‹ Le problème de la monnaieChapitre 30 sur 44 · THÉORIE SUB U. COANGK · texte numérisé non relu

THÉORIE SUB U. COANGK

L'intérêt qu'il peut y avoir à donner une théorie sur le change, semble à première vue assez mincar enfin, le change est ce qu'il est, et l'importance des éléments psychologiques qui influent sur lui est si considérable qu'on ne peut espérer agir sur eux. Cependant, comme il y a tout de même des éléments chiffrables dans le change, comme d'autre part certaines mesures pourraient diminuer le rôle des éléments psychologiques, en faisant disparaître la cause qui leur permet de naître, on peut trouver utile d'analyi exactement le change pour connaître quels sont les remèdes — à supposer qu'il y en ait — qui seraient efficaces; quels ne le sont pas ou ne le seraient pas.

A. — La théorie de la Parité des pouvoirs d'achat, ou des valeurs-or. — D'après cette théorie, le cours du change dépendrait des parités des pouvoirs d'achat des différentes monnaies, naturellement sous réserve des éléments psychologiques. Suivant cette vue, le change dépendrait directement de la qualité1 de la monnaie, en soi. Un Américain, par exemple, qui achète des francs, ne veut les payer que ce qu'ils valent réellement et non nominalement. Ainsi, à

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ôuppdsef que le franc soil déprécié des doux tiers, soil réellement, soit dans L'esprit de l'Américain, l'Américain ne paiera ce franc que le tiers de sa valeur nominale; on, si l'on vent, il exigera, pour sa monnaie à lui. non dépréciée, trois lois plus de monnaie française.

Celte sue est exacte si <>n entend par là (pic le cours du change n'exprime «pic les parités, au bout

d'un certain temps; mais elle est fausse si on entend qu'il dépend de la qualité intrinsèque ^\cs monnaies. C'est une vue de spéculateur. Et comme la spéculation est très tentante, et qu'elle se l'ail sur une large échelle, il esl clair que cette manière de voir agit sur le change. Mais non pas directement, ni nécessairement. La théorie ne tient pas compte de l'élément très important des échanges entre deux pays. Elle fait du change une valeur, elle l'ait du change une simple expression de la valeur comparée des monnaies en elles-mêmes.

Du reste, de nombreux exemples historiques lui donnent un démenti formel. Sans entrer dans plus de détails, on rappellera ici les cas de l'Espagne (i863-i886), du Brésil (i865), de la Russie (i864), où des émissions fiscales démesurées n'axaient pas entraîné une baisse correspondante des changes.

B. — La théorie de In Balance commerciale. — D'après cette seconde théorie, la dépréciation de la monnaie n'aurait pas une telle influence sur le change, qui dépendrait de la balance des délies et créances réciproques, et surtout de la balance des délies commerciales. Surtout de cette dernière balance. pour ce que, d'abord, c'esl la plus importante comme volume, et parce (pic c'est sur elle qu'on peut le plus sûrement agir.

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Cette vue rend mieux compte cL ce qui produit le change, que de ce qu'il exprime. Elle ri est pas absolu meut juste. On observe, en effet, que chaque fois que le change est considérablemenl défavorable à un pays, ce pays a une monnaie de qualité inférieure.

La première théorie es! une théorie de finan< ier, de banquier. La seconde une théorie d'industriel, de com merçant. Elles ne sont évidemment pas entièrement fausses; et même, l'une est vraie pour un cas, l'an! pour un autre cas, comme on le verra par la suite, elles paraissent seulement incomplètes ; ou plutôt, momentanément vraies. Il faut se garder de faire u confusion entre ce qui produit, ou, plutôt, entre la manière dont se produit le changé, et ce qu'il exprime en fin de compte, et qui n'est que la prime de l'or, en période de papier-monnaie.

G. — Théorie proposée pour rendre compte dû change. — Pour traiter cette matière avec quelque clarté*, on la divisera en deux sections :

Dans la première : on étudiera les rapports commei ciaux.

Dans la seconde, les rapports à cause d'argent (ou emprunts). Et, dans chacune de ces sections, on examinera successivement la valeur en soi des monnaies, puis la valeur totale des comptes, qui, faits en fonction de la première valeur, donnent le cours du change.

