ce champ (Kebon) a en moyenne une profondeur totale de 300 mètres et une largeur de 25 mètres, 90 champs forment une division (afdeeling), surveillée par un assistant, et chaque division se compose de 3 subdivisions (Kongci), comprenant chacune 30 champs et placées sous les ordres d'un contremaitre indigène (tendyl chinois ou mandoer javanais suivant les cas). Ces chiffres ne donnent que des moyennes variables avec chaque entreprise.
rantie par le tabac sur champ (1). Toutes les avances versées au cours des travaux sont portées à son débit ainsi que le prix des outils fournis par la direction et celui des frais accessoires faits pour son champ.
L'évaluation des feuilles livrées au séchoir permettra l’apurement du compte de chaque coolie : au cas le plus général, un reliquat sera porté à son crédit, mais ne lui sera versé intégralement qu'au terme de son contrat, soit après le triage, l’assortiment et la mise en balle. Ces dernières opérations font du reste l'objet d'un paiement spécial, exclusivement aux pièces. Au cas où son débit dépasserait son crédit, 11 devait, il y a quelques années encore, rester à la disposition de l'exploitation jusqu'à extinction complète de sa dette. Désormais ce système est modifié au préjudice du planteur ; au terme de son contrat et quelle que soit sa dette envers l’entreprise, le coolie est affranchi de toute obligation.
L'association des planteurs possède maintenant ses recruteurs particuliers et subventionne des bateaux qui font un service régulier entre la Chine et Déli (2) ; dans ces conditions, les frais d'immigration d’un singkeh (3) chinois ne sont pas inférieurs à 80 dollars, soit environ 240 francs (1909).
La liberté de l’enrôlement des coolies en Chine est assurée par le traité du 15 octobre 1868 entre la Chine et la Hollande, qui contient au profit de celle-ci la clause de la nation la plus favorisée (4).
(1) Chiffre minimum fixé par l'inspection du travail (1909).
(2) Nous parlerons plus loin du « Bureau d'immigration » créé par l’association des planteurs pour recruter les coolies à Swatow, à Canton et dans les straits. Le règlement du Bureau dont il est impossible de faire l'analyse succinte et dont nous donnons la traduction intégrale en appendice, est intéressant à étudier comme type de réglementation privée, bien que l'association ne comprenne que la minorité des planteurs.