‹ Le problème de la monnaieChapitre 16 sur 44 · L'ÉTAT DISTINGUE DES NATIONAUX, ' OU LE PRINCE · texte numérisé non relu

L'ÉTAT DISTINGUE DES NATIONAUX, ' OU LE PRINCE

On parle ici de l État au sens strict, au sens étroit du mot. Pour plus de commodité, on l'appellera ïe Prince.

Jl faut encore distinguer suivant qu'on observe

le Prince clans ses rapporta avec les nationaux ou avec" L'étranger.

Si « mon première. — Le Prince et les citoyens.

§ i. Le Prince commerçant. Tout ce <jui a été dit touchant le commerce s'applique ici.

Il faudra que le prince hausse ses prix: dans la mesure» où la monnaie a baissé de valeur, s'il ne veut pas perdre ; car. étant lui même obligé de payer trois lois plus cher ses ouvriers et ses matières, il sciait rapidement hors d'état de faire face à ses engagements, s'il n'augmentait pas ses prix en conséquence.

Néanmoins, il y a lieu de craindre que le Prince ne puisse pas si facilement hausser ses prix, parce que les sujets sont très portés à crier contre sa gestion. D'autre part, s'il perd sur son commerce, il lui suffit de^e rattraper en lésant des taxes plus lourdes, <>u en affaiblissant encore la monnaie. Le commet

Umi'ïs - Prohlôme de lu monnaie. 6

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çant particuliei est pris entre dejux extrémités red tables : la faillite, s'il dc vend pas assez cher ; la mé vente, el quelquefois les poursuites, s'il rend tn p cher, tandis que l'État échappa deux :

perd, ce sont encore les sujets qui paieront la perte S'il gagne trop, il ne se poursuivra pas lui mérn

11 reste qu'un souverain honnête, B*il fait du commerce, par le moyen de monopoles aurtout, a mentera ses prix. El tout ce qui a été dit pour le i 6m merce en général a sa place ici.

§ a. Le Prince débiteur, — Le Souverain peul être débiteur pour plusieurs causes :

a) Soit par les dettes dont il a chargé l'Etat, et qui proviennent d'emprunts sous diverses formes :

b) Soit par les appointements, charges, soldes qu'il doit à ceux qui sont à son service ;

c) Soit par les marchés qu'il passe pour des fournitures.

L'État, comme tous les débiteurs, va faire un gain considérable. C'est du reste pour réaliser ce gain qu'il se porte en général à affaiblir les monnaies. Ce gain est double :

D'abord, il est réel, en ce que lorsque l'Etat emprunte, ou mieux se fait donner par la banque debillets de banque, et porte par exemple l'émission au triple, il se trouve avoir dans ses caisses les 2 3 du numéraire de la nation.

Ensuite, il est personnel. Puisque l'Etat est le Prince, et donc le maître de faire la règle qui lui convient, et puisque d'ailleurs l'argent circule toujours sur le pied de sa valeur nominale, là où il devait 3 francs il va toujours payer 3 francs numéraires, mais en réalité i franc seulement si l'affaiblissement est des 2/3. Il gagne donc les 2/3 sur toutes les dettes dont

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