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LA, SITUATION PRÉSENTE DES FRANÇAIS

On ne reviendra pas ici sur les questions qui pnl

été traitées en général dans la seconde partie. Tout ce qui touche à la situation du Prince vis-à vis dea nationaux ne sera pas étudié en détail. La matière

est trop vaste pour trouver place dans cet ouvrage. Il suffira de dire que l'observation montro que 1^ Souverain n'a pas pu augmenter les impôts dans la proportion où la monnaie avait baissé de valeur, que les monopoles anciens et nouveaux ont moins rapporté qu'ils n'ont coûté, que les nouveaux impôts enfin n'ont pas donné ce qu'on attendait d'eux.

Mais, d'une manière grossière, il faut bien dire quelques mots de la situation financière. Cela fait, on jettera un coup d'œil sur limage que présente aujourd'hui la vie économique, et l'ordre social en France.

Première section. — La situation financière.

Si la situation financière est grave, elle ne fait que rendre plus inextricables les difficultés au milieu desquelles nous nous débattons. Mais elle n'explique, ou ne conditionne en aucune manière les conséquences que nous avons examinées, et quidécoulent de la dépréciation de notre monnaie. Il

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f nu t cependanl en parler ici, povr ce que l'altération des monnaies a pour origine des difficultés financières : el pour ce que, par suite, tout ce qu'où ppurra dire pour légitimer de nouvelles ('missions, no pourra tendre qu'à faire accepter que l'augmentation de la circulation aura pour cause finale le soulagement de la trésorerie ou des finances de L'Etat, et bon pas l'enrichissement du pays.

Hue faut pas qu'il \ ait d'obscurités en cette matière. H n'est pas admissible qu'on dise : l'inflation fiduciaire est un bien, parce qu'elle stimule le commerce. Laseulechosc qu'on pourrait à la rigueur concevoir, ce serait qu'on avance que l'inflation est un mal sans doute, mais un mal nécessaire, étant donnée la situation de trésorerie et la situation financière de l'Etal français.

On sait bien que les partisans démissions nouvelles, ou ceux qui ne veulent pas admettre que la situation présente n'est si grave qu'à cause de la dépréciation de notre monnaie, l'ont des raisonnements assez spécieux pour prétendre que l'inflation n'est pas si dangereuse, qu'elle est même salutaire, pour la vigueur el la bonne marche du commerce et de l'industrie.

Ils disent : si l'Étal fabrique du papier, il aura des moyens de paiement. Kl connue on sait, bien que la crise actuelle est due pour une très large part à la cessation des achats de l'Etat, cette crise cessera du jour où L'Etat achètera ; et l'Etat achètera du joui- où il aura de l'argent. Donc, le commerce el ['industrie redeviendront prospères. Ils disent aussi : tEtat a poussé tous les industriels à produire, afin que la reconstitution des régions libérées puisse se faire rapidement. Maintenant qu'ils ont fabriqué,

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personne ne leur achète. Il- disent i que l'industrie marchera, poui I Etat, lea ouvriei les employés, étant payés, dépenseront, et I circulera à Qouveau. Par suite, émettre du ; c'-esl amener L'enrichissement de tout l'Etat.

Ce raisonnement e>i magnifique, rai Le papier. Dans la réalité, il se passera tout autre chose. I) le billet sera encore plus déprécié, puisqu'il sera plus abondant. Les prix hausseront donc. Cela ue sérail pas nécessairement exact, si le commerce et l'ind trie n'avaient en face d'eux que le> particuliers. Caj alors, n'ayant que des acheteurs dont les m sont limités, pour acquérir Leurs marchandises, il pourrait que les prix ne haussent pas. Mais alors le commerce et l'industrie n'en seraient pas augmei en étendue, puisqu'ils ne gagneraient pas assez. Mais il est nécessaire que les prix haussent dans la n où le billet se déprécie, quand précisément les ven deurs ont en face d'eux le créateur du billet, qui en fabrique autant qu'il veut, et qui en fabriquera ass pour que les prix haussent, et que la production stimulée. Et si les prix haussent, il s'ensuivra une nouvelle difficulté dévie pour les rentiers, la nécessité de réajustements pour les traitements et pour les salaires, une nécessité d'augmenter les impots.

Ensuite, si l'on va au fond même des choses, quand l'Etat fabrique du papier, il affaiblit la monnaie. Et tous ceux qui ne reçoivent les monnaies que sur le pied de leur valeur nominale ou fausse se trouvent perdre dans la mesure même où la monnaie est affaiblie. En somme, alors, les choses se passent comme si un. impôt énorme était prélevé sur le capital dej chacun, sur le capital en richesses acquises, aussi; bien des puissants que 'des faibles. On ne fera en

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