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LES LIPIDES DU SÉRUM ET DU PLASMA

& Dans le sérum normal, on trouve une quantité assez élevée de graisses neutres, de cholestérol et de lécithine. Voici les chiffres trouvés par Daniels chez des malades normaux.

Chiffres maxima : cholestérol, 2 gr. 3r.

acides gras, 5 gr. 56.

lécithines, 2 gr. 02.

Chiffres minima : cholestérol, 1 gr. 43.

acides gras, 3 gr. 38.

lécithines, 1 gr. 66.

Knauer donne comme chiffres normaux, pour les lipides totaux, 5 à 8 grammes.

Les chiffres donnés par les auteurs en ce qui concerne le taux normal du cholestérol diffèrent assez notablement.Pour Widal, Weill et Laudat, on peut trouver de 1 gr. 50 à 1 gr. 95. Klinkert, qui a employé la même méthode considère un chiffre de 1 gr. 10 comme encore normal. Par d’autres méthodes on trouve des chiffres souvent plus forts : Bloor par sa méthode, qu'ont employé aussi Hahn et Wolff, trouve des valeurs allant jusqu'à 2 gr. 90, et Stepp, employant la méthode de Autenrieth-Funck, considère le chiffre de 3 gr. comme encore normal. La connaissance de ces faits permet d'interpréter les données des différents auteurs. Mais avec la méthode de Grigaut telle que nous l’avons employée, nous considérerons comme pathelogiques les chiffres dépassant 2 gr. 10.

Le rapport entre le cholestérol et les lipides totaux est normalement assez fixe, se tenant aux environs de o,21t. Le rapport du cholestérol à la lécithine est d'environ 0,94,

Dans les cas normaux, le sérum estelair quand le sujet est à jeun. Les lipides qui s'y trouvent sont donc dans un état spécial, puisqu'ils sont insolubles dans l’eau ; on a supposé depuis longtemps qu’il y avait une combinaison entre les lipides et les protides du sérum. D'ailleurs, on ne réussit au moyen de l’éther qu’à n’en extraire une partie, et il faut recourir au mélange alcool-éther, pour faire un dosage. Dans un travail récent, Machebœuf a pu extraire du sérum de cheval une combinaison composée de cholestérol, de lécithine et d’une fraction de sérum-albumine.

Le taux du cholestérol est, chez l'individu normal, indépendant de l'alimentation. Celui des graisses neutres peut s'élever considérablement à la suite d’un repas riche en graisse et, dans ces cas, on peut même voir un aspect lactescent du sérum.

Dans la néphrose lipoïdique on! trouve le plus souvent :

Un sérum opalescent ou franchement lactescent, même à jeun.

Une élévation parfois énorme du taux des lipides totaux, du cholestérol et de la lécithine.

Lactescence du sérum.

On sait depuis longtemps que le sérum est lactescent dans certaines formes de mal de Bright,

Widal et Sicard ont fait en 1898, une étude de ce symptôme. On trouvera dans leur travail la bibliographie antérieure.

La lactescence du sérum se montre déjà au début de la coagulation, avant la rétraction du caillot, Elle a été attribuée par Bernert à une combinaison lipido-protidique, sans preuve d’ailleurs.

La plupart des auteurs pensent qu'il s'agit de lipides en

émulsion. Marcel Labbé, dans un cas récent, a noté la présence de corps bi-réfringents dans le sérum. ce Le plus souvent, les sérums très riches en lipides sont lactescents. Néanmoins, le fait n’est pas constant, comme l'ont noté Widal, Weillet Laudat.

: Nous avons toujours trouvé un sérum assez fortement lactescent dans les cas que nous avons examinés, mais il n’y avait aucun parallélisme entre l'intensité de ce phénomène et le taux des lipides. Chez notre malade n°2, dans le der: nier dosage que nous avons effectué, le taux des lipides était redevenu voisin de la normale, et pourtant la lactesence a été une des plus marquées que nous ayions jamais rencontrée. is LEE Munk a avancé une théorie fort hypothétique, attribuant la lactescence du sérum dans la néphrose lipoïdique à une modification des lipides du sang qui se lrouveraient dans

un état colloïdal extrêmement instable, et floculeraient

facilement. :

D'ailleurs, comme nous le verrons plus loin, Munk, consi-

dère toute la pathogénie de la néphrose lipoidique comme subordonnée à une très hypothétique modification de l’état colloïdal des protides et des lipides de l'organisme.

Rapport entre les divers lipides du plasma.

Les lipides totaux se trouvent en quantité très variable dans la néphrose lipoïdique. Le chiffre le plus fort que nous ayions entegistré est 56 gr. 80 par litre. Knauer, trouve des chiffres variant entre 25 et {3 grammes. Le cholestérol atteint des chiffres parfois. très élevés Nous avons noté 2 grammes dans un cas et 15 gr. 10 dans un autre, ce dernier chiffre est voisin du chiffre le plus élevé que nous ayions trouvé dans la littérature (15 gr. 11 dans un cas de Goaverts: et Cordier).

