‹ Le problème de la monnaieChapitre 31 sur 44 · MÉCANISME l>l CHANGE- SELON l.\ IHÉ0R1E CI-DESSUS · texte numérisé non relu

MÉCANISME l>l CHANGE- SELON l.\ IHÉ0R1E CI-DESSUS

Comme on l'a vu, on l'ait dépendre le change de deux ordres de valeur : la valeur en soi. tant de> marchandises que de la monnaie ; puis de la comparai son îles comptes faits en portant marchandises et monnaies avec leur valeur en soi. On appellera plus simplement la première valeur, balance des monnaies, et la seconde, balance des comptes.

Le mécanisme du change sera étudié ici, avec des axemples, en suivant le même ordre que plus haut ; c'est-à-dire, en examinant :

La balance commerciale ;

La balance des dettes pour cause d'argent ;

La combinaison des 2 balan<

Ier point. — La balance du commet ce.

Pour tout ce qui regarde le mécanisme du chan e

I 56 I i PROBl i Ml M l \ \\< -nn \ll

[ci, nous supposons que II balance des monnai déficitaire pour la France d'environ les > 3 : que le dollar \;mi i .") francs. Et, pour ce qui n la ba-

lance du commerce, que les prii n'on! pas trij mais seulement doublé.

Prenons un exemple :

(i a) \\ant la dépréciation de notre monnaie, les Américains nous vendaient pour i ><> millions de dollars. Noms leur vendions pour 5oo millions 'if fran< - Ce qui faisait que .')<»<> millions de francs donnaient, en dollars à 5 francs, 100 millions <l<- doll.ir-s. Perte au change pour la France de i 6 : le dollar vaut 6 francs.

(■> a) La dépréciation arrive, t-t porte la valeur intrinsèque du dollar à i5 francs. Mais les marchandises françaises ne triplent pas de prix ; elles doublent seulement. Nous vendons io ce que nous vendions 5. Les Américains nou^ doivent donr maintenant i.ooo millions de francs. Nous leur devons toujours 120 millions de dollars. Mais i.ooo millions de frai font en dollars à i5 francs, 66 millions de dollars environ.

La balance commerciale donne donc une perte pour nous de 3~ o/o. La différence entre 66 et 120 étant 5^, qui esta 120 comme • >" est à 100. la perte au change n'est plus de 1 6, mais de pins de i/o. Le dollar vaudra donc 8 francs.

Dans ce cas. on peut voir que -i les prix avaient été triplés, la perte au change ne serait que de 1 6 : mais comme on observe que les prix ne peuvent en général pas rester longtemps triples, la dépréciation entraîne donc une altération du change.

2e point. — La balance des dettes non commerciales.

On ne va considérer ici que des dettes qui provien-

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nent des emprunts. 11 est bien entendu qu'il y a d'autres causes de dettes ou do créances que les emprunts: ce sont les dépenses des étrangers on France, ou des Français à l'étranger; les Fréta sous pavillon français de marchandises étrangères, et inversement ; les rapatriements dé bénéfices des maisons françaises en paya étranger, et la réciproque. Ces éléments sont difficilement chiffrables, et ils sont, à tout prendre, moins importants que ceux qui proviennent de l'existence d'emprunts, dp toul ordre, tant des gouvernements que des particuliers.

Nous n'aurons en vue ici, pour être plus clairs, que les arréragea d'emprunts. Dans celle catégorie, rentrent, et c'esl un élément primordial, les dettes provevenant de déficits antérieurs de notre balance commerciale.

Reprenons un exemple : ^'Amérique a prêté à la France 60 millions de dollars, à 6 ",,. Gela fait 3.6oo.OO0 dollars d'arrérages à remettre chaque année en Amérique. D'autre part, la France a prêté 3oo millions de francs à l'Amérique, qui lui doit, de ce fait, iS millions de francs d'arrérages.

(1 M Avant la dépréciation, le dollar devra être au pair, puisque 3 G00.000 dollars à 5 francs, font 18 millions de francs La balance égale zéro : change au pair.

(a />) Si la dépréciation est des >y.S, et (pie le dollar vaille 1") francs, le rapport numéraire des dettes est le même, mais le rapport, compte tenu des \aleurs réelles, est changé.

Nous devons toujours aux américains .'>.(>oo.ooo dollars. Mais eux déboursent, non pins :>.(>oo. 000 dollars pour nous paver, mais le tiers seulement, soit 1.200.000 dollars. El alors. > '1 étant à 36. comme 2

Akthlys. — Problème de la monnaie. 11

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est à 3, 1A perte pour noue esttles a/3. Donc 100 fr. n'achèteront plus que le i 3 de | 20, œil | 6 Le dollar vaudra donc, coure du chan aviron

[5 francs. Ce guiétail à prévoir, puisque la balai

originairement /tait à zéro.

Mais m l'on supposait que, d'une part; les arréi de nos prêts étaient payés en or, il n \ aurail rien de changé, et aucune perte, l'or triplant de prix comme les marchandises, en principe. Et, comme il se peul que certains arrérages soient payés en or, il suil que. pour ce qui regarde le change obtenu à la suite d'opérations de monnaie, il faudra toujours tenir compte de celte possibilité là, malheureusement difficilement chiffrable.

