‹ Le problème de la monnaieChapitre 13 sur 44 · COMMERCE EXTERIEUR FI CHAHG · texte numérisé non relu

COMMERCE EXTERIEUR FI CHAHG

c'est-à-dire en marchandises, et comme ces marchandises crat triplé, il ne perd rien, h) Combinaison des deux balances.

i° Ou la balance du commerce est défavorable. Dans ce cas, il y a soulte à payer en monnaie. Et pour cette soulte, la balance des monnaies joue seule. 11 y a perte au change provenant de la balance des monnaies seulement.

2° Ou la balance est égale à zéro. Le change est au pair.

3° Ou la balance est en notre laveur, par exemple de 3/5, Quand la monnaie perd les deux tiers de sa valeur, mais que les marchandises triplent, les 3/5 de gain subsistent. Ainsi, ce qu'un Américain payait autrefois 8 francs, ou i dollar 66, il le paie toujours i dollar 66 ou 2/1 francs, alors qu'en France ce que- I' xméricain payait (S se pavait 5, et ce que l'Américain paie a \, se paie i5. Il perd donc, quand la mon naie est saine, 3 francs ou 9 francs en monnaie dépréciée des 2/3, ce qui est précisément la même chose, en sa monnaie à lui.

Il est déjà aisé d'avoir maintenant une idée d'ensemble sur les effets que va produire la dépréciation de la monnaie "sur le commerce extérieur et donc sur le change, considéré connue résultat, comme signe de cette balance des marchandises. La dépréciation de la monnaie ne va agir sur le change que* si les prix n'augmentent pas dans la proportion où la monnaie a . baissé de valeur, mais le change la reflétera néanmoins en fin de compte, toujours, par un détour qu'on expliquera plus tard.

Une formule générale rendra compte des observations qui précèdent :

Le change qui résulte des échanges commerciaux

i.i: PBOB] i mi M LÀ HOM \n.

dépend de La balance du eommi di la

balance des monnai<

Il cm dépend uniquement, quelle que soit la ba delà valeur de l'argent, quand la hausse des prii |)1ms inversement proportionnelle à cette I>;m-

Il dépend à la fois de la ! nnmerci

de celle de la monnaie, dès qne la hausse des pria n'est plus proportionnelle à la baisse de la valeur de l'argent.

Lorsque la valeur de la monnaie baisse, ou autrement dit que la balance des monnaies est défavorable, il y a toujours à craindre ou bien que la hausse des prix ne soit pas proportionnelle à la baisse de la valeur de l'argent, auquel cas, le change est altéré ; ou bien que cette hausse soit proportionnelle, et alors le change tend au pair, ce qui rend les achats par l'étranger impossibles ; on doit conclure ainsi q l'avilissement de la monnaie doit presque nécessairement provoquer la baisse du change.

Gomme il importe qu'on ait de ce qui vient d'être dit une vue absolument claire, il parait utile de montrer par de nouveaux exemples, plus explicites que les précédents, le jeu et la combinaison de la balance du commerce, et de celle des monnaies, en tenant compte nécessairement de la question des prix, qui est, on le verra, la question importante.

Première hypothèse. — La balance du commerce est favorable.

§ -i. — Les prix triplent, la monnaie ayant baissé des 2j3.

Nous tirions des Américains pour ioo millions de S avant la dépréciation. Eux, de nous, tiraient pour 600 millions de francs. Ils avaient une soulte de 100 millions de francs à payer, soit 1/6.

COMMBRCK BXTÉRIBUB II CHANGE 53

Balance du commerce défavorable penc les Américains de 1/6, c'est-à-dire perte au change de 1/6. Le * va donc subir une perte de 1/6, ne va plus valoir que 5/6 de dollar, c'est-à-dire 83 cents, ou 83 sous. Autrement dit, le dollar vaudra, à Paris, /j,i5. Et ioo francs, à New- York, vaudront non plus $ 20, mais bien 2/1 dollars et 5 francs : s 1,20.

La dépréciation arrive : elle est des a/3. Le dollar vaut donc, relativement à la balance des monnaies, i5 francs. Mais nous vendons i5 francs ce que nous vendions 5 francs. Le commerce est resté le mémo. Nous leur devons toujours 100 millions de dollars. Eux nous doivent maintenant, non plus 600 millions de francs, mais, puisque nous vendons trois fois plus cher, 1,800 millions de francs.

