HET
assez importantede pus,une dizaine de centimètres cubes. Ce pus
contenait des bacilles de Koch, reconnaissables à l'examen direct.
Examen du malade à son entrée à l'hôpital, le 8 aoûtr y 1 8.—On est frappé par la pâleur des téguments qui ont une teinte blanc grisâtre et par l'intensité vraiment exceptionnelle del’anarsaque.
La face est surtout enflée au niveau des régions massétérine, parotidienne et sous-maxillaire ; ce qui lui donne un aspect pyriforme ; les paupières sont également tuméfiées.
Les membres inférieurs sont déformés par l’œdème, qui est mou et garde facilement le godet. Le scrotam est aussi très œdématié. L’abdomen a considérablement augmenté de volume; dur, tendu il présente un œdème marqué, au niveau de la paroi antérieure. Il n’y a pas circulation collatérale.
L’ascite est libre, très abondante, gênant la respiration du malade; le foie est impossible à délimiter. Les œdèmes intéressent également la région lombaire et le dos ; les membres supérieurs né sont pas atteints. Quoique les œdèmes soient généralisés, il existe une certaine tendance à une localisation particulièrement marquée aux points déclives. Quand le malade marchait, les œdèmes étaient un peu plus marqués aux membres inférieurs que depuis qu’il reste couché.
L’adénopathie cervicale gauche occupe toute la région parotidienne, de l’angle de la mâchoire à la pointe du triangle susclaviculaire. I y a même un petit ganglion aberrant au-dessus de la clavicule. Dans l’ensemble, elle forme une grosse masse empâtée, mal limitée, à grand axe sensiblement vertical. La péri-adénite fusionne les ganglions ; néanmoins on en distingue encore quelques-uns, relativement indépendants. Cette adénopathie est indolente : on n’en retrouve aucune autre dans les autres régions ganglionnaires.
L'examen dès poumons montre à la base droite les signes d’un épanchemert pleural peu important (abolition des vibrations, matité et diminution du murmure vésiculaire ; le tout s'étendant sur une hauteur de 4 travers de doigts).
A la base’gauche, mêmes signes, mais s'étendant jusqwà la partie moyenne de l’omoplate en arrière. De plus, quelques râles fins, sous-crépitants à la base. Il existe donc un double hy-
cos
drothorax, plus marqué à gauche qu’à droite. La respiration est un peu rapide {vingt respirations par minute).
L'examen du cœur ne montre aucune altération pathologique: la tension artérielle est peu élevée (r2-8 à l'appareil de Vaquez). Elle est restée basse pendant toute l’évolution de la maladie. Le 24 septembre elle étai encore de 12-8, le 23 octobre de 12-10. La tension veineuse était de 15 centimêtres d’eau.
Au niveau des gencives, existe un liseré noir qui est probablement consécutif au traitement par la bismuth. Les amygdales ne présentent pas d’altérations. La langue esthumide, non saburrale. ES
L'examen du laryngologiste n'a montré ni pharyngite chronique, ni laryngite ni aucune lésion au niveau des fosses nasales. La température est normale ; l’état général semble assez atteint, plus atteint que dans les autres cas que nous avons examinés. Le malade est très fatigué, mais il ne souffre pas; il a presque constamment de la diarrhée, Le poids est à ce moment 60 k. 200, alors que le poids normal du malade avant qu'il ne tombât malade était 52 kg. Le métabolisme basal donnait un chiffre de 40,3 cal. par heure et par mètre carré, il était donc normal. L'examen du sang a montré une anémie assez marquée. Au mois de septembre, on trouvait les chiffres suivants:
Globules rouges 2.800.000.
Globules blancs : 14.400.
Polynucléaires : 76 %. 78
Eosinophiles :3. l
Basophiles : 2.
Lymphocytes : 19. 2! :
Le 12 octobre, un nouvel examen a montré à peu près les mêmes chiffres.
Globules rouges : 2.740.000,
Globules blancs : 11.000.
Polynucléaires : 69 %. =
Eosinopaile : 1.
Basophile : 1. 2
Lymphocytes : 29.
En, somme, anémie assez marquée et légère leucocytose.
Le temps de saignement était de 3 minutes, le temps de coa-
gulation de 5 minutes (21 septembre).Le Wassermann était com-
plètement négatif. Le sérum était très lactescent, surtout au début ; les dernières prises de sang, faites peu avant la mort, ont montré que la lactescence avait beaucoup diminué.
Le liquide d’ascite fut examiné à diverses reprises ; au mois d'août, on fit une ponction exploratrice. À ce moment, le liquide était clair et contenait 1 gr. 50 d'albumine par litre. Le 15 septembre, le liquide était lactescent : il contenait :
Albumine : 3 gr. 20.
Lipides : 1 gr. 62.
Chlorures : 7 gr. 55.
Le 22 septembre, même aspect du liquide ; le 29 septembre : urée 1 gr. 4, chlorures 1 gr. 77.
Le 13 octobre : urée 1 gr. 38, lipides 1 gr. 30.
Le 1°" novembre : urée 1 gr. 54, chlorures 6 gr. 77.
Le 10 novembre enfin, on trouva : sodium, 3 gr. 26 ; potassium 1 gramme, calcium 0,083 ; chlorures 5 gr.; mais à ce moment, comme l’autopsie le démontra, l’ascite était déjà infectée.
Le liquide pleural a été examiné deux tois.
Le 30 août, on retira à gauche 100 cm de liquide clair, ans l’aspect de l’eau de roche, et contenant : albumine 1 gr. 50 à 2 grammes, cholestérol o ; chlorures 7 gr. 10. Le 6 septembre, on retira 150 cm° du même côté; le liquide était devenu lactescent il contenait : albumine 1 à 2 grammes, cholestérol traces; graisses 2 grammes, chlorures 7 gr. 4o. Depuis, l'épanchement ne s’est pas reproduit.
Nous pouvons donc conclure de ces différents examens des épanchements des séreuses,qu'ils contenaient une dose élevée de chlorure de sodium, très peu de protides et que la présence de graisse n’était pas constante ; elle a été, au moins en ce qui concerne la plèvre, conséculive à la ponction.
La quantité des urines a varié, comme nous le verrons par la suite; elles étaient denses et, parfois (surtout au moment où elles étaient le moins abondantes), elles étaient troubles à l'émission. Aussi avons-nous vérifié par l'examen direct, par les cultures, qu'elles ne contenaient ni globules de pus ni microbes. L'aspect trouble des urines était dû dans ce cas à la présence de lipides en quantité plus abondante. Partois même on y voyait de petits flocons d'apparence graisseuse. L’examen du culot-de centrifugation au microscope a été pratiqué à plusieurs reprises ; il a
R. Wahl 2
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toujours montré des cylindres granuleux et hyalins assez nombreux et des corps biréfringents en quantité variable. En effet, l'examen au microscope polarisant montrait à certains moments des amas abondants de gouttelettes biréfringentes avec croix de . polarisation et quelques rares points brillants dans certains cylindres granuleux. A d’autres moments on ne voyait pour ainsi dire pas de corps biréfringents.