‹ Le problème de la néphrose lipoïdiqueChapitre 17 sur 63 · D SES · texte numérisé non relu

D SES

Des quelques troubles vaso-moteurs que présentait cet enfant, il faut rapprocher le résultat du métabolisme basal qui fut pratiqué le 16 octobre 1928. On trouva 39,8 calories par heure et par m°, ce qué donne un abaïissement de — 17 % par rapport à la normale ; néanmoins il ne faut pas oublier que l’œdème est toujours ici une cause d'erreur.

La quantité des urines varia beaucoup, comme nous le verrons au cours de l’évolution ; elles ont été parfois nettement troubles à l’émission, surtout au moment où la diurèse était le plus faible et où on avait soumis le malade à l’épreuve de chloruration. Aussi fimes-nous faire ici, comme dans le cas précédent, un examen bactériologique (examen direct et cultures), et un examen cytologique de l’urine recueillie par sondage On ne trouva aucun microbe, ni à l'examen direct, ni à la culture, pas plus que de globules de pus. L'aspect trouble était donc dû, comme dans le cas précédent, à la lipurie. n

L'examen du culot de centrifugation donna des résultats variables suivant les moments de l’évelution. Le culot était parfois peu abondant, d’autres fois il était beaucoup plus important et avait un aspect nettement cireux. Au microscope,on voyait qu'il était constitué par de nombreux cylindres hyalins et surtout granuleux et parfois pas d’assez nombreuses cellules rondes, qui semblaient être des leucocytes. L'examen au microscopique polarisant montrait à certains moments des amas importants de gouttelettes biréfringentes ; à d’autres moments, on n’en voyait pour ainsi dire pas ; les cylindres par contre ne s’éclairaient pas à la lumière polarisée. La contenance des urines en chlorures varia également au cours de l’évolution. |

L'épreuve de la sulfonephénolphtaléine pratiquée le 29 août montra une élimination normale (38% en 1 heure). La constante d'Ambard, le 18 septembre, fut de 0,016.

L'examen du sang montra le 17 septembre les résultats suivants : Globules rouges 3.400.000,

Globules blancs 19:600.

Polynucléaires neutrophiles : 89.

Eosinophile : 1.

Lymphocytes : 11.: à Hémoglobine : 55.

Valeur globulaire: 1,1.

Done

L’anémie était donc ici peu marquée ; il y avait comme dans le cas précédent de la polynucléose,

Evolution de la maladie.

Pendant la période où le malade fat soumis à notre observation, nous avons essayé d'abord un régime de réduction des lipides avec suppression du sel. Quand le poids se fut stabilisé, nous avons pratiqué l'épreuve de chloruration. Après avoir observé le mode d'élimination des chlorures, au moment où le poids était revenu au chiffre antérieur à l’épreuve, nous avons essayé le traitement par le régime carné. Enfin, nous avons tenté ensuite un traitement par le corps thyroïde.

Déchloruration. — Du 28 juillet au 21 août, on donna seulement à l’enfant 1 litre de lait par jour sans aucune autre nour-

-riture ou boisson, sauf à certains jours 200 centimètres cubes

de bouillon de légumes. On fil en même temps un essai de traitement par la théobromine, en donnant une première série de 10 jours au taux de 1 gramme par jour, suivie six jours après d'une deuxième série semblable. Ensuite, on eut recours aux pilules de Lancereaux (4 par jour pendant 3 jours). Entre le 22 et le 25 août, on ne donna plus que 700 grammes de lait et 300 d’eau lactosée. Le 26 août le régime donné fut le suivant : lait, 700 grammes ; eau lactosée, 300 grammes ; purée de pommes de terre sans sel, 600 grammes. A partir du 1°r septembre, on supprima complètement le lait pour compléter la déchloruration ; le régime fut alors de 500 grammes d’eau lactosée, 600 grammes de purée sans sel et 100 grammes de confitures. Le 6 septembre, avec la même alimentation, on augmenta la quantité de boisson (1 1. 250 d’eau lactosée). Le 9 septembre on adopta le régime suivant : 500 grammes de purée, 200 grammes de légumes verts, 50 grammes de pain sans sel, 50 grammes de confitures, 1 1. 250 d’eau lactosée. Ce régime fut maintenu ensuite jusqu’au 20 septembre sans aucune modification. C’est à ce moment que l'on commença l’épreuve de chloruration.

Pendant toute cette période, le courbe de poids descendit d’abord progressivement ; puis elle resta horizontale. La diurèse variait de façon sensiblement parallèle à la quantité de boisson ingérée ; néanmoins, il faut remarquer que quand on augmenta

de 5oo grammes à 11. 250 la quantité d'eau lactosée le 11 septembre, la diurèse, qui était aux environs de 1 litre, s’abaissa brusquement à 200 centimètres cubes et se maintint à ce chiffre pendant 6 jours, en même temps que le poids augmentaïit ; puis elle revint à un taux un peu supérieur à 1 litre, atteignant parfois même 1.500 centimètres cubes, et le poids diminua très progressivement.

