COMMERCE EXTÉMEUB II CHANGE ^Q
i° Les marchandises n'augmentent pas ;
2° Lis marchandises augmentent, mais pas autant que la monnaie a diminué de valeur ;
o" Les marchandises augmentent, dans la proportion même où la monnaie a baissé de valeur.
Dans l'étude de ces trois cas, il faudra distinguer ce qui résulte de la balance de la monnaie, puis de la combinaison de cette balance avec celle du commerce. La supposition, au regard de la dépréciation de la monnaie, estque la monnaie française a perdu les deux tiers de sa valeur. Les pays considérés sont l'Amérique et la France. Le dollar vaut donc i5 francs, par hypothèse, au lieu de 5 (pair intrinsèque, — chiffre arrondi).
Premier cas. — Les marchandises n'augmentent pas. .
a) Balance de la monnaie. — Il est clair que la monnaie française valant trois fois moins, l'Américain gagnera les deux tiers, plus des deux tiers en achetant en France, puisqu'il aura pour i dollar ce qui lui en coulait 3 autrefois.
En effet, les marchandises n'ont pas augmenté : ce qui valait ô francs vaut toujours 5 lianes. Mais 5 francs, qui valaient autrefois i dollar, ne \ aïeul plus qu'un tiers de dollar ; ou, si l'on aime mieux, un dollar vaut maintenant .'> fois 5 francs. Il tic route donc plus à l'Américain qu'un tiers de dollar pour se procurer ce qui lui coûtait i dollar. Le change sera à GGuojLir ioo de perle pour la France.
d) Combinaison des deux balances :
i° Si la balance du commerce est défavorable à la France, la perte redouble pour elle et le gain pour l'étranger.
Si la balance du commerce égale zéro, la perte provenant de la monnaie joue seule.
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3* Si la balance du vommairr rst hnmahle, il ^ fera une compensation entra lesdeui balances; si la balance est suffisamment favorable, il se pourra faire qu'il ii \ a aucune perte.
Ainsi, si La France vend à l'Amérique pour '>.\ mil lions et qu'elle n'y achète que pour^< le change pro venant <\o la balance du « ommerce sera ) 66 de perte pour l'Amérique. Mais comme d'autre part la balance des monnaies noua fail subir une perte de 66 %, il y a compensation, et le change est au pair.
Deuxième cas. — Les marchandises doublent.
a) Balance de la monnaie. — L'Américain, qui payait 5, paie io, puisque les marchandises ont doublé. Mai> comme un dollar vaut i5 francs, il n'a à donner qnles 2/3 de i dollar, au lieu de i dollar. Et le Fran< qui payait 5, paiera maintenant io, et, comme il ne vend que io, perte pour lui de i/3.
b) Combinaison des deux balances :
i° Ou la balance du commerce est défavorable ; alors la perte redouble.
2° Ou elle est égale à zéro. La perte est de i 3.
3° Ou elle est favorable. Si elle l'est autant que celle des monnaies est défavorable, il y a compensa - • tion et le change est au p'air. Si elle l'est plus, il y a gain pour le Français. Si elle lest moins, perte pour lui, moindre que dans l'hypothèse (2), mais perte cependant.
Troisième cas. — Les marchandises triplent.'
a) Balance de la monnaie. — Personne ne gagne ni ne perd. Ce qui se vendait 5 se vend maintenant i5. Le dollar valant i5 francs, l'Américain paie toujours un dollar. Le Français qui paie en Amérique, s'il payait en monnaie, perdrait. Mais il paie en lettres de-change,