Si on suppose, d'autre part, que la balance des comptes pour cause d'emprunts est favorable à la France, il se peut que le change reste -néanmoins en core au-dessus du pair, malgré la baisse de la valeur intrinsèque de l'argent ; comme dans l'exemple (1). Mais de toute manière, la dépréciation des monnaie^ joue ici directement pour altérer le change, car il n'y a aucun palliatif à cette extrémité, au lieu que, dans le cas des marchandises, il y a celui de la hausse des prix.

Mais aussi, encore une fois, quelque vigoureuse que soit l'action de la dépréciation de l'argent, elle ne donne pas, par elle-même, le cours du change pour ce qui regarde les rapports à cause d'argent ; ce qui le donne, c'est la balance des comptes.

3e point. — Combinaison des balances.

Nous supposons que les marchandises — la monnaie étant dépréciée, en soi des 2/3 — n'ont fait que doubler ; d'autre part, les arrérages sont payables en monnaie du pays créancier.

M CIIANC.F. \')Ç)

\niiit lu dépréciation : Là balance du commerce. (exemple la) donne une perte de 20 millions de dollars, ou 1/6, sur un tolal de 120 millions de dollars.

Supposons, pour ce <|ui est de la balance desdetles non commerciales, qu'elle soit constituée par tes éléments suivants : Dettes de la France : 3. 600. 000 dollars. Dettes de l'Amérique, 10.000.000 de francs, ce qui, eu dollars valant intrinsèquement 5 francs, donne >oo.ooo de dollars. Perle sur cette balance. 1 .ÔOO.OOO dollars.

Les deux balances donnant comme perte 2 1 .600.000 dollars. Le chiffre des créances les plus fortes (américaines) est de ia3. 600. 000 dollars, > 1 .6 est à 12.3.6 comme 17 esta 100 (environ). Perte totale au change ('(> ll % : D°nc I0° francs ne valent plus<pic83 % de iOy soit, 1 (>.(>(> cents. Un dollar vaut, (cours .du change), 6 francs en chiffres ronds.

La dépréciation arrive (elle es! des a/3), les prix doublent, les dettes sont payables en monnaie du créancier. Que devient le cours du change ? La balance du commerce donne maintenant une perte de 07 %, ou 6/j millions de dollars de déficit (exemple 2a). Pour la balance des dettes, les Américains nous doivent toujours 10.000.000 de francs. Nous nous devons toujours 3*6oo.OOO dollars. Mais 10.000.000 de francs, en dollars à francs iô. font 660.OOO dollars. La balance est maintenant en perte de >.<)'jo.ooo dollars (au lieu de 1 .600.000 quand la monnaie n'était pas dépréciée). La balance du commerce donne maintenant une perte de 54 millions, celle des autres dettes une perte de 2.9/10. 000 dollars. Total : 56. p/10. 000 dollars. Le total des créances les plus fortes étant de 1 23. 600. 000 dollars, la perte totale ressort à '46 %. Donc 100 fr.

ifio m pboblImi F)p la moiiiau

rjui valaient ao dollars, no valent plui maintenant que

.") '1 % de 'ao, soit eov8o. Le dollar, conn du chang

vaut g lianes environ.

Il reste 1 ncore que le résultat <lé|M-n<l de la | portion qui existe entre le volume ries detl m

merciales, et celles qui ne Le Bpnl pas on nui ne le

sont plus: qui sont d'anciennes dettes commercial Il est clair que si la balance de ces dernier- > dettes est plus en perte que la balance des dette> commercial'-. non pas, proportionnellement auv chiffres des plus fortes créances de lune ou de l'autre des balance-, mais proportionnellement au total des deui balances additionnées, la dépréciation de la monnaie se l'ait de plus en plus directement sentir sur le change. Elle finira par se faire sentir à ce point qu'on en pourra venir à croire que le change dépend des parités d'or des monnaies. Mais cette vue, encore une fois, n'est conforme qu'à l'apparence.

Et il est clair d'autre part que si un pays n'a pas de dette extérieure, ce sera la balance du commerce qui sera l'élément important et que le change sera moins altéré, directement par la dépréciation de la monnaie, puisqu'il y a un double palliatif ; hausser les prix, et vendre davantage. Et dans cette conjoncture, on pourra arriver à croire que le change dépend surtout de la balance du commerce. Mais cette vue n'est aussi que conforme à l'apparence, dans un pays donné.

Il faut dire aussitôt que toutes ces vues sont théoriques, car si le commerce continue, et il continue, si les prix triplent en France, à cause de la dépréciation du billet, et que, par là, la balance du commerce soit ramenée à sa valeur première, et donc le change, les marchandises deviennent chères pour l'étranger

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Cti sa monnaie ; il n'achète pins, et alors la balance devient déficitaire et le change baisse. Ainsi, si nous vendions pour roo.ooo francs aux américains et eux pour 20.000 dollars, les monnaies étant saines, le change est au pair : 1 S vaut 5 fr. 28. Si la monnaie française est dépréciée des a/3 et que les prix triplent, le change reste au pair. Mais alors ce qui coûtait 1 s à l'Américain lui coûtera 3&. Il n'achètera plus; il n'achètera que le jour où le change sera à 1 g pour i5 francs, ce qui s'obtient, ou en baissant le change, ou en baissant les prix. Comme les prix j\e baissent pas, c'est le change qui baissera.

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