LE COMMERCE EXTÉRIEUR ET LE CHANGE QUI EN RESULTE
Ou a déjà vu que les étrangers n'allaient pas prendre la monnaie sur le pied où il plaît au souverain de la mettre. Et comme il n'y a pas d'exemple qu'un pays n'ait point de rapports de commerce avec les autres peuples, et qu'il tire en général de nombreuses matières de L'étranger, on sent quel effet considérable la diminution de vajeur de la monnaie va avoir sur le commerce extérieur.
D'un coté, nous serons, quand nous achèterons, obligés de ne donner notre monnaie que pour sa valeur intrinsèque. D'un autre côté, quand nous vendrons, si les prix ne sont pas augmentés, l'étranger fera sur nous un gain considérable.
Voyons la question de près. Nous allons avoir à parler du change. Mais, comme il n'est question ici (jue du commerce extérieur, et non de tous les rapports que nous pouvons avoir avec l'étranger, il doit être bien entendu que le change dont on parlera dans ce chapitre n'est qu'un change en quelque sorte artificiel, ou plutôt partiel; c'est le change qui résultera de la balance du commerce, qui en résulterait m la seule balance entre deux pays était la balance coin
Arthuys. — Problème de la monnaie. 4
\(\ I I PR0B1 I Ml 1)1 I \ M<>\\ \ll
merciale ; 1 1 pela, à un momenl donné, a) lurtoul tl riquement.
là d'abord, qu'est ce que le change
C'est un changement <le débiteurs et d e Prenons un exemple : Dupont, de Paria, doit à Smith, de Londres, pour achat de marchandises, la somme de 1.000 livres sterling. Au lieu de lui envoyei cel argent, Dupont lui remet un papier, on lettre de change, par lequel une troisième personne, Lloyd, de Londres, qui est débitrice de Dupont, le paiera, lui, Smith.
De cette manière, le débiteur est changé : ce n esl plus Dupont, c'est Lloyd. Ensuite, l'argent a changé ; c'est celui de Lloyd, etnonceluide Dupont. Enfin, la monnaie a changé : ce sont des livres qui vont être payées, et non des francs.
Cette vue grossière du change suffit pour ce qu'on veut dire ici : elle montre qu'il va falloir envisager un problème de monnaies et un problème de marchandises. En effet, le cours du ebange va dépendre de la bonté intérieure de chacune des monnaies, puis de la comparaison de ce que les deux nations se doivent l'une à l'autre. Ainsi le ebange est la fixation momentanée de la valeur relative de deux monnaies.
i° La monnaie et le change. — Pour raisonner exactement en cette matière, supposons d'abord que la balance du commerce est égale à o ; autrement dit. que le volume des marchandises exportées et de celles importées soit le même.
Deux cas peuvent se présenter :
Ou bien les monnaies des deux pays considérés ont même bonté intérieure ; ou elles ne l'ont pas.
Dans le premier cas. le change sera dit au pair, en ce que les monnaies s'échangeront sur le pied de leur
COMMERCE i:\iiiuriii ri CHANGE \~
valeur réelle, et qu'il n'y a aucun élément qui altère le change, puisque nous a nous supposé la balance commerciale égale à <>, eu \<>lume.
Dans le second cas, si. par exemple, cinq louis d'or français qui pesaienl 3o grammes d'or, et qui s'échangeaient contre quatre livres sterling <jui en pesaienl aussi 3o, el que maintenant, cinq louis d'or ne contiennent plus (jue [5 grammes d'or, il est clair que le commerçant français qui doil 3o grammes d'or, ou quatre livres sterling, sera obligé maintenant de donner dix louis là où il en donnait cinq. Le change sera dit alors à 5o % cre perte avec l'Angleterre.
Cela n'a pas besoin d'être expliqué davantage. Il reste à voir comment celte balance îles monnaies se combine avec celle du. commerce.
■>" La balance <fu commerce et le change. — La balance du commerce est la comparaison de ce que deux nations se doivent l'une à l'autre, à cause de marchandises. Il doit être encore entendu que nous supposons d'abord que les monnaies ont même valeur intrinsèque dans les deux pays considérés, de la même manière que nous avons supposé, pour ce qui regardait la monnaie et le change, que la balance commerciale était à égalité.
Si la France tire de l'Angleterre, chaque année, pour 10 millions de marchandises, et que l'Angleterre en tire de la France pour la même somme, la balance est égale à o, et le change sera dit au pair. Il y a compensation parfaite qui éteint les dettes des deux États*. Les lettres (Je change des deux Etats, étant aussi abondantes les unes que les autres, et la monnaie étant supposée de même force, il nv a aucune cause d'altération du change.
. Mais si la Krauce tire de L'Angleterre plus que' l'An-
'|S ii. pmoBi bn m i\ nom in
gletei rc ne tin de la Fran< pai exemple, d
tirons pour \>. millions alors que l'Angleterre ne tire de nous que pour 10 millions, alors il esl claii une la compensation n'est plus parfaite : il reste deui millions de soulte, que la France doil i ment payer en argent.
Mais comme ilest évident d'autre part que les lel de change tirées sur la France sont plua abondai] que celles tirées sur l'Angleterre, les dernières vaudront plus cher que les premières, puisqu'elles seront plus rares ; par conséquent, il en coûtera davantage au Français pour- acheter une lettre sur l'Angleterre, que pour l'Anglais pour en acheter une sur la France, et la proportion dans laquelle les lettres tirées sur l'Angleterre seront plus chères que celles tirées sur la France sera la proportion même de la différence entre les dettes totales de l'Angleterre et de la France comparées, dans le cas envisagé plus haut, la différence de la balance est d'un cinquième, en perte pour la France, le change sera en perte d'un cinquième également pour la France, entre les deux pays considérés. Il n'est pas utile ici de montrer comment ce résultat arrive au milieu des conventions et des ventes dont le nombre est infini. Il suffit de remarquer que c'est ainsi que les choses se passent dans la réalité.
Il faut maintenant tirer les conséquences de ce qui vient d'être dit, et examiner comment ces deux balances se combinent. C'est le lieu de se souvenir de ce qui a déjà été observé, touchant le commerce intérieur : les vendeurs vont tenter de se dédommager de la perte, et cela, comme toujours, en vendant plus cher. Il y a donc lieu d'étudier ce qui se passe pour le change, en supposant successivement que :