‹ Le problème de la néphrose lipoïdiqueChapitre 28 sur 63 · AL AUS · texte numérisé non relu

AL AUS

1) Premier aspect. — Ils sont à l’état libre, sous forme de fines gouttelettes que l’on trouve tantôt isolées, tantôt et

- plus souvent réunies en amas. Elles sont très brillantes et

présentent souvent, à leur centre, une croix sombre en forme de croix de Malte (Croix.de polarisation).

2) Le deuxième aspect est moins fréquent et surtout beaucoup moins caractéristique : on voit dans certains cylindres granuleux,cà etlà, quelques petits points brillants bi-réfringents, qui ne dépassent pas la taille d’une pointe d'épingle.

On en observe rarement plus de un ou deux dans un même cylindre. Tels sont du moins les aspects que nous avons vu dans nos cas. Le premier aspect a été signalé par beaucoup d'auteurs (Munk, Govaerts et Cordier). Munkinsiste aussi sur la présence de cylindres lipoïdiques présentant en très grande abondance des corps biréfringents. D’autres auteurs parlent de cylindres cireux ; nous n'avons encore jamais vu cet aspect. Seules les gouttelettes biréfringentes sont assez caractéristiques de la néphrose lipoïdique ; tout au moins ne les rencontre-t-on généralement pas dans les néphrites vraies aiguës ou chroniques. L'existence de ces gouttelettes assez grosses et assez abondantes est donc un signe important pour le diagnostic. Néanmoins, d'autres auteurs en auraient trouvé dans les néphrites aïgues, et dans les néphrites chroniques (Murphy) dans les cas de prostatite, de pyélite et de cystite (Pick). Stengel et Austin ont rencontré dans 23 cas de néphrite ‘interstitielle des traces de lipoïdes bi-réfringents. Munk, considérait d’abord ces corps bi-réfringents comme pathognomiques, de la néphrose lipoïdique. Par la suite, il a reconnu qu’on peut les observer dans presque toutes les néphropathies et en particulier dans la néphrite chronique et dans le rein amyeoïde. Baumäan et Hausmann citent un cas de néphrite chronique sans aucune infiltration lipoïdique des tubuli, où ils avaient observé une lipurieavecurines troubles et où l'examen chronique décela une quantité importante de

R. Wahl 4

lipoïdes. Dans le sang, il ÿ avait un chiffre normal de cholestérol. SRE

Faut-il en conclure que la présence de lipoïde dans l'urine est sans aucune importance pour le diagnostic ? Nous ne le croyons pas. En effet, nous les avons rencontrés en abondance à un moment donné dans tous nos cas ; mais il faut savoir que leur abondance varie beaucoup suivant les moments. Au contraire, dans plusieurs cas de népbhrite avec œdème que nous avons observés, nous n'avons vu qu’une fois ou deux un point brillant isolé dans un cylindre granuleux.

Signification de ces corps bi-réfringents. — Ce sont des éthers du cholestérol, non solubles dans l’eau, et qui se trouvent à l’état liquide ; il ne s'agit donc pas de cristaux et on ne saurait employer l'expression de sphéro-cristaux, dont se sert Govaerts. Mais cette substance liquide est anisotrope comme les substances cristallisées. Ge sont donc de véritables cristaux liquides (Lehmann, Chalatow) L'état physique de ces gouttelettes peut être modifié par la chaleur, le froid, et l'action des solvants.

Les dosages chimiques pratiqués par plusieurs auteurs ont montré qu'il y avait dans l'urine des malades atteints de néphrose lipoïdique, non seulement des lipoïdes maïs des graisses neutres et des cristaux d'acide gras.L'urine normale contient une quantité très faible de lipides : Sakaguchi y trouve en moyenne 5 mgr. 5 par jour, ce chiffre pouvant augmenter par ingestion de graisse. Ce n'est que dans la: néphrose lipoïdique qu’il trouve une grosse augmentation (73 mgr.)

Barberino a trouvé 55 centigrammes de cholestérol par litre d'urine.

Hahn et Wolff, employant la méthode de Bloor pour la recherche du cholestérol dans l'urine, ne l’ont pas trouvé “dans tous les cas. Nous-mêmes avons pu extraire par l’éther des quantités assez faibles de lipides du sédiment urinaire : la réaction du cholestérol se montra faible dans ces cas.

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La présence de corps bi-réfringents dans le culot de centrifugation de l'urine est, nous l'avons dit, inconstante au cours de l'évolution. Munk pense qu'elle se trouve surtout dans les cas anciens. Kollert et Finger, Bratke, Ridder ont vu l’œdème disparaître après une élimination plus abondante de lipoïdes par l'urine.

L'influence sur l'élimination des lipides de la quantité de cholestérol ingérée a été discutée.

Gross et Genck auraient constaté que la quantité des corps bi-réfringents de l'urine augmente quand on fait absorber du cholestérol. ar

Hahn et Wolff, ne se bornant pas à une appréciation approximative par l'examen microscopique, ont repris ces recherches systématiquement. Il ont donné à un malade au cholestérol le matin à jeun et ont dosé ce corps dans les différentes portions de l'urine éliminée au cours de la journée. S'ils constatèrent une augmentation légère de la quantité de cholestérol éliminée dans les premières heures, ils trouvèrent le chifire itotal de l'élimination de la journée identique à celui des jours précédents,

Munk n'a pu, non plus, modifier la lipoïdurie par le régime alimentaire. Nous verrons plus loin, que i'influence du cholestérol apporté par l’alimentation sur le taux du cholestérol du plasma n’est pas plus démontrée.

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