DR, EE
l'Angleterre entama de nouvelles négociations qui aboutirent au traité du 2 novembre 1872.
La Hollande s'engageait à faire bénéficier le commerce britannique des avantages qu'elle obtiendrait pour le sien propre, étant stipulé que cette clause s’étendrait non seulement au sultanat de Siak mais encore à toutes les possessions qu'elle pourrait acquérir par la suite à Sumatra. En revanche, l'Angleterre renonçait à protester contre toute extension de l'influence hollandaise à Sumatra. Ces conditions équivalaient à l’annulation de la clause restrictive du traité de 1824 ; elles rendaient aux Pays-Bas leur liberté d'action contre Atjeh, mais en maintenant pour eux l'obligation d'y réprimer les brigandages et la piraterie.
Le sultanat lui-même était placé définitivement sous le protectorat des Pays-Bas. Le sultan s’interdisait tout acte belliqueux, toute correspondance ou toutes relations avec d’autres Etats, toute location de terrains à des étrangers sans l’autorisation du résident hollandais. La désignation de son successeur par les grands de l'Etat était soumise à l'agrément du gouvernement général des Indes. Enfin, celui-ci se réservait la faculté d'établir certains impôts (1).
Le traité de 1872 entraîna immédiatement l'ouverture des hosilités contre Atjeh, guerre désastreuse, qui, depuis trente-six ans, impose aux Pays-Bas de lourds sacrifices en hommes et en argent (2). Le pays est en perpétuelle fermentation, à tel point que l'autorité civile n’a pu jusqu'ici remplacer définitivement l'élément militaire et travailler au développement économique du pays ; les Atchinois, bien que parmi les indigènes les plus
(1) Par le même traité, la Hollande cédait à l'Angleterre ses colonies africaines de la côte de l'Or.
(2) A la même date se place le soulèvement des Bataks de la côte est, promptement réprimé du reste.
CE
énergiques et les plus laborieux de l’Insulinde, font preuve d'une duplicité et d'un fanatisme tels, que le problème de la pacificalion n'a pu encore être résolu.
Un essai remarquable vient d'être tenté qui donnera peut-être la solution cherchée. Tout récemment, à la suite de nouveaux troubles sur la frontière sud, le gouvernement chargea le commandant van Dalen de châtier les indigènes de Gajoe et d’Alas; il obtint plein succès et cette petite expédition entraîna l’établissement des services civils dans une partie d’Atjeh ; son résultat immédiat sera peut-être de donner la sécurité aux entreprises de la frontière en arrêtant les pillages et les incendies d'estates (1). Puisse cette espérance ne pas être déçue !
Enfin, depuis 1898, le gouvernement général exige des chefs atchinois une courte déclaration de soumission qui reproduit sous une forme concise, les stipulations essentielles des traités antérieurement en usage (2).
(41) Plantations.
(2) Ces traités, connus sous le nom de « courte déclaration atchinoise » ont servi de modèle aux conventions analogues passées avec tous les princes indigènes soumis depuis 1900, à Bornéo, aux Célèbes, à Bali, etc...