D'autre part, le dollar vaut i5 francs. Pour pavot 100 millions de dollars cela va nous couler 1.000 millions de francs. La balance entre les deux dettes, se monte à 1.800 moins 1,000, soit iiim millions de francs à notre avantage, 000 millions étant le sixième de i.8oo44$h$£ la perte des Américains est toujours de i/G. Nous retombons dans le cas précédent, où la monnaie était saine. Le dollar vaudra donc encore, à Pans, 'i IV. [5. Là où les Américains payaient 1 dollar pour avoir 5 francs cas du pair), ils paient maintenant 1,20 dollar.

$ 2. — Les prix doublent, m monnaie ayant baissé des 2/3.

Reprenons le même exemple : Avant la dépréciation les Américains nous vendaient pour 100 millions de dollars, et nous pour 606 millions de francs. Balance défavorable pour eux de 1 6. Valeur du dollar à Paris : 5 fr. i5.

La dépréciation arrive : elle est tics a 3. Le dollar

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viiut donc, rclaiivomonl i II balance des moonaii ]') francs. Mais nous vendons i<> francs ce que nom vendions 5 francs. I-'- commerce est resté le mêm< Nous devons toujours aux américains 100 millions de dollars. Eux nous doivent maintenant, non plus 6 millions de francs, mais, puisque QOU8 Vendpnsle double, 1.200 millions de francs. I)*;iuti< pari, 1<dollar vaut io francs. Pour pajei n><> millions d' dollars, cela va nous coûter i.5oo millions de fram Balance entre les deux dettes, i.5oo moins i.aÔO, soit 3oo millions à notre désavantage. Pour raisonne] plus exactement, comme la balance est contre nous, faisons le compte en dollars; nous devons au \ américains ioo millions de dollars, eux nous doivent [.200 millions de francs, ce qui, divisé par i5, donne 8o millions de dollars. Balance défavorable pour nous de 20 millions de dollars ; c'est-à-dire, 20 étant le cinquième de 100, perle pour nous de i/5. 100 francs vent donc subir une perte de i/o, ne vont plus valoir que 4/5 de 20 dollars, ou 16 dollars. Le dollar vaudra, à Paris, 6 fr. 25 ; et les Américains achètent

5 francs pour 0,80 dollar.

Deuxième hypothèse. — La balance du commerce est défavorable.

S 1 . — Les marchandises triplent. La monnaie a baissé des 2/3.

Avant la dépréciation, nous tirions des Américains pour 1 20 millions de dollars. Eux, de nous, pour 5oo millions de francs, c'est-à-dire 100 millions de dollars. Balance défavorable pour nous de 1 6. Donc perte au change de 1/6. 100 francs vont donc subir une perte de 1/6, ne vont plus valoir que 5 6 de 20 dollars ou 16, 65 dollars; le dollar vaudra, à Paris,

6 francs.

COMmSECE EXTÉMEUB Kl CHAHG1 55

La dépréciation arrive ; elle est des a 3. Le dollar, relativement à la balance des monnaies, vaut 10 Francs. Mais nous vendons maintenant i5 ce que nous vendions 5. Le commerce est resté le même. Nous devons toujours aux Américains i 20 millions de dollars. Eux nous doivent maintenant, non plus 5oo millions de francs, mais i.5oo millions de francs, ce qui, réduit en dollars à i5 lianes, donne 100 millions de dollars. Il n'y a donc rien de changé : le dollar vaudra toujours 6 francs.

$ •>. — [as marchandises doublent. La monnaie n baisse tics '3/3.

Avant la dépréciation, les Américains nous vendaient pour 120 millions de dollars; nous, pour 5oo millions de francs. Dans ce cas, nous venons de le voir, le dollar vaut 6 francs.