La lécithine a été assez rarement recherchée. Knauer note que son taux se maintient parallèle à celui du cholestérol:

RSS

Nous-mêmes avons noté les rapports voisins du rapport normal entre le cholestérol et la lécithine.

Le rapport entre le cholestérol et les lipides totaux, se maintient dans certains cas de façon remarquable au taux normal, comme on le verra dans le tableau 1. Dans le tableau 2, au contraire, on verra des variations relativement importantes du rapport. Néanmoins, ces variations ne sont jamais très considérables et, en tout cas, nous ne pouvons souscrire à l'opinion de Knauer, qui note une augmentation proportionnellement plus grande des acides gras - libres. EL :

Par conséquent, on peut dire d'une façon {générale que la proportion relative desdifférents lipides est lamême que dans les cas normaux, quoique Daniels note une augmentation relativement moindre de la lécithine que des lipides totaux et du cholestérol. -

L'index lipémique de Mayer et Schæfler est donc en général normal, Si ses modifications ont pu être invoquées pour expliquer certains œdèmes, cette théorie ne peut s'appliquer à la néphrose lipoïdique.

Rapport entre la lipémie et l'alimentatior.

Widal, Weill et Laudat notent que dans les formes de mal de Bright avec hypercholestérolémie le taux du cholestérol augmente par simple ingestion de graisse neutre. Munk et Rother constatent qu'en donnânt aux malades une alimentation riche en cholestérol, le taux du cholestérol du plasma se trouve augmenté.

Bing et Heckscher font la même remarque, Beumer par contre, de même que Cipriani et Moracchini n’ont constaté, dans les cas qu'ils ont observés, aucune influence du régime aussi bien sur le taux du cholestérol du sérum que sur celui du cholestérol des urines. Ces derniers auteurs ont aussi montré que la cholestérolémie n'avait aucun

rapport avec la lipidurie et l'élimination du cholestérol par la bile, Le contenu de la bile en cholestérol ne leur a pas paru anormalement élevé. e

Hahn et Wolf n’ont pas trouvé non plus d'influence de l'alimentation,

Rapport entre le cholestérol libre et les éthers du cholestérol.

D'après Stepp, ce rapport qui est normalement de 30 \®% reste le même dans la néphrose lipoïdique. Il a pourtant noté dans un cas évoluant vers la guérison, que le cholestérol libre diminuait plus rapidement que les éthers du cholestérol.

Port note une augmentation de la force protectrice vis-àvis des saponines, ce qui serait en faveur d’une élévation du cholestérol libre.

Bloch et Einstein, notent une augmentation marquée de la lipase du plasma et de l'urine dans certaines formes de mal de Bright, et surtout dans les néphroses.

- Rapport entre le taux du cholestérol et le taux de l'urée sanguine.

Widal, Weill et Laudat ont noté, contrairement à Chauf: fard, Guy: Laroche et Grigaut, que l'augmentation du cho: lestérol du sang se rencontrait surtout dans les néphropathies ayant peu de tendance à l’azotémie.

Daniels et d'autres auteurs ont fait les mêmes constatations. Ce fait s'explique facilement, si l'on considère que l'élévation du cholestérol du sang est surtout le fait des néphroses lipoïdiques, où le taux de lurée du ‘sang est généralement normal. Il s’agit là, en effet, d'une maladie différente de la néphrite azotémique, dans laquelle on trouve par

contre de l'hypertension et de la rétinite albuminurique. Aucune comparaison n’est donc à faire entre ces divers cas. Si Henes attribue indûment à l'élévation du taux du cholestérol un bon pronostic dans lés néphropathies, c'est qu'il confond ces deux maladies.

Par contre, un autre fait déjà noté par Widal, Weill et Laudat, et dont l'explication nous échappe, est que dans les cas où l’azotémie s'élève, au cours de l’évolution d’un mal de Bright avec lipémie, le taux des lipides du sang décroit. C'est ce que nous avons constaté dans notre observation 1.

Relation entre le taux des lipides du sang et les œdèmes.

Dans 2 cas où nous avons observé des taux vraiment énormes du cholestérol (11 gr. 25 et 15 gr. ro) dans le sérum, les œdèmes étaient également considérables. Néanmoins, dans notre observation r, le taux du cholestérol n'a jamais dépassé 5 et 6 grammeset les œdèmes étaient presque aussi marqués.

Au cours de l'évolution, il n’y a pas de parallélisme entre les œdèmes et le taux des lipides du sang.

Dans le cas 2, le cholestérol est redevenu normal au moment où les œdèmes étaient encore marqués.

Comme nous le verrons plus loin, les œdèmes ne sont pas en rapport, dans la néphrose lipoïdique, avec l'augmentation de la lipémie, mais avec les modifications des protides du

plasma.

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