‹ Le problème de la main-d'œuvre dans les colonies d'exploitation: La Côte est de SumatraChapitre 33 sur 58 · OUI ES · texte numérisé non relu

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À l'encontre des coolies chinois, les coolies javanais sont pour la plupart mariés, la régularité de leur travail est ainsi plus assurée ; de plus, les femmes constituent un appoint de main d'œuvre très apprécié. Les Javanaises sont préférées pour quantité de travaux délicats, l’assortiment et l'emballage du tabac par exemple ; elles s’y révèlent plus habiles et plus laborieuses que les hommes. Elles sont payées au mois (1), mais quand ül est possible, les planteurs adoptent le salaire aux pièces, appliqué à la main d'œuvre en général.

Le système des avances, malgré tous les reproches qu’on a pu lui adresser, s’est surtout imposé au planteur dans ses rapports avec les Javanais. Le coolie Javanais, incapable d’un effort soutenu, ne peut se résoudre à d'autre labeur que celui qu'il juge indispensable à ses besoms immédiats ; 1l glisserait littéralement entre les doigts du patron, si celui-ci n'avait les movens de le retenir à la glèbe.

Au point de vue religieux enfin, qu'on se garde de confondre le fanatisme du Malais avec la tièdeur du Javanais (2). Si les Soendanais de Bantam et du Préanger et les Madoerais de Besoeki font preuve d’une certaine ardeur religieuse, la masse des agriculteurs javanais et des coolies émigrants, en perdant l'idéal boudhiste, anéanti par l'Islam, a conservé les superstitions et les coutumes du passé ; elle interprète largement les prescriptions du Coran et s’abstient en général des 5 prières quotidien-

nes répétées ponctuellement par les Malais.

c). — Hindous. — Bayans. — Bantams. — Baniares.

Les Hindous de la côte de Coromandel et les Klings de Mala-

(1) Elles sont payées 24 cents par jour et fl. 7.20 par mois.

(2) V. sur l'échec relatif de l'Islam à Javas: Cnaizcev-BErr, op. cit., p.28et suiv., qui l’attribue à l'athéisme politique de la communauté hollandaise qui n’a pas donné aux musulmans javanais le stimulant de la persécution.

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bar sont employés pour les draînages et pour la construction des routes. Ce sont d'excellents bouviers et les planteurs préfèrent recourir à eux plutôt qu'aux Javanais pour tous les soins à donner au bétail. On est moins d’accord sur leur valeur comme palefreniers ; le Kling n'est pas toujours d’une tempérance suffisante pour qu’on puisse sans arrière-pensée lui confier des chevaux de prix qu'il brutalisera dans ses moments d'ivresse. Mais en général ses besoins sont minimes et son instinct d'épargne très développé.

Il résiste au climat le plus malsain, et cette circonstance fait regretter son inaptitude à la culture du tabac. Les essais tentés ont donné des résultats déplorables, très inférieurs à ceux fournis par les Javanais. Le Kling s’est toujours refusé à se lier par contrat de longue durée comme le Chinois, préférant effectuer un travail convenu à la journée, et s’en débarrasser rapidement pour jouir du plus de liberté possible. Malgré sa robustesse et son endurance remarquables, qui le rendent particulièrement apte aux fonctions de messager, il est en général poltron et sa saleté est proverbiale.

Le gouvernement britannique s'est toujours opposé à l’immigration des Klings à Deli ; il prohibe sévèrement leur recrutement dans les straits et n'y eut donné son consentement que si le gouvernement des Indes néerlandaises eut toléré la présence constante d’un fonctionnaire anglais, chargé de la protection des immigrants. Cette prétention inadmissible a rendu toute entente impossible. Actuellement les Hindous s’asbtiennent donc de tout contrat préalable et viennent à Deli individuellement, prenant sur leurs passeports la qualité de tailleurs, de barbiers, de blanchisseurs ou d'orfèvres (1).

Les Bengalais, d'une stature en général élevée, très décora-

(4) Comp. sur l'immigration des coolies hindous, Bascer, Mouvement de la législation coloniale, p. 191.

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fs, sont presque tous d'anciens soldats des Indes ou Sicks. Leur aspect militaire s'accorde peu avec leur pusillanimité. Leur résistance au sommeil en fait pourtant d'excellents auxiliaires comme gardiens et veilleurs de plantations (1). Le prêt usuraire constitue leur principal revenu.

Les Boyans, viennent de l’île de Bawean par Penang ou Singapour et sont tous constructeurs de séchoirs et autres bâtiments grossiers. Musulmans très croyants, ils sont d’un caractère paisible et leur travail, bien que lent, est en général appréclé.

Les Bantams, originaires de la province de Bantam (Java), se sont également spécialisés dans les constructions, les charpentes et les toitures en ataps ; ils s’y montrent plus habiles que les Bataks.

Enfin les Baniares, de Bandjermassim-Bornéo, plus civilisés, sont de préférence employés aux constructions qui exigent un soin particulier et à l'effeuillage du tabac.

(1) Cfr. supra, p. 10, note 3.

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