Epreuve de chloruration. — Sans changer autre chose au régime, on donna, pendant 5 jours, 10 grammes de chlorure dé sodium par jour, puis on reprit le régime précédent. Ilse fit une nouvelle ascension du poids, beaucoup plus brusque et plus marquée que la précédente, qui était due à la simple augmentation de la quantité de liquide absorbée, On assista ensuite à une déchloruration progressive, du tÿpe en échelons prolongés, tel que l’a décrit Vallery Radot. Quant le poids se fuf de nouveau stabilisé pendant quelques jours, on commença le traitément par l’extraitthyroïdien. Notons qu'au moment où l’œdème, à la suite de la chloruration, avait atteint sa plus grande intensité, il se produisit de l’ascite, et des hydarthroses des genoux. Du côté gauche, l’œdème des membres inférieurs était plus marqué et le malade se plaignait d’une douleur au niveau de la zone diaphyso-épiphysaire inférieure du fémur.Cette douleur était bien localisée à la palpation; on fit une radiographie, qui ne montra aucune lésion osseuse. Néanmoins on immobilisa lé malade pendant quelques jours ; mais ces phénomènes disparurent d'eux-mêmes et ne reparurént jamais.

Régime riche en protides. — Le régime précédemment indiqué fut continué jusqu’au 6 octobre, un peu élargi. Le 6 octobre, on commença un régime plus substantiel, avec adjonction de viande. Ce fut le suivant : eau lactosée 1.250 ; café au laita00 ; purée 500 ; pain sans sel 175 ; confitures 100 ; légumes verts 200 ; viande maigre grillée 109 ; viande crue 50. Ce régime était donc très pauvre en graisses ; cependant, à partir du 18 octobre, on ajouta une très faible quantité de beurre à la ration (15 gr.). Ce régime ne produisit aucune modification dé l’état du malade.

Traitement thyroïdien.: — 11 fut commencé le 2t octobre. A ce moment ,le malade pesait 41 kilogr. On donna d’abord, jus- qu'au 31, 5 centigrammes par jour de poudre de corps thyroïde: du 31 octobre au 8 novembre, la dose fut portée à 15 centigrammes ;

du 8 au 12, à 30 centigrammes; le 13, à 4o centigrammes. Au moment où la dose atteignit 30 cgr. apparurent des accidents toxiques ; le pouls devint très rapide ; il y avait une diarrhée abondante ; des vomisséments, des palpitations, de la céphalée, de l’anorexie ; des douleurs dans la région lombaire droite. On redescendit alors le 14 à 30 centigrammes et les symptômes toxiques ne s’atténuant pas suffisamment,on revintle 17 à 20 centigrammes .On maintint cette dose jusqu’au 23,mais à ce moment la diarrhée reparut, très abondante, ainsi que les malaises précédemment décrits et on abandonna cette thérapeutique.

Aucun effet ne fut enregistré tant qu’on n'atteignit pas la dose de 30 centigrammes. A partir de ce moment le poids décrut régulièrement. Mais cette chute de poids étaient due à la diarrhée, car la diurèse restait sensiblement la même qu'avant le début du traitement. Le poids était néanmoins tombé à 31 kgr. 950. Après que l’on eût cessé le traitement thyroïdien, on dut augmenter la quantité des boissons, car l’enfant avait une soif intense. La diurèse s’éleva aux environs de 2 1. par jour, la quantité de boisson étant à peu près aussi de 2litres.Les œdèmes restèrent d’abord stationnaires, puis se reproduisirent. Il s'était donc établi un équilibre des échanges d’eau entre tissus et sang, et la quantité urine était sensiblement égale à la quantité de boisson. Le régime précédent fut élargi à partir du 11 novembre. On donna3o grammes de beurre et 4 grammes de sel en plus. On diminua la quantité de viande, qui était assez mal supportée et on ne donna plus que go grammes de viande par jour. Le poids revint lentement à cequ'il était précédemment et le 15 décembre, le malade pesait de nouveau 39 kgr. 500. La diurèse se maintenait toujours au taux de » litres,

Devant ces résultats peu encourageants, on mit le malade à un régime varié, lui donnant simplement ce qu’il désirait avec une proportion normale de protides, de lipides et d'hydrates de carbone dans la ration et 4 grammes de sel par jour. On lui permit de se lever. Depuis, son état général est beaucoup plus satisfaisant. Le dernier examen du sang que nous avons pratiqué (voir tableau 2)a montré une tendance très marquée au retour à la normale dés lipides et des protides du sang. L'élimination des chlorures par les urines dépasse celle des chloruresingérés : on trouve dans l'urine 5,95 à 5 gr, gode chlorures par

PAT 2e

litre, avec une diurèse de 2 litres ; il nous semble donc qu’une évolution vers la guérison est entrain de se produire ; leraalade continue à rester sous notre observation, ; à Quoique restant à des taux plus bas qu'auparavant, la quantité d'albumine est toujours importante (entre 3 et 5 grammes par litre). Nous avons l'intention de reprendre le traitement thyroïdien. 11 est très probable que nous allons assister à une guérison ; mais ce sera une guérison spontanée, car l’amélioration n'a été enregistrée que deux mois seulement après la fin du traitement par le corps thyroïde.

La tension osmotique dite des protéines, mesurée par la méthode de Govaerts nous a donné les résultats suivants : 18 septembre, 12 centimètres d’eau ; 23 novembre, 10 centimètres d’eau.

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