La dépréciation arrive : le dollar, relativement à la balance des monnaies, vaut i5 francs. Nous vendons 10 ce que nous vendions 5. Le commerce est resté le même. Nous devons toujours 120 millions de dollars. Les Américains nous doivent, non plus 5oo millions de francs, mais, puisque nous vendons le double, 1.000 millions de francs, ce qui donne, en dollars -ù i5 francs, 66 millions environ de dollars. Balance : 120 moins 66 donnent 54« La perte pour nous est donc de 37,5 0/0, c'est-à-dire près de i/3, au lieu de 1/6, comme dans le cas où la monnaie n'est pas dépréciée. 100 francs ne vaudront donc plus que 07,0 0/0. de 20 dollars, ou i:>,.")o dollars. Le dollar vaudra donc 8 francs.

Il ressort de tout ce qui vient d'être dit que la dépréciation de la monnaie n'a d'effet sur le change que par l'intermédiaire du prix de vente.

Mais les pays étant Ions en relations de commerce

i i. PROB1 iMr iu. i \ NOM m»

les uns avec les autres, il foui aloi rement que

l'équilibre s'établisse. Et ainsi, si un pays affaiblit monnaie, et que les prix haussent, (échange nepow être au pair. Car s'il tétait les marchandi au-

raient à C étranger plus cher : le ma rriif

bon pour y vendre, et alors, la balance du commet devenant déjavorable, le change baisserait jusqu'au moment où serai/ atteint le point qui indique la valeur intrinsèque delà monnaie. Ce ne peut être nue le chan (jai baisse, et non les prix : car les prix élevés son/ nécessilés par C abondance du numéraire, dans tintérieur du pays.

Distinguons cependant deux cas :

Premier cas : Quand la balance du commerce est favorable, il va être relativement facile de se débarrasser des inconvénients qui résultent de la dépréciation de la monnaie.

Le premier moyen consiste à hausser le pril de vente des marchandises, mais il y a grande difficulté à le faire, puisque nous sommes en perte de peu.

Le second moyen dépend davantage de la puissance publique, ou de l'état même du pays : il consiste à acquérir la supériorité du commerce, c'est-;')dire, en un mot, à vendre plus aux autres qu'ils ne nous vendent. Mais ici, on se heurte à cette difficulté, que le change va non seulement être au pair, mais devenir à notre avantage, ce qui constitue assez rapidement une perte pour les étrangers, qui seront amenés à réduire leur commerce avec nous. Il va falloir voir alors s'il n'y aurait pas lieu de vendre moins cher pour vendre plus, ce qui, en fin de compte, est meilleur.

En outre, il y a d'autres voies pour soutenir le change. Je n'en dis qu'un mot, parce que notre

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situation actuelle est loin d'être celle qui est étudiée ici, et le seul intérêt qu'il puisse y avoir à donner une idée des moyens de soutenir habilement le change quand la balance du commerce est défavorable, c'est d'attirer l'attention sur ce qui se passe dans des pays voisins et sur ce qui pourrait se lasser si l'on songeait, en France, à une caisse» de conversion.

Ces voies sont de deux sortes :

D'abord, développer le commerce ; cela est simple (en théorie).

Ensuite, soutenir le change par des moyens plus ou moins artificiels. Par exemple, en achetant, par l'intermédiaire d'une banque puissante, les lettres de change qui sont en trop grande abondance sur les places étrangères. Il Vfl sans dire qu'il y a une infinité d'autres voies indirectes, qui sont l'affaire des financiers. Néanmoins, il faut bien entendre que ces mesures ne peuvent être que passagères et limitées.

Enfin, il se peut que certaines circonstances soient favorables. Cela dépend entièrement du hasard.

En résumé, il n'y a qu'une seule voie sûre, naturelle et durable de soutenir le change à notre avantage, c'est par l'abondance, la bonté, le bon marché des marchandises.

De tout cela il suit que, dans le cas où la balance du commerce est déjà favorable, il n'est pas impossi ble de conserver la supériorité du change, ou même de se la procurer, ce qui compense la perte que fait subir la baisse de la monnaie; cette dernière perte est contrebalancée par la hausse des prix et le bénéfice du change (balance de commerce). 11 suffit de combiner ces éléments, balance du commerce favorable et ban des prix dans une mesure convenable pour que le

58 i B PAOBl i \n i»i LA MuwAii

commerce se soutienne sans diminution dans son ét»-ndue, et sans perte avec L'étranger.

