V. Caarrev-Berr, Java ef ses habitants, p. 151 et
(2) Les princes javanais prélevaient les impôts par « tournées fiscales ».
(3; Pour la période 1820-1826, le déficit avoué fut de 21 millions de florins.
Le
missaire général, partit aux Indes avec mission d'examiner sur place tous les moyens d'économie possible et d'étudier, si, d'après l'expérience des dernières années, un retour aux principes de 1818 avait quelque chance de succès.
La première partie de sa mission devait aboutir au relèvement des finances coloniales : l'administration fut entièrement réorganisée, on stimula les planteurs de canne en leur consentant des avances pécuniaires, on aulorisa à nouveau, dans les « Vorstenlanden » le système prohibé par Van der Capellen, on revint pour la culture du café à des règlements plus favorables aux producteurs.
Mais comme la situation obérée du Trésor (1) exigeait l’adoption de mesures immédiates (2), le gouvernement hollandais donna son approbation au nouveau plan proposé par le gouverneur Van den Bosch pour ramener rapidement la prospérité des cultures et l’activité du marché.
Le nouveau gouverneur déclarait inévitable l’échec d'un système de production libre pour les denrées de consommation européenne, tant que l'emploi d'esclaves aux Indes occidentales y permettrait un prix de revient inférieur.
L'ancienne contribution foncière était acquittée en nature par
l'abandon des deux cinquièmes des produits du sol ;‘doréna-
(1) Borssevain, La delte nationale néerlandaise depuis 1814.
(2) Précisément à cette époque, la société de commerce néerlandaise, fondée en 1824 et qui bénéficiait de la garantie d’intérêt de l'Etat, avait réclamé son intervention pour une somme supérieure à 3.500.000 florins.
Cette stagnation des affaires était certainement imputable à Van der Capellen, qui, en entravant le progrès des cultures coloniales, avait amené une diminution correspondante des importations.
La société en question fut fondée à Amsterdam en 1824, au capital de 37 millions. Inspirée de l'ancien système du monopole, la première charte était donnée pour 25 ans; le roi Guillaume [°r garantissait un intérêt de 4 1/2 0/0 et était lui-même un des principaux actionnaires, V,. GonnauD, La Colonie Hollandaise à Java, et Money, Java or how {o manage colony, p. 87.
L'ÉÉSS
vant, le gouvernement se substitua au chef des dessas et obligea les indigènes, au lieu de livrer simplement leurs récoltes, à planter le cinquième de leurs champs en café, sucre, indigo, thé, poivre et canelle, dont la culture n’exigeait ni plus de temps ni plus de soins que celle du riz. Van den Bosch déclara en outre qu'il pourrait disposer à son gré du cinquième du labeur des producteurs en l'appliquant aux cultures qu'il désignerait.
L'administration appréciait la valeur des produits ainsi obtenus el, si son montant dépassait la contribution foncière acquittée antérieurement par l'indigène, lui en restituait le surplus à titre de rémunération. Le gouvernement prenait en outre à sa charge les risques inhérents à la culture, cyclones, incendies, etc.; enfin, le système était théoriquement exclusif de toute contrainte et l’indigène libre de préférer le maintien de l'ancien impôt foncier.
Dès l'approbation officielle de ses idées par le règlement de 1830, Van den Bosch procéda à la transformation dans les dessas de l’ancien impôt foncier. Mais comme il fallait avant tout restaurer les finances et stimuler le commerce, le souci du bienêtre des producteurs et l'observation de règlements équitables à leur égard furent relégués au second plan. L'administration mit simplement les indigènes en demeure de planter de canne et d’indigo un cinquième de leurs champs; quant à la rémunération promise, lorsque, d’après l'évaluation officielle, la valeur des récoltes dépassait le montant de l’ancien impôt foncier, elle fut presque toujours dérisoire et souvent même le gouvernement ne se gêna pas pour la supprimer arbitrairement.
Van den Bosch, pour exciter le zèle des fonctionnaires européens el javanais, leur abandonna une part proportionnelle à la valeur des récoltes livrées au gouvernement et rétablit les princes indigènes dans leur ancien droit de posséder. Enfin, certaines inalières premières exigeant avant l'expédition une