Et d'abord, rappelons ce qui a été dit touchant les deux valeurs, artificiellement dédoublées qu'on découvre dans les opérations entre deux pays. Que les opérations portent sur* de l'argent ou sur des marchandises, il faut apprécier, et c'est ce qui se passe. la «valeur en soi des marchandises ou des monnaies comme, par exemple, on estime à des valeurs diffé-

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renies, du bon vin, el du vin ordinaire. Ensuite, ce qu'on j)out appeler valeur d'échange terminale, qui pro> ient do ce qu'une marchandise ou une monnaie esl

offerte en telle quantité, et demandée en telle quantité.

Prbmière section. — Rapports commerciaux, oi

DETTES A I \ Si [TE d'aCHAJS VENTES DE MARCHANDISES.

Celle matière a été suffisamment étudiée dans le chapitre n de la deuxième partie, pour qu'il o \ ait lieu, ici, que de rappeler brièvement les conclusions auxquelles on en est venu, el qui sont les suivantes. Du moment que les prix haussent dans là proportion même où la monnaie a baissé de valeur, en soi, la perte subie sur la monnaie étant compensée par l'augmentation du prix, le change dépend uniquement de la balance commerciale ; ou mieux, le change n'est affecté eu aucune manière par la valeur eu soi de la monnaie.

Mais, ensuite, si les prix haussent dans la proportion où la monnaie a perdu de sa valeur, si. en théorie, le change devrait tendre au pair, il non Bera rien pratiquement. Car, l'étranger achetant sur le pied du change, les prix ayant triplé, ils auraient réellement triplé pour lui. Et abus il n'achèterait plus. Il faudra alors, ou que les prix baissent, ou (pie le change baisse, et c'est cette dernière conséquence qui s'ensuivra. Le change baissera jusqu'à ce que. pour l'étranger, les marchandises soient, ou environ, aux mêmes prix qu'avant, en sa monnaie.

Deuxième section. — Rapports v <:wsi d'argent,

oi DETTES A I. \ SI I 11 D'EMPRUNTS.

7e'* point. — Valeur en soi de la monnaie.

De tout ce qui a été dit touchant la dépréciation

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de notre monnaie, on voit assez qu'on peu( la Gxerau a 3 de si valeur nominale. Il esl bien entendu qu'il a'agil ici de la valeur en soi <lr> la monnaie frai recherchée par comparaison avec ce qu'elle étail

avant, ce qu'elle «'tait quand elle étail saine.

( Sette dépréciation, encore un coup -ondes éléments psychologiques, étant en soi des deux tiers, comparons maintenant notre monnaie le

dollar, ce dollar élant considéré en lui-même.

Pour parler plus simplement, Comparons un dollar et un franc, par rapport à l'or.

De cette manière, le dollar, qui est de l'or, vaut ioo cents-or.

El le franc vaut 3o cenlimes-or. Un dollar \,ml donc en soj maintenant. 5 francs-or ou i5 francs tuels ou papier.

La première opération en matière de change sera ainsi de rechercher la valeur intrinsèque, la valeui des monnaies, et d'inscrire les deux monnaies, soit en valeur-or, soit en valeur-papier. Mais cette comparaison no donnera pas le change.

5e point . — Balance des comptes obtenus en valeurs en soi.

Ce qui va donner le cours du change, c'est cette balance, maintenant que la première opération es( faite. Elle va être l'expression de la demande et de l'offre des deux monnaies. Nous supposons, dans le cas présent, que les deux pays que nous voulons envisager, et qui sont la France et l'Amérique, n'ont entre eux que des rapports à cause d'argent.

Par exemple : la France doit à l'Amérique, pour arrérages de dettes, ioo millions de dollars. L'Amérique doit à la France, pour la même cause, 2.000 millions de francs.

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(i) La valeur en soi des monnaies est de i à 'A ; le dollar vaut if) francs : 100 millions de dollars l'ont donc [.5oo millions de francs, que nous devons à l'Vmérique, mais elle nous doil >.ooo millions. La balance, en notre faveur, est de 5oo millions de francs, 5oo étant à >.ooo comme 25 es( à roo, la perte pour l'Amérique est de :>~) °<{). C'est-à dire que chaque fois qu'un Américain achètera du billet français, il perdra >."> " () sur son argent. Autrement dit, alors que s 20 achètent, an pair, roo francs, ils n'achèteront

plus que les 3/4 de [00, OU 7.") francs. In dollar faudra — OU, plutôt, devait valoir — 3,75 :

Danscecas, la monnaie française, bien que dépréciée en soi, aura une valeur de change supérieure, parce qu'elle sera demandée en plus grande quantité que la monnaie américaine : niais pendant un temps seulement.

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