OBSERVATION I
Cette observation a déjà été publiée par MM. Bezançon- Wahlet Guillaumin ; nous la reproduisons ici en y ajoutant, quelques détails :
M. B., 33 ans, tailleur est entré daus le service de M. le Professeur Bezançon, envoyé par notre collègue le Dr Duruy, le 3 août 1928 pour anasarque avec albuminurie massive.
Antécédents personnels. — On ne relève dans iles antécédents que très peau de choses ; cet homme n’a jamais eu de maladie générale, en particulier pas de scarlatine ; il a vécu à la campagne jusqu'à l’âge de 22 ans; néanmoins il n’était pas très robuste et a été ajourné deux fois par le conseil de révision en 1914 et 1915, pour insuffisance de poids. En 1916, son état était meilleur il pesait alors 52 kilogrammes pour une taille de 1 m. 57 et à l’âge de 22 ans il était mobilisé daus la marine. Il yfit 3 ans de service, au cours desquels il alla en Amérique. Après son service il s'établit à Paris. En 1933, il eut une biennorragie qui guérit en 3 moiset dont il ne resta aucune trace. En 1925, il eut une angine
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accompagnée de fièvre, qui dura 4 jours. Pendant quelque temps il ne présenta plus de maux de gorge; mais un mois après son angine, il eut denouveau une sensation de gêne au niveau du pharynx et commença à expectorer des mucosités. Il consulta plusieurs laryngologistes qui firent le diagnostic de laryngite chronique. Il n’a jamais eu, semble-t-il, la syphilis et rien ne peut faire penser à l’éthylisme.
Antécédents héréditaireset collatéraux, — Son père est mort en 1916. Le malade ne peut donner aucun renseignement sur les causes de sa mort; il avait 63 ans. Sa mère est bien portante, âgée de 95 ans ; le malade a eu quatre frères et cinq Sœurs ; il est le 8° enfant. Un deses frères a été tué à la guerre ; ses autres frères et sœurs sont bien portants.
Bistoire de la maladie, — Le début remonte à la fin de décembre 1927. À son réveil, un matin, le malade a constaté que la partie inférieure de son visage était enflée. Il neressentait aucun malaise, son état général était excellent. Il consulta alors le laryngologiste qui le soignait,croyant que cet œdème avait quel, que rapport avec sa pharyngite. Le spécialiste l’engagea à faire faire un dosage d’ailbumine dans ses urines ; on trouva dès ce moment 3 grammes d’albumine parlitre. Le malade se mit alors au régime déchloruré, tout en prenant cependant encore de la viande. Mais en quelques jours l'œdème se généralisa, atteignant les membres inférieurs et la paroi abdominale. A ce moment le malade ne s’alita pas. L'albumine avait atteint vite 8 à 10 grammes par litre d'urine, Depuis, les œdèmes n’ont-jamais rétrécédé et: n’ont même jamais présenté de tendance à la diminution: Suecessivement, le malade fut mis par divers médecins, d’abord à un régime très sévère : bouillon de légumes ; ensuite à un régime très varié : de la viande, du pain. On ne lui avait défendu que lesœufs. Il était encore à ce régime au moment de son entrée à l'hôpital, .
Au mois de juin, on le traita par des injections d’un sel de bismuth. En juin 1928, il remarqua une adénopathie cervicale gauche ;iln’y avait à ce moment qu'un seul ganglion, de la taille d’une noisette environ. Depuis, cetté adénopathie devint volumineuse, elle intéressa de nombreux ganglions ; à l'entrée du malade dans le service elle était en partie ramollie et deux mois après elle a suppuré, La ponction a ramené une quantité