‹ Le problème de la néphrose lipoïdiqueChapitre 24 sur 63 · RIVE · texte numérisé non relu

RIVE

Kollert cite un cas de néphrose de guerre où-l’œdème a précédé l’albuminurie de quelques jours. ie

L'œdème peutaugmenter rapidement et deveniren très peu de jours une véritable anasarque ; d’autres fois il reste un certain temps localisé, peut s’atténuer, reparaître et finalement se généraliser. :

Période d'état. — L'aspect seul du malade doit faire penser à la néphrose lipoïdique ; l’œdème est très marqué ; l’état général est bien conservé ; l’albuminurie est considérable. La maladie paraît encore mieux supportée chez l'enfant que chez l'adulte. A la longue le malade s’affaiblit, surtout si on lui fait observer un régime de restrictions exagérées. Au contraire, dans notre observation 5, par exemple, où il s’agit d'un enfant né en ville et soumis depuis le début à une alimentation variée et suffisamment abondante, l’état général est satisfaisant malgré l'anasarque et une ascite nécessitant des ponctions répétées ; cependant, dans les périodes où l'œdème est le plus marqué, on peut observer des troubles attribuables aux œdèmes viscéraux ; troubles digestifs (anorexie ou diarrhée) dus à l’œdème du tube digestif ; troubles cérébraux : céphalée, parfois torpeur et même convulsions. Ceux-ci peuvent survenir alors que le taux de l’urée sanguine reste normal (observation 4) et sont dus à l'œdème cérébral. L’encombrement du poumon par l’œdème n’est jamais bien marqué et ne donne pas lieu à des accidents dyspnéiques ; on ne trouve que quelques râles sous-crépitants aux bases.

La peau est pâle, de couleur grisâtre ; jamais il n’y a de cyanose ; dans notre observation 2, quelques taches vasomotrices d'un rouge livide se détachaient sur ce fond pâle. L'œdème est presque toujours très marqué à la face, particulièrement aux paupières et dans la région parotidienne. Les membres inférieurs, la paroi abdominale, la région lombaire sont également atteints ; plus rarement les membres supérieurs, en particulier le dos des mains, Nous avons constaté dans les cas 1 et 2, que nous avons suivis long

Un

temps, un balancement curieux entre l’œdème de la face et celui des membres inférieurs. L'œdème est parfois plus marqué dans les parties déclives, néanmoins il est toujours généralisé.

Les épanchements viscéraux sont habituels. L’ascite est parfois très abondante et se reproduit très vite après les ponctions. L’hydro-thorax est beaucoup moins fréquent, il reste peu marqué ; nous ne l’avons trouvé que dans un de nos cas (observation 1), où il atteignait 400 ou 500 em° à chaque base. Au contraire, nous n’avons jamais vu l’ascite manquer. Signalons que dans l'observation 1 l’ascite s’est comportée d’une façon particulière ; à la suite des ponctions successives, les œdèmes et l’hydro-thorax ont disparu très vite, alors que l'ascite se reproduisait constamment ; il semble donc que l'ascite obéisse à des conditions locales particulières, différentes de celles des autres épanchements, L'hydro-péricarde a été signalé quelquefois ; dans l’observation 2, nous avons noté une augmentation de la matité cardiaque au moment où l’œdème était le plus marqué, augmentation qui a disparu par la suite : peut-être s’agissait-il d’un hydro-péricarde. Nous avons constaté en même temps une hydarthrose des genoux. |

Caractère des liquides de transsudat. — Ils sont souvent lactescents, mais il est possible que ce caractère ne soit pas toujoursprimitif; en effet, dans l'observation 1,les premières ponctions de la plèvre et du péritoine ont ramené un liquide parfaitement clair, incolore, ayant l’aspect de l’eau de roche et ne.contenant pas de corps gras (ils ont été recherchés chimiquement). Aux ponctions suivantes le liquide devint de plus en plus opalescent et contint une certaine quantité de graisses neutres et des traces de cholestérol. Nous avons retrouvé les dutres caractères signalés par Volhard et par Epstein : contenance faible en albumine et élevée en chrorure de sodium. |

Déjà Javal avait signalé une ascite lactescente dans un cas de syphilis rénale.

DS D ue

Volhard donne les caractères suivants : extrait sec inférieur à 20 gr. par litre ; traces de graisses, de lécithine et de cholestérol ; albumine 925 cgr. à 1 gr. par litre. Réaction de Rivalta négative. Au microscope, rares globules de graisse biréfringente. Chlorure de sodium 6 gr. 20 à 7 gr. par litre ; densité : o10 à 1020. A ces épanchements chyliformes, Volhard oppose les épanchements chyleux véritables. Dans ceux-ci la densité est supérieure à 1.010 ; il y a plus de 4o gr. par litre de substances solides, plus de 20 gr. par litre de protides ; 10 à 4o gr. par litre de graisses et de cholestérol et seulement des traces de lécithine. Au microscope on voit de nombreuses granulations graisseuses.

Cipriani et Moracchini, dans un épanchement opalescent au cours d’une néphrose lipoïdique, ont constaté des caractères identiques; ils ont trouvé 93 egr. de cholestérol, 2 gr. 57 d’albumine et 6 gr. 51 de chlorure de sodium, un sédiment très faible constitué presque uniquement de lymphocytes, de globules rouges et de cellules desquamées.

Kaufmann et Mason ont trouvé un liquide jaune Sons contenant 6 gr. 14 de chlorure de sodium,

Stoffel a trouvé dans un cas 24 centigrammes de graisse neutre, 4 centigrammes de lécithine et 8 centigrammes de cholestérol par litre. Par conséquent le contenu en lipides de ces liquides est toujours extrêmement faible, De même l’albumine est toujours en très petite quantité ; notons que dans notre Cas elle a également augmenté à la suite des ponctions.

On sait que l’urée présente toujours la même conceniration dans tous les liquides de l'organisme, par conséquent dans l’ascite. On peut donc considérer les liquides d’œdème dans la néphrose lipoïdique à peu près comme de simples solutions de sels minéraux. Il serait intéressant ‘de suivre au cours de l’évolution des œdèmes la teneur du liquide d’ascite en différents minèraux. On trouvera dans l'observation r le dosage effectué dans le liquide d'ascite ; on notera en particulier la teneur élevée en potassium. Mal-

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