Deuxième cas : La balance <!u commerce esl défa vorable. Dans ce cas, la situation esl infiniment plus grave, el il n'est pas certain qu'on puisse regardai comme possible que le change revienne I QOtreavan tage, au moins <!<• trèa longtemps. Gai il est bien clair qu'il n'y a pas d'autre remède que l'aecroissemen! du commerce. Nous pouvons bien éviter la perte sur la monnaie en haussant les prix à proportion, mais ne nous fera pas regagner toute la perte, qui* est du l'insuffisance du commerce. Sans doute, dira -t-on ; mais ici l'altération des monnaies ne joue donc qu'un rôle infime; or. ce qui est en question, c'est l'influence de la baisse de la valeur de la monnaie. Eh bien, il faut répondre à cela qu'il n'«est pas cettain du tout qu'on puisse le dédommager de la perte même qui provient de la baisse de la valeur de la monnaie. Voyons pourquoi.

D'abord, il faut se souvenir que plus les prix sont élevés, moins la consommation est grande, à l'intérieur. Cela se passe de commentaires, surtout si l'on veut prendre garde que tous ceux qui ont des revenufixes, et ils sont très nombreux, sont dans l'impuissance d'acheter. Et alors, les prix vont nécessairement baisser dans le pays.

D'accord, dira-t-on ; mais il suffit de vendre trois fois plus cher au dehors, et moins cher au dedans. Sans doute, mais cela sera-t-il longtemps possible .!} Il faut craindre que l'étranger n'achète en France par personnes interposées, et alors il ne paiera que le prix intérieur ; et si même une taxe à l'exportation est appliquée par le gouvernement, on peut penser que le vendeur lui-même s'entendra avec l'-étranger

COMMERCE EXTÉRIEUR ET CHANCE 5p,

pour qu'on le paye, plus cher sans doute que le marché intérieur, niais à coup sur moins cher que la taxe, qui. aussi bien, n'est pas pour lui.

Il y a autre chose. Ceux qui achètent à l'étrange] . et qui paient beaucoup plus cher, à cause du change, étant de plus en plus dans l'impossibilité de trouver " acquéreur sur le marché Intérieur, diminueront leurs achats à L'étranger, ce qui aura d'abord un heureux effet, mais ce qui ensuite aura pour conséquence une diminution des exportations d'objets ouvrés.

Il n'est donc pas sur que nous puissions même récupérer la perte que nous faisons sur la monnaie ; < t alors les deux causes d'altération du change à notre détriment vont jouer ensemble.

Cependant, on peut imaginer aussi qu'à la longue, L'étranger gagnant tout de même considérablement à traiter avec nous, cette raison suffise, et elle suffit en effet, pour que son commerce soit attiré de notre coté. et que de cette manière, le remède se trouvât dans le mal même.

A moins encore, et c'est l'hypothèse la plus vrair semblable, que l'équilibre s'établissant peu à peu, les prix, compte tenu du change, ne soient les mêmes dans tous les pays.

Coin i i bion. — Dans les chapitres i et n, où on a examiné L'effet de la dépréciation, à l'égard du .commerce intérieur et du commerce extérieur. Pour le premier, il s'ensuit que le commerce ne perd point, tant qu'il peut vendre plus cher, tant qu'il peut se dédommager de la perte qu'il fait sur la qualité, eu exigeant une plus grande quantité de monnaie, mais qu'il perdra aussitôt qu'il sera contraint de baisser la main, ce qui ne peut manquer.

Pour le second, il s'ensuit que le commerce ne

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perd point, tant qu'il peul vendre plus cher, dans la proportion même r,n La monnaie a bail râleur,

mais qu'il perdra dèi l'instant qu'il ne pourra plua vendre à ce prix ; et qu'il \ i (rros risque qu'il ne soit contraint de baisser la main, ou de laii change, pour pouvoir vendi

Mais il convient de bien marquer que tout* sont théoriques, ou, plutôt, n'expriment que ce qu passe momentanément: car, dans la réalité, le commerce devant se poursuivre, la perle se partage en général entre le vendeur et l'acheteur : ensuite, si la marchandise est moins chère, à cause du change^ de un pays, aussitôt tes autres pays y viennent dbhetei l'équilibre se rétablit.

En outre, il doit être bien entendu que le change dont il s'agit ici n'est que celui qui provient de la balance du commerce seule, el dans le cas d'un p à monnaie de métal.

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