‹ Le problème de la main-d'œuvre dans les colonies d'exploitation: La Côte est de SumatraChapitre 40 sur 58 · SE PUR · texte numérisé non relu

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pects, en corrigeant sur bien des points la législation en vigueur, il réussit à étendre considérablement les plantations de café et à ramener la prospérité dans les campagnes.

Son successeur, sir Stamford Raffles, fonctionnaire du service civil des Indes Anglaises, inaugura un régime nouveau. Dans sa proclamation à la population du 15 octobre 1813, il décréta l'abolition du système des contingents et des cultures forcées, sauf pour le café dans la régence de Préanger, et les plantations et coupes de bois dans les districts forestiers, mais sous la surveillance d’un corps de contrôleurs, dirigé par un inspecteur général ; il maintenait en outre le service des prestations en nature pour l'entretien des routes et des ponts et la réquisilion des moyens de transport nécessaires au service du gouvernement.

Enfin, Raffles décida l'introduction de l'impôt foncier à Java, sous forme de redevance annuelle, proportionnée à l’'importance des récoltes de chaque propriétaire, et en confia la perception aux chefs des dessas (1), élevés à la dignité de fonctionnaires fiscaux (2).

Quand les Pays-Bas recouvrèrent Java, les commissaires généraux chargés de la réorganisation admimistrative se heurtèrent au même problème que Daendels et Raffles : ou revenir au système des cultures forcées adopté autrefois par la compagnie, ou laisser aux indigènes la liberté du choix des cultures en exigeant leur contribution aux charges de l'Etat.

Les commissaires appliquèrent la solution libérale ; optant

(1) V. supra, p. 26, note 2.

(2) La création de l'impôt foncier à Java a soulevé certaines difficultés juridiques ; le gouvernement reconnaissait-il implicitement aux cultivateurs la qualité légale de propriétaires fonciers ? Pour couper court à toute discussion, Raffles décréta que le souverain conservait le domaine éminent de toutes les terres de Java; le gouvernement des Indes s’inspirera ultérieurement de

cette décision de principe pour affirmer pratiquement sa qualité de propriétaire,

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pour le système de Raffles, ils décrétèrent la liberté des cultures en en exceptant la culture du café dans la régence de Préanger et les plantatations et coupes de bois dans les districts forestiers. [ls cherchèrent ensuite, par une réorganisation rationnelle de l'administration européenne et indigène, à donner plus de sécurité aux capitaux engagés dans les diverses entreprises, et s'efforcèrent, sans soustraire la population à l'autorité des chefs indigènes, de faire de ceux-ci de simples fonctionnaires du gouvernement, soumis au contrôle européen (1).

Les résultats du système du « travail libre » depuis le départ des commissaires généraux jusqu’à l'entrée en fonctions du gouverneur Van den Bosch, soit de 1819 à 1830, ne répondirent pourtant pas aux espérances de ses promoteurs, et le gouvernement ne sut prendre pour y remédier que des mesures vexatoires et sans utilité réelle (2). Les producteurs, découragés, ne trouvant aucun intermédiaire à qui vendre leurs récoltes, se désintéressèrent en partie de la culture du café et les cheîs indigènes, malgré l'interdiction récente, continuèrent leurs opérations commerciales. Enfin, les cultivateurs, contraints de payer un loyer officiel de 8 florins par unité nécessaire à la récolte d’un picu] de café, ne purent tirer de l'acheteur ou du chef de dessas qu’un maximum de six florins ; ce travail à perte, imposé par une réglementation scandaleuse, accula rapidement les indigènes à la ruine.

La liberté de l'exploitation ne fut, du reste, jamais réalisée en pratique, puisqu'en 1823, à l'expiration de la première pé-

(4) Hs crurent y parvenir en ordonnant que les traitements des princes consisteraient toujours en argent et jamais en terrains, qu'ils devraient toujours s'abstenir d'opérations commerciales et industrielles et ne jamais traiter directement avec les dessas.

(2) C'est ainsi qu’en 1821, le gouverueur général n’hésita pas à menacer des peines les plus arbitraires quiconque élèverait des constructions destinées au commerce ou à l'industrie dans un certain rayon du palais des résidents,

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riode de location des plantations de café, le gouvernement en imposa aux preneurs le renouvellement et les obligea à continuer les cultures.

Les « Vorstenlanden » (1) seules jouirent d’une prospérité relative par suite d’une coutume javanaise particulière. En effet, les princes y avaient pris l'habitude de récompenser leurs courtisans en les autorisant à prélever pour leur compte personnel le montant d'une ou plusieurs tournées fiscales (2) ; ceux-c1 affermaient le plus souvent les impôts qui leur étaient octroyés à des Européens, qui stipulaient à leur tour des contribuables indigènes le paiement des impôts en nature et expédiaient ensuite sur le marché européen les produits agricoles qu'ils obtenaient.

cependant, le 6 mai 1823, le gouvernement prohiba toute entente de ce genre entre entrepreneurs et producteurs, sous le prétexte que l’afflux sur le marché de nouvelles cargaisons de café déterminerait une baisse des cours qui serait fatalé au pays. Le résultat de ces mesures, prises par le gouverneur Van der Capellen, fut d’acculer les colonies à une situation déplorable (3), de rebuter les initiatives privées et de susciter la révolie de Diepo-Negoro qui dura de 1826 à 1830 et coûta au Trésor 32 millions de florins.

Le ministre des colonies Elout se décida alors à rappeler Van

der Capellen, et le vicomte Du Bus de Gisignies, nommé com-

(1) Vorstenlanden ou principautés indigènes, derniers refuges des anciennes traditions, seuls endroits où subsiste encore à Java le protectorat proprement dit; Java n'en contient plus actuellement que deux: Soerakarta et Djokjakarta. Les sultans y sont du reste impuissants. L'administration y est confiée à des vizirs ou rijksbestuurder, conseillés par des résidents hollandais.

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